Casablanca Un lieu pour égorger…

mouton Ad Al Adha

Pour beaucoup de familles qui ne savent pas où sacrifier le mouton de Aïd Al-Adha –qui ne peuvent le faire ni dans le garage, ni sur la terrasse de leur immeuble- le projet des abattoirs est en discussion. La réponse des élus est toujours attendue.

Plus que quelques jours avant l’Aïd Al-Adha. En effet, cette fête aura lieu cette année le mercredi 16 octobre (10ème jour du mois de Dhul-Hijjah). Et, comme chaque année, à cette période, le rituel du sacrifice du mouton préoccupe l’ensemble des familles marocaines, lesquelles, depuis plus de deux semaines, se préparent à cet événement.
Face à l’envolée des prix des moutons, constatée chaque année pendant les tout derniers jours précédant l’Aïd, nombreux sont ceux qui se voient obligés d’acheter leur bête plus de deux semaines avant le jour «J». Mais un autre problème se pose, concernant l’égorgement de leur mouton: pour beaucoup de familles qui ne savent pas où abattre leur bête, le sacrifice de l’animal se révèle difficile à accomplir.
Cette année, les professionnels du secteur des viandes ont pensé à une nouvelle «alternative». A l’occasion du prochain Aïd El-Kébir, les familles casablancaises n’ayant pas de place où sacrifier leur mouton pourraient avoir la possibilité d’abattre l’ovin dans les abattoirs du Grand Casablanca. Une première au Maroc! Ainsi, ces abattoirs seraient mis spécialement à la disposition de ces familles qui souhaitent y sacrifier leur mouton. La proposition, qui date déjà de l’année dernière, a été faite par les professionnels du secteur du transport des viandes, lesquels attendent toujours l’accord des responsables de la ville de Casablanca pour passer à la mise en œuvre.

Engagement verbal du maire

«Cette initiative, qui ne va rien coûter au Conseil de la ville, a été bien accueillie par le président du Conseil. Nous avons même reçu un engagement verbal de la part de Mohamed Sajed et nous espérons qu’il va honorer son engagement», note Jamal Farhan, Secrétaire général du secteur du transport des viandes relevant du Syndicat national des commerçants et des professionnels. «L’objectif de notre initiative est de mettre en place une expérience qui va certainement contribuer à préserver l’environnement. De même, elle va permettre de répondre à une attente exprimée par de nombreuses familles casablancaises qui tiennent à effectuer l’acte sacrificiel dans le respect des règles d’hygiène et de sécurité», ajoute le Secrétaire général, qui fait savoir que les frais d’abattage seraient de 150 dirhams par tête de mouton et et de 700 dirhams par veau. Notre interlocuteur précise que les abattoirs commenceraient à accueillir les bêtes devant être immolées, trois jours avant l’Aïd. Les bénéficiaires, qui recevront un récépissé comprenant les engagements de la société en charge des abattoirs, devraient suivre le déroulement des opérations d’égorgement en direct via un écran géant, souligne Jamal Farhan. Il indique par ailleurs que cette opération bénéficierait aussi à des associations caritatives qui recevraient des dons.
Donc, cette année, Aïd El-Kébir pourrait connaître l’intégration d’une nouvelle donne et ce serait une première dans le Royaume. Encore faut-il que les responsables de la ville acceptent de donner le feu vert à cette initiative dont la proposition remonte déjà à l’année dernière. Les défenseurs de cette initiative déclarent au Reporter que le maire de la ville a donné un accord verbal à leur proposition. Toutefois, l’initiative semble connaître certaines résistances. «Bien que notre initiative ne pose aucun problème pour devenir exécutoire, nous pensons qu’il y a une certaine résistance de la part de certains fonctionnaires du Conseil de la ville qui font tout pour que notre proposition n’ait pas l’aval du maire», nous confie le Secrétaire général.

Les deux sons de cloche

Mais est-ce qu’une telle initiative pourrait intéresser les Casablancais (car l’initiative concerne pour l’heure Casablanca)? Egorger son mouton dans les abattoirs serait-il une bonne solution pour l’accomplissement des rites de l’Aïd Al-Adha? Certes, l’initiative devrait résoudre le problème de certaines familles qui n’ont pas où abattre leur bête. C’est le cas de Fatiha, jeune maman de 37 ans et employée dans une banque de la place. «Cela fait plus de dix ans que je suis mariée. J’habite dans un appartement (54 mètres carrés) au centre-ville. Franchement, chaque année, à cette période, nous avons ce problème concernant l’égorgement de notre mouton. Pour le sacrifice, nous devons toujours aller chez mon beau-frère qui, lui, a un espace très grand dans sa maison. Avec l’aboutissement de cette initiative (aux abattoirs), nous n’aurons plus à faire ce déplacement (chez la famille)», a-t-elle souligné à ce sujet.
Reste cependant à savoir si les frais du transport, de la nourriture et du gardiennage du mouton pendant les 3 jours que la bête passera aux abattoirs seront abordables ?
Mais pour les partisans du mode opératoire traditionnel, l’Aïd Al-Adha a toujours été un symbole important pour les familles marocaines. «L’Aïd Al-Adha est une journée de fête et de joie. Il est donc hors de question de ne pas suivre le rite et la tradition. Le sacrifice du mouton doit se faire chez soi pour pouvoir partager la fête avec ses enfants, dans une ambiance traditionnelle et familiale», témoigne Hadj Brahim, un grand-père attaché aux rites du sacrifice.

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