Santé : Voilà pourquoi les scorpions tuent encore…

C’est un record jamais atteint ! Des scorpions dont les piqûres sèment la panique parmi les petits et les grands, ont envahi les douars dans les régions de Chtouka Aït-Baha et de Marrakech-Safi, deux zones à très haut risque scorpionique, avec la présence de plusieurs espèces mortelles, selon des associatifs locaux. Plusieurs personnes ont perdu la vie suite à des piqûres de scorpions.

«On craint que ces bestioles venimeuses ne méritent déjà leur place aux côtés des problèmes chroniques avec lesquels les populations de ces zones rurales continuent de composer au quotidien», lancent des associatifs à Chtouka Ait-Baha. Les piqûres de scorpion, disent-ils, c’est la hantise des populations durant chaque période estivale. Mais, cette année, selon ces mêmes associatifs, «celles-ci ont été surprises par l’invasion de leur maison par les scorpions».

Explication de cette invasion? «La région, avec son climat, procure un excellent milieu de vie pour les scorpions. Mais à  mesure que le climat se réchauffe, à cause du changement climatique, les scorpions se répandent encore plus dans la région», estiment nos sources. Celles-ci ont souligné, par ailleurs, que la région est parmi les zones où il est difficile d’accéder aux soins lorsqu’une  personne est piquée. «Le venin du scorpion s’attaque aux fonctions vitales de l’organisme, ce qui impose alors une prise en charge par les services de réanimation. Or, l’hôpital provincial n’est pas habilité à traiter avec ce genre de situations. Car il n’est pas doté d’un service de réanimation», précisent les mêmes sources. Le gouvernement, soulignent celles-ci, «semble bien mal doté et n’a pas un plan pour s’attaquer au risque que représente le scorpion». Ces associatifs déplorent l’absence d’antidote dans les centres médicaux de proximité. Ce qui contribue, disent-ils, à l’augmentation du nombre de victimes, notamment chez les enfants.

A la délégation provinciale de la Santé, à Chtouka Ait-Baha, on soutient, toutefois, que les morsures de scorpions ont diminué au cours de ces deux dernières années.

Selon le délégué provincial, Khalid Rifi, les statistiques ont enregistré une diminution du nombre de personnes mordues, pour atteindre cette année 440 cas de piqûres de scorpion, contre 616 piqûres en 2018 et 1011 cas enregistrés en 2017, affirme le délégué provincial. «Pour la prise en charge des cas de piqûres de scorpions on n’a pas de problèmes. Toutes les victimes piquées par un scorpion ont été sauvées. Leur prise en charge se fait au niveau des centres de santé», dit-il. Et de préciser: «Le sérum contre les morsures de scorpion s’est avéré inefficace. Pour faire face aux symptômes, nous comptons aujourd’hui sur les médicaments».

Dans la région de Marrakech-Safi, ces dangereuses bestioles venimeuses ont également fait beaucoup parler d’elles. Des sources locales indiquent en effet que les cas de morsures de scorpions se sont multipliés ces derniers jours.

L’invasion des scorpions est due en grande partie à la chaleur qui a été cette année accablante», expliquent ces mêmes sources. Les cas de décès touchent généralement des enfants, indique une source médicale au Centre Hospitalier Mohammed VI de Marrakech, lequel a mobilisé ses services pour prendre en charge les cas de piqûres des scorpions.

Durant la période estivale de cette année, plusieurs personnes sont décédées des suites de piqures de scorpions, indiquent la même source. En trois mois (du 1mai au 3 aout), 23 personnes sont décédées dans les mêmes conditions dans la région de Marrakech-Safi. Une zone classée première en termes de nombre de personnes mordues, avec 8.662 personnes qui se font piquer par un scorpion. A noter que près de 3.000 d’entre elles ont été enregistrées dans les villes de Kelaa des Sraghna et Essaouira.

Le 19 aout, une fillette de trois ans a perdu la vie à Marrakech, suite à deux piqûres de scorpions à la maison de l’un de ses proches dans la province de Chichaoua, où sa famille était conviée à un mariage.  La victime a été transférée  à l’hôpital provincial, avant d’être transportée, quelques heures après, au service de réanimation de Marrakech.

Le  même jour, une autre victime, un petit garçon  de neuf ans a perdu  la vie à l’hôpital provincial de Kelaat Sraghna, suite à une morsure de scorpion. Selon une source médicale, rien que dans la province de Chichaoua, en moins de deux mois, six personnes, dont 4 enfants, ont rendu l’âme, suite à des piqûres de scorpions.

Dix jours plus tard, un nouveau drame s’est ajouté à la liste des décès causés par ces indésirables. Un bébé est mort à l’hôpital provincial de Safi, après avoir été piqué par un scorpion. Les  parents, qui habitent dans un village à 100 km de Safi ont essayé de récupérer l’antidote à la pharmacie locale. Hélas, aucune structure de santé n’en disposait, et le bébé a finalement été évacué d’urgence, le 29 aout, vers l’hôpital provincial dans un état critique. Malheureusement, le bébé est décédé après que le poison se soit propagé dans son métabolisme, selon des sources médicales à l’hôpital provincial de Safi, lesquelles craignent le décès d’autres victimes à cause des morsures de ces bestioles dangereuses. Car, expliquent ces mêmes sources, «les changements climatiques de ces deux dernières semaines (chaleur écrasante et pluies) sont des facteurs qui peuvent pousser ces bestioles venimeuses à sortir de leurs abris et à envahir les maisons, notamment dans cette zone». Reste au ministère de la Santé de faire le nécessaire afin que les médicaments et antidotes soient disponibles partout, notamment là où le risque est élevé !

Naîma Cherii

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