mardi 21 février 2017

Gouvernement : Benkirane campe sur ses positions

Pour les nouvelles concertations, en vue de former le nouveau gouvernement, il semble que rien ne presse. En tout cas, les parties ne changent pas d’avis… Notamment le chef de Gouvernement.

Crise, chaos, blocage… Autant de termes utilisés depuis le 7 octobre 2016, pour qualifier quatre mois sans gouvernement, ni appareil législatif.

Une situation qui, selon les experts, bloque l’économie du pays, sans pour autant que les politiques -et encore moins les économistes- ne réussissent à expliquer les tenants et les aboutissants de cette situation de blocage qui ne dit pas son nom.

Le citoyen, pour sa part, ne lâche pas prise. Il continue de se rabattre sur les médias, journaux et sites électroniques, histoire d’avoir des nouvelles de ce nouveau-né qui se fait désirer de plus en plus mais, pour certains, devrait voir le jour, même au risque d’une césarienne.

Le gouvernement est donc, au quotidien, au menu des conversations dans les bureaux, cafés et restaurants. La question qui revient chaque fois est: «Alors ce gouvernement, c’est pour quand?». Et les réponses sont toujours les mêmes: «Il faut attendre le retour du Roi de sa tournée africaine». Ou alors, il ne peut y avoir de concertations entre le chef de gouvernement, Abdelilah Benkirane et les Partis politiques, du fait que nombre de ministres accompagnent le Souverain dans son voyage. Certains annoncent même que les ministres, qui formeront l’ossature du prochain gouvernement (Agriculture, Affaires étrangères et Finances), sont du périple royal dans nombre de pays du continent africain. Ce qui a fait dire au chef de gouvernement: «Mais avec qui vais-je me concerter (sous-entendant qu’Akhannouch, chef de file du RNI, n’est pas là, lui non plus».

Accusations mutuelles

En attendant que les nuages se dissipent, les politiciens s’accusent mutuellement d’être les artisans de ce blocage qui semble sans fin. Le PJD pointe du doigt Akhannouch, ainsi que les Partis de la rose (USFP) et de l’épi (MP), sans cacher son refus de faire participer ces deux derniers au prochain gouvernement.

Pas de contacts

Dans l’espoir d’y voir un peu plus clair, l’attente est de mise. Benkirane a informé, lors d’une réunion du Secrétariat général de son parti, tenue  le 5 février 2017 à Rabat, qu’il n’avait eu aucun contact avec le leader du RNI, Aziz Akhannouch, ni avec un quelconque autre responsable politique, depuis le début de l’actuel périple royal en Afrique.

Lors de cette réunion, il s’est avéré que Benkirane n’a pas changé d’un iota, restant cramponné à ses positions qu’il a tenu à rappeler aux médias à la fin de cette réunion du secrétariat général du PJD: «L’offre que nous a faite Akhannouch, concernant une alliance à quatre, nous l’avons refusée et continuons de la refuser», a-t-il réaffirmé. C’est dire que le statu quo est toujours de mise, chacun refusant de faire des concessions à l’autre.

Les plus pessimistes tiennent un langage quelque peu ironique: «Nous sommes restés quatre mois sans gouvernement et sans Parlement. Nous pourrions le rester encore des mois…».

D’autres estiment que la facture de ce blocage est très lourde pour un pays comme le Maroc et en appellent à l’arbitrage et à l’intervention rapide de SM le Roi Mohammed VI.

Le Parlement baisse le rideau…

En attendant, le Parlement s’apprête à baisser le rideau, mardi 13 février 2017 (fin de la 1ère session).

De leur côté, les partis politiques (USFP et PI) préparent leurs congrès nationaux respectifs, prévus en mai prochain, surtout les amis de Driss Lachgar qui se prépare pour un second mandat, après avoir neutralisé son plus dur concurrent au sein du parti (Habib El Malki), en l’installant au perchoir de la Chambre des représentants, faisant de lui la troisième personnalité de l’Etat. Lachgar ne cache pas son ambition de faire participer l’USFP au prochain gouvernement, malgré la farouche opposition de Abdelilah Benkirane.

Laisser le temps au temps

D’ici le retour du Souverain de son périple africain réussi, tout le monde se serre dans la salle d’attente. On laisse le temps au temps pour bien faire, ironise une source proche de l’USFP.

Mohammed Nafaa

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