L’agitation politique n’influence pas le marché financier

Abderrahim Bouazza, directeur de la Supervision Bancaire – Bank Al-Maghrib.

abderrahim Bouazza

En marge de la conférence sur «la dette privée», Le Reporter fait le point avec le directeur de la Supervision Bancaire – Bank Al-Maghrib, A. Bouazza, sur la situation de ce marché, le système bancaire et la récente levée de fonds. Entretien.

Le Maroc sort sur le marché international pour une opération de 750 millions de dollars. Est-ce pour palier le problème de liquidités qui se fait de plus en plus ressentir?

Qu’il y ait problème de liquidités ou pas, le fait de sortir sur le marché international est quelque chose de normale qui doit se faire de manière régulière. Le Maroc sort à l’international comme une banque peut le faire et ce n’est pas forcément lié au Marché. C’est bien de temps en temps de voir comment le marché international perçoit la solvabilité du pays. Dans ce cas précis, quand on voit les «spreads», on remarque que c’est mieux que ce qui a été fait lors de l’opération précédente. Les spreads sont nettement mieux que ceux appliqués à d’autres pays comme l’Espagne, le Portugal… Tout cela montre qu’il y a une confiance des investisseurs internationaux, malgré les turbulences.

Turbulences et peut-être aussi une agitation politique qui entrave la prise de la bonne décision politique quant aux finances…

La levée de l’emprunt prouve que l’agitation politique que vit le Maroc ces jours-ci n’a aucune influence sur le marché financier. C’est la preuve aussi qu’ailleurs, les gens ont des paramètres plus objectifs pour analyser la situation et décider en conséquence.

Cet intérêt aujourd’hui pour la dette privée n’est-il pas, en quelque sorte, la recherche d’une alternative aux banques?

Sur ce sujet, il y a unanimité des acteurs, que ce soit les régulateurs, le gouvernement ou les acteurs du marché. Ils s’accordent tous à dire aujourd’hui que le marché des capitaux, de la dette privée, pourrait être un marché alternatif au crédit bancaire. C’est donc bien de contrebalancer le bancaire avec le para-bancaire, d’où créer les conditions d’un marché plus équilibré. Plus le marché de la dette privée se développe, plus il y a de la concurrence par rapport aux banques et plus les conditions de financement des entreprises s’amélioreront, puisque la finalité est justement d’améliorer les conditions de financement des entreprises.

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Ceci signifie-t-il que le système bancaire est défaillant?

Non. D’ailleurs les derniers indicateurs montrent que le système bancaire continue d’être résilient. Les indicateurs financiers de l’exercice 2012 sont très bons. Donc, la Banque centrale injecte de l’argent en fonction de la demande. Bien sûr, le crédit bancaire baisse, mais cela n’empêche que le secteur bancaire va continuer à prouver sa résilience. Il faut dire que, dans une conjoncture difficile, les banques sont beaucoup plus vigilantes aussi. Compte tenu des circonstances, il y a lieu de dire qu’un système bancaire solide est très important dans le financement de l’économie. Si ce système se fragilise, c’est ce financement de l’économie qui sera remis en cause…

Un financement devenu difficile avec la crise qui rattrape le pays. Que faire alors?

Indépendamment de la conjoncture et de ses impacts, il est bien que le Maroc continue de construire ce marché de la dette privée, comme on a fait -et sur plusieurs années- pour le marché de la dette publique qui est aujourd’hui un marché structuré et profond. Il faut en faire de même pour le marché de la dette privée. Il n’est pas question de volume ou d’objectifs à atteindre, mais il s’agit beaucoup plus d’asseoir des fondements solides pour le marché de la dette privée pour que ça soit un marché de financement de l’économie structuré, stable et permanent et pour qu’il n’y ait pas des hauts et des bas. C’est là, je pense, l’objectif fondamental.

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