Le Maroc célèbre la journée du 8 mars | Quelle est la femme idéale en 2022 ?

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Qu’est-ce qu’une femme idéale? Les uns estiment que la femme parfaite est celle qui met son temps et toute son énergie au service de sa famille. D’autres, sont convaincus qu’une femme irréprochable doit faire preuve de dévotion, à la limite de la soumission, envers son conjoint. D’autres enfin, rêvent de femmes émancipées et indépendantes.

Le , à l’instar de tous les pays du monde, a célébré mardi 8 mars 2022, la journée Internationale des Femmes. Ce fut une occasion pour remettre sur la table, la question récurrente de l’égalité des genres dans le Royaume. En 23 ans (1999-2022), la femme marocaine a arraché plusieurs droits et réussi à s’affirmer tout en forçant le respect de la gent masculine. Toutefois, un long chemin reste à parcourir avant d’atteindre l’égalité hommes-femmes.

En attendant que ce vœu que partagent toutes les Marocaines et avec elles un grand nombre d’hommes aux âmes éclairées devienne réalité, les femmes réclament le respect de la part de la société, est-ce trop demander? Après tout, la femme marocaine n’occupe-t-elle pas aujourd’hui des postes indispensables, jadis réservés exclusivement aux hommes (Cheffe d’entreprise, ministre, femme militaire, policière, pilote…)?

En définitive, on peut dire que la femme idéale, est une femme heureuse et épanouie au quotidien. Pour ce faire, il est important qu’elle se sente encouragée en permanence par la société qui doit la tirer vers le haut, au lieu de chercher constamment à l’abaisser. 

A l’instar de tous les pays du monde, le a célébré mardi 8 mars 2022, la journée internationale des femmes. Une occasion renouvelée pour mettre en relief les principaux acquis réalisés par la femme marocaine, mais aussi, relever les obstacles qui l’empêchent d’occuper sa place naturelle au sein de la société.  Quelle est la femme idéale dans l’imaginaire marocain? La réponse à cette question dépend de plusieurs facteurs. En effet le profil de la femme parfaite diffère selon la perception de chaque individu,  du rôle et de la raison d’être de la gent féminine. Si des avancées considérables ont été réalisées tout au long des vingt dernières années en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes au , force est de constater que la femme marocaine n’est pas traitée sur un pied d’égalité avec son confrère masculin.

Avancées notables

Depuis l’accession de SM le Roi au Trône en 1999, des acquis importants ont été obtenus par rapport à la situation et au statut de la femme. Ainsi, en 2004, le Royaume s’est doté d’un nouveau Code de la famille (Moudawana) qui a répondu à une attente nationale pressante, considérant la lutte contre les inégalités de genre, comme facteur de développement et de cohésion sociale. Cette réforme, perçue en tant que véritable révolution sociale au moment de sa promulgation (10 octobre 2004), a consacré l’égalité entre les époux dans la direction du foyer, à travers la suppression du concept de l’homme Chef de famille, entre autres dispositions qui ont permis pour la première fois, de corriger les injustices dont étaient victimes les femmes marocaines, notamment dans la sphère conjugale. 18 ans plus tard (mars 2022), des obstacles socio-juridiques et culturels entravent toujours la mise en application de la Moudawana. Il s’agit, principalement de freins culturels, liés à la «Hchouma» qui empêchent un grand nombre de femmes de dénoncer les mauvais traitements dont elles sont victimes de la part de la gent masculine (Agressions physiques, verbales, sexuelles…). En effet, au Maroc comme dans la quasi-totalité des pays arabes, une femme qui dénonce l’agressivité de son époux par exemple, est considérée comme une rebelle qui refuse de se soumettre aux us et coutumes qu’une «femme de bonne famille» doit absolument respecter. Cette attitude qui réduit la femme à un rôle de victime et de souffre-douleurs est inconforme aux principes-mêmes du droit international humanitaire et encore moins aux préceptes de l’Islam que les esprits tordus interprètent à leur guise, pour justifier leur traitement dégradant à l’égard de la femme.

Le principe d’égalité hommes-femmes est également institué dans la constitution de 2011. Dans son article 19, la loi suprême du Royaume dispose que «l’homme et la femme jouissent, à égalité, des droits et libertés à caractère civil, politique, économique, social, culturel et environnemental (…)». En outre, le Royaume a œuvré pour la réalisation de la parité entre les hommes et les femmes, en créant une Autorité pour la parité et la lutte contre toutes les formes de discrimination. La loi relative à la création de ladite Autorité (79.14) a été promulguée en septembre 2017. De plus, le Maroc a ratifié plusieurs conventions internationales pour la protection des droits des femmes, notamment celle concernant l’élimination de toutes les formes de discrimination basées sur le genre et le Pacte international relatif aux droits économiques et sociaux, comme outil de lutte contre la discrimination à l’égard des femmes. Au niveau institutionnel, le législateur marocain a opté, en adoptant la loi organique 04.21 relative à la Chambre des représentants, pour des circonscriptions régionales réservées aux femmes. L’objectif étant d’assurer une plus grande représentativité féminine au sein de l’institution législative. En effet, la présence de la femme à la 1ère  Chambre du marocain n’a cessé de croître passant d’une représentation limitée de seulement deux sièges en 1993 à 35 aux élections de 2002 et 34 en 2007, avant d’atteindre 67 sièges en 2011 et 81 lors des législatives de 2016. A l’issue du scrutin législatif du 8 septembre 2021, les femmes ont obtenu 96 des 395 sièges de la Chambre des représentants, soit 24,30%. De plus et pour la première fois dans l’histoire du Maroc, trois grandes villes (Casablanca, et ), sont dirigées par des femmes.

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Tabous, mentalités rétrogrades et idées préconçues

Malgré ces données encourageantes, de profondes disparités persistent entre les femmes et les hommes dans plusieurs domaines. Si les réformes et les progrès réalisés pour combattre les discriminations basées sur le genre sont en marche dans le Royaume, des chantiers restent ouverts pour consolider et généraliser la matérialisation de l’égalité hommes-femmes. En 2022, des facteurs socioculturels, créent encore des résistances, sous forme de stéréotypes et préjugés qui ôtent à la gent féminine toute capacité de contribuer au développement économique du Royaume. En effet, les mentalités sexistes et archaïques réduisent le rôle immense de la femme marocaine, à la procréation et l’éducation des enfants, outre l’obligation d’être constamment au service de l’homme. Or, la femme constitue la moitié de la société. La mettre à l’écart, équivaut à priver le Maroc de 50% de ses talents. Afin d’approcher les gains économiques que pourrait induire l’accroissement du taux d’activité des femmes au Maroc, le ministère de l’Economie et des Finances, à travers la Direction des Etudes et des Prévisions Financières (DEPF) en partenariat avec -Femmes, avec l’appui de l’Agence Française de Développement (AFD) et de l’Union-Européenne (UE), ont mené une étude rétrospective et prospective qui vise à appréhender les retombées positives, en termes d’amélioration du niveau de vie, inhérents à la hausse de l’activité féminine. Il en ressort que le renforcement du taux d’insertion des femmes dans le marché du travail contribuerait à améliorer la qualité de vie au Maroc. Selon le rapport, la concrétisation des objectifs fixés par le Nouveau Modèle de Développement (NMD) en matière de promotion de l’égalité de genre et de l’accès renforcé des femmes aux opportunités économiques, pourrait contribuer à un gain énorme en termes de croissance du PIB par habitant, lequel pourrait atteindre jusqu’à 5% par an entre 2022 et 2035. Cette conclusion rejoint celle faite par la Commission Spéciale sur le nouveau Modèle de Développement (CSMD). Dans son rapport final, présenté devant SM le Roi , en mai 2021, la Commission Spéciale a clairement insisté sur le rôle que doit jouer la femme dans le développement socioéconomique du Royaume, à travers notamment, l’encouragement de l’accessibilité des compétences féminines aux opportunités économiques, le renforcement des capacités de la gent féminine en matière de formation et d’éducation et une tolérance zéro à l’égard des violences faites aux femmes. Aujourd’hui, il y a urgence d’agir pour améliorer la situation des femmes au Maroc, loin des slogans occasionnels qui accompagnement chaque 8 mars, la célébration de journée internationale des femmes. Comme préconisé par bon nombre de sociologues, les pouvoirs publics, notamment le ministère de l’Education nationale, doit s’investir pleinement pour la création d’une nouvelle génération de Marocains qui considèrent la femme comme l’égale de l’homme.  Selon le rapport (2021) du Forum Economique Mondial (World Economic Forum) sur les inégalités de genre, intitulé «Global Gender Gap Report», le Maroc figure à la 144ème place sur 156 pays, en matière d’égalité entre les hommes et les femmes. Ces chiffres, bien que révélateurs de la réalité amère que vivent un grand nombre de femmes au Maroc, devraient interpeller les pouvoirs publics et le nouveau gouvernement, afin de redoubler d’efforts dans l’objectif de faire du Royaume, un pays où il fait bon d’être une femme.

Mohcine Lourhzal

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