samedi 23 juin 2018
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Syrie : un manuel de contre-révolution

Il y a un an, le régime de Damas reprenait le contrôle de l’intégralité d’Alep. Un tournant dans cette guerre de contre-insurrection que mène Bachar Al-Assad et qui pourrait faire école contre les rebelles et l’Etat islamique.

Un retournement de situation rendu possible grâce à l’intervention russe de septembre 2015, mais aussi grâce à la participation croissante de milices chiites parrainées par l’Iran, très présent dans ce pays situé au cœur de sa stratégie d’influence. Dès 2012, le régime a commencé à reculer à Alep face aux rebelles, finissant par ne plus détenir que la partie ouest de la ville, mais a réussi à maintenir un accès routier depuis le sud, pour ne pas être encerclé. Selon Fabrice Balanche, géographe et chercheur à la Hoover Institution de l’Université Stanford aux Etats-Unis, Damas a élaboré dès le début du conflit une stratégie de contre-insurrection qui consiste d’abord à se replier sur les villes les plus sûres, à protéger les axes de communication et à abandonner les territoires acquis aux rebelles. Expurgée de ses éléments les moins fiables, l’armée peut ensuite lancer l’offensive en espérant que les populations locales se seraient entre-temps lassées des rebelles. «Une guerre contre-insurrectionnelle peut prendre des années», précise l’universitaire. Une stratégie risquée. Avant l’intervention des Russes en septembre 2015, le territoire contrôlé par le régime de Damas s’était réduit à peau de chagrin et l’armée syrienne avait vu fondre ses effectifs. Cette stratégie a fini par porter ses fruits lors de la bataille d’Alep, facilitée par le rapprochement entre la Russie et la Turquie, qui a accepté de réduire son aide aux rebelles. L’Armée russe apporte, quant à elle, un soutien aérien et logistique, ainsi que de nouveaux armements. Au sol, l’Iran encadre et finance des milices chiites, à commencer par le Hezbollah libanais, mais aussi des Irakiens et des Afghans. A l’été 2016, l’Armée syrienne lance l’offensive contre l’est de la ville, qu’elle parvient à encercler. Le 22 décembre, le régime reprend l’intégralité d’Alep, après des bombardements meurtriers. «C’est à Alep que les rebelles ont perdu la guerre», estime Fabrice Balanche.

Patrice Zehr

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