jeudi 25 mai 2017

Mohamed Fikrat, Président de la FENAGRI

«Ce contrat-programme est extrêmement important»

La FENAGRI (Fédération nationale de l’agroalimentaire) compte tenir incessamment des réunions d’information. Objectif: mettre en place des comités de suivi et les dispositifs nécessaires, afin de réussir les ambitions que la profession s’est fixé, dans le cadre de son nouveau contrat-programme, signé en marge de la 12ème édition du SIAM, organisée du 18 au 23 avril à Meknès.

Quel commentaire faites-vous concernant le contrat-programme signé en marge du SIAM 2017?

Le contrat-programme est le couronnement d’un processus qui a démarré il y a plus de deux ans. Il s’est traduit par une étude stratégique, pilotée par le ministère de l’Agriculture et le ministère du Commerce et de l’Industrie, en association avec la FENAGRI. Il a permis d’identifier des secteurs dans l’agroalimentaire qui sont très porteurs, du point de vue potentialités, création de richesses, potentiel d’export et d’emploi. Pour nous, industriels de l’agroalimentaire marocains, ce contrat-programme est extrêmement important. Il concerne sept filières, à savoir l’industrie de la viande, les fruits et légumes, les agrumes, l’industrie du lait, la biscuiterie, la confiserie et la chocolaterie. Ces secteurs-là vont être encouragés à travers la mise en place d’incitations pour l’investissement.

Quelles sont, concrètement, les premières actions auxquelles vous allez vous attaquer dans le cadre de ce contrat?

Nous allons tenir, très prochainement, des réunions d’informations plus en détail. L’objectif de ces réunions, c’est d’abord de mettre en place des comités de suivi et des mécanismes, pour faire en sorte que ce contrat-programme cadre tous les détails et les dispositifs, afin de réussir les ambitions que nous nous sommes fixé. Nous allons aussi faire une analyse pour les projets que vont supporter les candidats à ce dispositif. Dans le cadre de ce contrat, un investissement global de 12 milliards de dirhams est prévu pour la réalisation des objectifs. Les 2/3 de cet investissement proviendraient des opérateurs privés et le 1/3 de l’Etat. Ce n’est pas quelque chose qui va se faire de manière automatique. Il y a un travail de part et d’autre.

Quels sont les axes prioritaires sur lesquels vous allez travailler pendant les cinq années que durera le contrat (2017-2021)?

Dans le cadre de ce contrat-programme, quelque 371 unités nouvelles ou existantes vont être mises à niveau à travers ce dispositif. Les projets vont être portés par les entreprises elles-mêmes, de manière directe. On va aussi travailler sur un autre axe en rapport avec la formation. En effet, le programme prévoit des actions d’encouragement de l’investissement et d’accompagnement de la formation. De même qu’il va y avoir un soutien à l’accompagnement, pour promouvoir les produits alimentaires marocains à l’export, particulièrement en Afrique. Il y a également certaines mesures qui concernent la partie transverse, la Fédération nationale de l’agroalimentaire elle-même. Dans le sens où des études sectorielles seront menées et porteront sur le secteur de l’agroalimentaire, en fonction des thématiques que la Fédération aura définies conjointement avec le ministère de l’Agriculture et celui du Commerce et de l’Industrie, à travers l’élaboration des feuilles de routes et des plans d’action. C’est un peu comme ce qu’on a fait pour le contrat-programme lui-même, lequel est le couronnement d’une étude. Car, il fallait d’abord analyser et diagnostiquer, avant d’aller de l’avant. Par ailleurs, avec nos partenaires gouvernementaux, nous avons prévu des instruments, tels qu’une évaluation périodique et un comité de pilotage. Lequel comité va être mis en place dans les prochaines semaines. Enfin, je dois souligner que l’autre particularité qu’il faut mentionner, c’est que l’ambition de ce contrat-programme est surtout d’accélérer la complémentarité et l’intégration entre le monde de la production agricole et le monde de la transformation et la valorisation du produit agricole.

Est-ce à dire que c’est vraiment le tournant industriel pour le secteur de l’agroalimentaire au Maroc?

Disons que cela va aider à soutenir et pérenniser les acquis du Plan Maroc Vert, notamment pour les filières qui ont déjà été traitées à ce stade-là. C’est pour cela que, parmi  les signataires, il n’y pas que la FENAGRI, il n’y a pas que les opérateurs concernés du secteur, mais il y a aussi le ministère de l’Agriculture, le ministère du Commerce et de l’Industrie, les présidents des fédérations et associations concernées par les activités et COMADER. Je pense que c’est là la traduction de cette volonté d’aller vers l’intégration et vers plus de partenariats entre le public et le privé.

Qu’en est-il des objectifs?

Comme je l’ai souligné, ce contrat-programme est stratégique, parce qu’il représente un enjeu de création de plus de chiffre d’affaires. Nos ambitions, sous l’animation bien entendu du ministère de l’Agriculture et aussi avec l’accompagnement du ministère du Commerce et de l’Industrie, ainsi que le soutien du ministère des Finances, c’est d’atteindre plus de 42 milliards de dirhams par an comme chiffre d’affaires complémentaire. Ce qui est également visé, c’est de créer 38.500 emplois et un flux d’export qui devra s’élever autour de 11 à 12 milliards de dirhams et ce, sur les cinq ans à venir. On espère qu’au bout du chemin, on arrive à ces objectifs.

Le monde de l’agroalimentaire est très vaste. Ce contrat-programme est-il exhaustif?

Le monde de l’agroalimentaire est, en effet, très large. Rien qu’au sein de la FENAGRI, il y a 2.100 entreprises et une quinzaine d’associations. Dans le cadre de l’étude que j’ai mentionnée, nous avons associé certains secteurs pour identifier où il y a le potentiel. Le contrat-programme n’est pas exhaustif. A vrai dire, on a traité ce qui nous paraissait le plus près, pour atteindre les objectifs de ce contrat, avant d’aller plus loin. Par ailleurs, il y a lieu de souligner que cela va être aussi une occasion pour que les professionnels, qui ne sont pas membres de la Fédération, adhèrent à la FENAGRI.

Y-a-t-il une feuille de route pour traiter la question de l’informel?

L’informel touche aussi notre secteur, mais il y a d’autres instruments pour le traiter, tels la réglementation, la normalisation et la sensibilisation des consommateurs. En tant que Fédération, nous avons une feuille de route. C’est dans ce cadre que nous allons d’ailleurs travailler sur quelques axes, lesquels vont se traduire par un partenariat avec l’ONSSA. De même, nous allons entreprendre un certain nombre d’actions avec le ministère de la Santé.

Dans tout projet, certaines contraintes peuvent parfois représenter des difficultés pour sa réussite. Qu’est-ce qui vous préoccupe en tant que président de la Fédération?

Ce qui me préoccupe, c’est la mobilisation de l’ensemble et, surtout, l’articulation des différents acteurs, ainsi que l’explication à tous les intervenants, pour que chacun fasse ce qu’il lui revient dans les délais et la qualité qu’il faut. C’est cela l’enjeu.

Propos recueillis par Naîma Cherii

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