dimanche 23 avril 2017

Elisabeth Guigou, Présidente de la Commission des Affaires étrangères à l’Assemblée nationale française

«Le règne de Mohammed VI a déjà beaucoup apporté»

Ce projet de jumelage institutionnel entre la Chambre des représentants marocains et l’Assemblée nationale française, assistée par la Chambre des Communes britannique, pour quel objectif?

Je suis personnellement enchantée. C’est plus qu’un projet maintenant, c’est une réalisation. Le projet a été lancé par le prédécesseur de Habib El Malki (Ndlr: Rachid Talbi, RNI) et par Claude Bartolone (Président de l’Assemblée nationale française). Il vise à avoir une coopération technique entre nos deux Parlements marocain et français, en tous cas entre les deux entités, la Chambre et l’Assemblée.

Quelles actions pour réussir à croiser vos expériences?

Déjà en moins d’une année, des livrets d’usage ont été réalisés et les deux secrétaires généraux de nos deux assemblées, qui ont travaillé ensemble, nous attestent que ça a été mutuellement bénéfique. En tant que membres de l’Assemblée française, nous avons beaucoup appris, des questions et des remarques. Cela a permis la réalisation de trois livrets. D’autres sont en préparation.

Mais au-delà de cette coopération technique?

Ce qui me réjouit particulièrement, c’est que c’est là une autre manifestation de l’amitié profonde entre la France et le Maroc.

Quel soutien financier à cette initiative?

C’est soutenu financièrement par la Commission européenne.

D’autres partenaires?

C’est un jumelage institutionnel qui implique aussi les Parlements britannique, belge, etc.

Qui a été derrière cette initiative?

C’est la France et le Maroc qui ont été derrière cette initiative et qui ont le plus participé. C’est donc une nouvelle occasion d’échange, au-delà de celle qu’ont nos gouvernements respectifs. Elle est vraiment très salutaire. Pus encore, on parle d’un travail commun mutuellement enrichissant. Pour moi, c’est toujours un bonheur d’être au Maroc.

En marge du retour du Maroc à l’Union Africaine, salué lors de cette rencontre à Rabat, comment faire profiter le continent africain de ce jumelage?

Nous comptons beaucoup sur nos amis marocains et sur leur Parlement, pour pouvoir élargir ce type d’expérience à d’autres Etats africains.

Le retour du Royaume à l’Union Africaine?

Réellement, c’est un grand succès diplomatique de SM le Roi Mohammed VI et pour toute la diplomatie marocaine. C’est un événement très important, parce qu’il permettra de résoudre tous les problèmes qui subsistent dans la région.

Que souhaitez-vous?

Je ne souhaite qu’une chose, moi qui suis une Européenne engagée, c’est que nous puissions vraiment développer un solide partenariat entre l’Union Européenne et l’Afrique. Le Maroc est réellement en tête de pont de ce partenariat d’égal à égal et gagnant-gagnant.

Quels défis pour ce partenariat?

Je crois que nous avons des défis communs à relever. D’abord le climat: le Maroc a joué un rôle remarquable avec l’organisation de la COP22. La sécurité aussi, la maîtrise des migrations, le développement tout simplement mutuel. Et puis, le dialogue des cultures. Et moi qui préside, après le Conseiller de SM le Roi, André Azoulay, la Fondation Anna Lindh pour le dialogue des cultures entre l’Europe et le sud de la Méditerranée, je suis convaincue que, pour que ça existe, il faut que nos institutions multilatérales européennes, d’une part et l’Union Africaine, d’autre part, arrivent à travailler en commun et pas seulement dialoguer; il faut travailler ensemble comme nous le faisons entre Français et Marocains.

Que peut faire l’Europe, la France plus particulièrement, pour trouver une issue au problème du Sahara?

Je suis optimiste sur ce dossier. Vous savez que le soutien de la France ne se dément pas. Il est là depuis le début et réaffirmé continuellement.

Qu’est-ce qui vous rend si optimiste?

J’ai l’impression que le nouveau et actuel Secrétaire général de l’ONU, qui connaît bien notre région commune et qui est un ami de la France et du Maroc, aura -du moins je l’espère- un autre regard sur le projet d’autonomie marocain au Sahara.

Vous savez, suite à l’appel du Secrétaire général de l’ONU, pour le retrait des troupes de Guerguarat, le Maroc a fait un geste: il a très vite répondu favorablement. En tout cas, le soutien de la France au Maroc est véritablement acquis.

Le règne de Mohammed VI, que peut-il apporter à la région, en termes de développement, de démocratie, de paix aussi?

Il a déjà beaucoup apporté. SM le Roi -tout le monde le voit- est très présent en Afrique et le Maroc joue ce rôle de lien entre le nord de l’Afrique et l’Afrique subsaharienne, pour des raisons historiques, dynastiques, religieuses également. Il y a un développement économique et la présence marocaine est là, partout, avec ses grandes entreprises, ses banques et ses PME.

Qu’attendez-vous des présidentielles françaises?

Ce que j’espère, en tous cas et vivement, c’est que Mme Lepen ne passe pas. D’ailleurs, je ne pense pas qu’elle puisse gagner cette fois, mais qu’elle soit le plus bas possible. Parce que c’est navrant de la voir si haut dans les sondages. Il s’agit tout simplement d’une attitude de repli, de refus, mais ce serait une catastrophe pour le peuple français, sans parler de nos relations internationales. Ce que j’espère, c’est que les extrêmes qui sont sur des optiques de fermeture, particulièrement le Front National, soient éliminés.

Interview réalisée par Mohammed Nafaa

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