Je suis infidèle et je ne m’en félicite pas…

Adil, 60 ans, gérant de société, est marié et père de 4 enfants. Cet homme avoue être infidèle et dit en souffrir. Voici ce qu’il raconte.

«Est-ce qu’un homme est capable de rester fidèle à une seule femme toute sa vie ? Je dirai que cela se peut ou que cela est possible. Attendez… Cette réponse, je la trouve bidon. Je l’ai avancée pour esquiver des justificatifs pas sincères.

Puisque l’occasion m’est donnée, je préfèrerai, au lieu de babillage, me confesser sur ma relation secrète avec une autre femme que celle qui m’attend à la maison. On peut me jeter la pierre tant qu’on veut, je répondrai toujours qu’«il ne faut jamais dire: oh fontaine je ne boirai pas de ton eau». J’ai appris à mes dépens que rien ne reste figé dans la vie. Figurez-vous qu’il y a des jours où je me déteste de mentir. Il y a ceux où je souffre de ne pas pouvoir choisir. Mais les pires jours sont ceux où je me pose cette question: serais-tu compréhensif avec le mari de ta fille si tu apprenais son infidélité ?

Pour commencer, je veux qu’on soit certain de l’amour inconditionnel que je porte à ma femme. Elle est mon premier amour, elle est tout pour moi. Quand je l’ai connue, j’avais 27 ans et je démarrais à peine dans la vie active. J’étais à mille lieues de l’imaginer devenir mon épouse. Elle ne m’avait pas facilité les choses pour lui faire la cour. Dès l’instant où je l’avais repérée, je voulais absolument unir mon destin au sien. Elle ne quittait plus mes pensées, elle était

mon rêve. Je n’avais alors plus cessé d’en savoir plus sur elle, de la suivre, à essayer de me trouver au même endroit qu’elle pour ne pas louper la possibilité qu’elle s’intéresse à moi.

Sincèrement, je croirai toujours en la magie du destin. Cette fois, elle s’était arrangée pour me permettre de l’approcher, de danser avec elle et de me faire connaître. La retrouver parmi les invités du mariage d’un cousin éloigné était tout simplement impensable. Mon cœur avait failli me lâcher tellement la surprise était grandiose… Et dire que j’avais failli ne pas y aller. Bref, j’étais tellement ivre de bonheur… Tellement que j’aurais pu lui faire ma demande en mariage ce même jour si cela ne tenait qu’à moi. Malheureusement la réalité m’avait rattrapé vu qu’à cette époque, j’avais très peu de moyens. Et aussi, je ne pouvais pas compter sur mes parents pour m’aider.

La belle et jeune demoiselle m’avait accordé de l’intérêt malgré quelques-unes de mes gaucheries en matière de séduction que j’avais su, heureusement pour moi, rattraper immédiatement. D’ailleurs, depuis cette soirée, nous nous étions revus plus d’une centaine de fois. A chaque fois et toujours, je sentais mon cœur palpiter pour elle tout autant que la première fois que je l’avais vue, sinon plus. Aucune jeune fille ne me paraissait lui arriver à la cheville. D’ailleurs, je n’avais pas mis longtemps à faire la demande la plus solennelle qu’un homme puisse formuler dans son existence. Elle y avait répondu par «oui» qui ne laissait entrevoir la moindre manifestation d’hésitation. Par contre c’était du côté de nos deux familles, toutes deux modestes que la nouvelle n’avait pas été accueillie avec beaucoup d’entrain. Ensuite, il faut bien dire que c’est parce que nous nous entendions à merveille que notre projet de mariage avait trouvé son chemin.

Avec ma femme, ma moitié, nous avions fondé un foyer solide, avec de beaux enfants. Mes vœux avaient été exaucés et je ne l’oublierai jamais. Sans le soutien indéfectible et sans faille de ma moitié, je n’aurais pas eu cette force herculéenne de surmonter les nombreuses épreuves qui se multipliaient dans mon job. Sans sa présence attentive à mes côtés et ses bons conseils, les fauves que j’étais obligé de côtoyer tous les jours n’auraient, sans aucun remord, fait la peau. De toutes les façons, je n’avais soufflé qu’en m’installant à mon compte, mais là aussi rien n’était joué. Ma réussite n’aurait pu être assurée sans sa patience et son appui bienfaisant. Et tous ces souvenirs que je viens de raconter et il y en a d’autres dévoilent l’immensité de l’estime que je ne cesserai d’éprouver pour mon épouse. Aujourd’hui tous les deux nous avons vieilli mais nous continuons de tenir à l’un à l’autre. Ce n’est plus la passion d’avant et je m’avancerai à avouer que s’est installé dans notre quotidien, malgré la belle affection qui nous unit, un ennemi qui se nomme ennui.

Je ne vais pas vous bassiner de salades, je vais être cash. Moi, l’homme tellement attaché à son épouse, n’a pu longtemps résister aux signes d’une personne magnifiquement jeune, pleine d’entrain et de folle envie de croquer la

vie à pleine dents. La jeune femme avec qui je fricote depuis un moment déjà, est celle avec qui je suis souvent en contact pour mes commandes. Que voulez-vous, ce bol d’air frais m’a revigoré ! Mais faut surtout pas me mettre la photo de ma femme sous les yeux maintenant, je risquerai de me mettre à pleurer. Parce que, oui, je ne me réjouis pas de lui être infidèle et je tremble qu’elle ne se rende compte de quoi que ce soit.

Pourtant, ce n’est pas ce qui m’empêche de continuer d’entretenir une liaison avec ma maitresse. Un seul petit moment passé en sa compagnie me requinque et m’évite la déprime. Je suis devenu accro à cette pilule de l’ivresse. Avec cette dernière, libéré de mon masque d’homme sérieux, je m’amuse beaucoup. Le bucolique programme qui m’appelle, toujours riche de palpitants rebondissements ne peut tout simplement pas se refuser. Avec elle, une simple marche au bord de l’eau est un instant idyllique et je n’ai pas envie de m’en priver. Cependant, il me suffit de me rappeler que je ne souhaite absolument pas que mon secret soit dévoilé pour ramener la tristesse mon âme.

L’attachement inattendu de part et d’autre commence à tirer sur une corde sensible.

Je m’en veux de cette malhonnêteté que j’inflige à deux personnes. D’un côté, il y a ma femme, elle est la gardienne de mon équilibre. Mon refuge sacré se trouve dans ma maison avec mon épouse et mes enfants. Je suis incapable de ressentir les choses autrement malgré la présence derrière le rideau d’une tierce personne. Et je m’en veux justement de ne pas pouvoir le lui dire explicitement surtout qu’un attachement inattendu de sa part commence à se faire sentir. Et ça je ne l’avais pas prévu même si cinq années se sont déjà écoulées. Cette jeune ne peut malheureusement pas compter sur moi pour espérer un mariage, ou des enfants et je n’ai pas le droit d’être égoïste et de l’en priver. En même temps, je peine à la laisser filer. Le plus dur c’est qu’il faudra bien prendre une décision».

Mariem Bennani

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