mardi 21 février 2017

Maroc-Union Africaine : Quel staff sous la direction royale ?

Le Maroc a repris son siège au sein de l’Union Africaine (UA). Les moments de joie et de liesse passés, c’est une autre paire de manches qui s’annonce pour le Royaume, afin d’intégrer les organes et instances de l’UA. Maintenant le travail commence.

Lors du 28ème Sommet de l’Union Africaine, qui vient de se tenir à Addis-Abeba en Ethiopie, le Roi Mohammed VI a prononcé un discours qui fera date dans les annales de cette institution panafricaine. Ce discours a couronné la réintégration officielle du Royaume en tant qu’Etat membre à part entière au sein de l’UA. Selon l’Acte constitutif de l’Union Africaine qui régit le fonctionnement de cette organisation, chaque pays membre de l’UA doit être représenté au sein de ses différents organes qui sont: la Conférence de l’UA, le Conseil exécutif, le Parlement panafricain, la Cour de justice, les Commissions, le Comité des représentants permanents et les institutions financières.

Il faut intégrer la Conférence de l’UA

La Conférence de l’Union est l’organe suprême de l’organisation. Elle réunit les chefs d’Etat et de gouvernement ou leurs représentants. Elle dispose de pouvoirs importants au sein de l’Union. Elle est en effet chargée de définir les politiques communes de l’Union, donc la conduite et la gestion de l’organisation. Cet organe décisionnel se réunit au moins une fois par an en session ordinaire. A la demande d’un Etat membre et après approbation des deux tiers des Etats membres, elle peut se réunir en session extraordinaire.

Le Conseil exécutif

Après la Conférence de l’UA, vient le Conseil exécutif de l’Union Africaine. Cet organe décisionnel se compose des ministres des Affaires étrangères ou de tous autres ministres des Etats membres de l’Union. Il prend en charge la coordination des politiques dans les domaines d’intérêt commun pour les Etats membres de l’UA, notamment dans les domaines du commerce extérieur, de l’énergie, de l’industrie, des ressources minières, de l’alimentation et de l’agriculture, entre autres. Le Conseil exécutif est responsable devant la Conférence de l’Union Africaine. Il se réunit pour examiner les questions dont il est saisi et contrôler la mise en œuvre des politiques arrêtées par la Conférence.

Le Parlement panafricain

Le Maroc doit également être représenté au Parlement panafricain. Selon l’Acte constitutif de l’Union Africaine (UA), «cette institution s’inscrit dans le cadre de la vision tendant à offrir une plate-forme commune aux peuples africains et à leurs organisations communautaires, en vue d’assurer leur plus grande participation à la prise des décisions concernant les problèmes et les défis qui se posent au continent».

Pour ce qui est de la composition du Parlement panafricain, l’Acte constitutif de l’UA prévoit une représentation égalitaire de l’ensemble des Etats membres de l’Union, à savoir cinq membres par Etat, dont au moins une femme. Ces membres doivent être élus ou désignés par les parlements respectifs ou tout autre organe législatif des pays membres de l’UA et du Parlement panafricain. Ce dernier a pour objectif de faciliter la mise en œuvre des politiques de l’UA, promouvoir les principes des droits de l’Homme et de la démocratie en Afrique, encourager la bonne gouvernance dans les pays membres de l’Union et promouvoir la paix et la stabilité des Etats membres de l’UA, entre autres objectifs.

La Cour de justice de l’UA

C’est l’organe judiciaire principal de l’Organisation panafricaine. La Cour de Justice de l’Union Africaine (UA), tout comme le Parlement panafricain, est organisé en vertu du protocole déterminant son fonctionnement, adopté en 2003 par l’UA. Selon ce texte, la Cour de Justice de l’UA se compose de 11 juges issus des Etats faisant partie de l’UA. Cet organe a pour ambition de représenter les principales règles et lois juridiques  des Etats africains membres de l’Union.

La Commission de l’Union Africaine

La Commission de l’Union Africaine (UA), présidée par le Tchadien Moussa Faki Mahamat, qui a succédé à la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma, est un organe important au sein de l’UA. Organe exécutif de l’Organisation panafricaine, la Commission est en quelque sorte le secrétariat général de l’Union. Son bureau se compose d’un président, d’un vice-président et de 8 Commissaires. Tous sont nommés par la Conférence de l’UA. Les commissaires qui forment la Commission de l’UA ont chacun un portefeuille déterminé, à savoir les départements Paix et sécurité, Affaires politiques, Infrastructure et énergie, Affaires sociales et Développement humain, Science et technologie, Commerce et industrie, Economie rurale et agriculture et enfin une commission en charge des affaires économiques.

Les organes complémentaires de l’UA

Les autres organes, tous importants au sein de l’UA et où le Maroc devra être représenté, sont: le Comité des représentants permanents, les institutions financières et les organes complémentaires, tels que les comités techniques spécialisés et le Conseil économique, social et culturel de l’Union. Dans ces organes, la société civile et les acteurs économiques marocains seront appelés à se mobiliser et posséder les outils nécessaires pour affronter le tissu de la société civile et économique que les séparatistes et les Algériens ont pu tisser depuis 1984. En effet, en 33 ans, la machine anti-marocaine à l’UA a bien fonctionné à coups de propagande et de pétrodollars. Aujourd’hui, tout cela doit changer.

Le Maroc devra aussi mettre la main à la poche

L’admission du Maroc en tant que membre à part entière à l’Union Africaine nécessitera également du Royaume de contribuer aux charges financières de l’organisation. Selon le Guide de l’Union Africaine, c’est la Direction de la programmation, de la budgétisation, des finances et de la comptabilité qui prépare le budget annuel pour l’exercice financier de l’UA qui court du 1er janvier au 31 décembre.  A titre indicatif, les contributions des Etats membres de l’UA se sont élevées, en 2016, à 169.833.340 dollars, tandis que les apports des partenaires internationaux de l’Organisation panafricaine se sont élevés à 247.033.986 de dollars.

La réintégration de l’Union Africaine (UA) par le Maroc en qualité de membre à part entière appelle les partis politiques, la société civile et surtout les parlementaires marocains à s’activer et à faire converger leurs efforts, pour traduire sur le terrain et en action concrètes le retour, par la grande porte, du Maroc au sein de sa famille institutionnelle africaine.

Mohcine Lourhzal

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