mardi 24 octobre 2017

«Wafa Assurance a de réelles ambitions régionales»

Toufik Benjelloun dga Wafa assurance

Entretien avec Toufik Benjelloun, DGA de Wafa Assurance, Pôle Finances

Interview

Peut-on avoir, pour commencer, votre appréciation de l’exercice 2013 de Wafa Assurance ?

Wafa Assurance a réalisé de bonnes performances en 2013, tant au plan commercial qu’à celui du résultat.
En effet, toutes les branches d’activité ont vu leur chiffre d’affaires progresser de 7 à 10%, à l’exception de l’activité Épargne qui a marqué le pas dans un contexte de liquidité tendu.

Ceci a permis de maintenir le chiffre d’affaires à son niveau de 2012, soit 5,7 milliards de DH. S’agissant du résultat, la compagnie a enregistré une progression de 6,5%, à 780 MDH, grâce à l’exploitation mais également à un résultat financier en amélioration dans un marché actions meilleur qu’en 2012.

A fin 2013, Wafa Assurance a donc amélioré son bénéfice net de 6,5% et ce résultat a été tiré vers le haut par la Non-vie et vers le bas par l’activité épargne. Quelle solution voyez-vous à la branche Vie, le contexte de resserrement des liquidités devenant récurrent ?

En réalité seul le chiffre d’affaires Épargne est en repli, pas le résultat. Comme vous le savez, l’activité épargne est une activité d’encours dont la rentabilité est davantage liée à l’évolution et la taille des encours que l’évolution du chiffre d’affaires. Or, les encours de Wafa Assurance ont continué de croître. Le comportement des marchés financiers est également un facteur déterminant pour le résultat Épargne et cette année, la contribution du financier a été favorable à la compagnie.
Finalement, les résultats Vie et Non-Vie sont tous deux en hausse sur l’exercice avec des progressions de 10 et 8%.
Quant à l’impact du contexte de liquidité sur le chiffre d’affaires Vie, la compagnie a amorcé depuis 2010 un virage stratégique qui consiste à développer l’Épargne périodique ou récurrente, moins sensible aux situations ponctuelles de liquidité. Parallèlement, nous cherchons également à renforcer le poids de la prévoyance dans le chiffre d’affaires Vie. Ces deux inflexions stratégiques, qui ont permis d’amortir la baisse du chiffre d’affaires Vie en 2013, produiront pleinement leur effet avec le temps.

Pour Standard and Poor’s qui s’est penchée sur les perspectives de développement du secteur de l’assurance au Maghreb, les principaux moteurs de croissance du secteur seront, à l’avenir, les branches «Vie», grâce à une fiscalité plus clémente, et «Biens», si la couverture des biens immobiliers devient obligatoire. Vous êtes de cet avis pour le Maroc et la Tunisie où vous êtes présent ?

Effectivement, la branche Vie est un levier de développement important du marché de l’assurance, tant au Maroc qu’en Tunisie. Pour s’en convaincre, il suffit de comparer les taux de pénétration de l’assurance Vie marocain et tunisien avec ceux de marchés plus développés tels que le marché espagnol. Le rapport est de 1 à 3 entre la Tunisie et le Maroc et de 1 à 4 entre le Maroc et l’Espagne.
Par ailleurs, il faut garder à l’esprit que l’assurance Automobile représente, au Maroc, près de la moitié du marché Non-Vie et le tiers du marché global. Or, en Automobile, nous sommes encore au début de la phase d’équipement. A long terme, l’assurance Automobile sera probablement un moteur de croissance plus important que l’obligation de couverture des biens immobiliers à laquelle vous faites référence.

Que pensez-vous du projet d’amendement du Code des assurances (article 290) qui élargit l’activité distribution des assurances aux établissements de crédit et aux associations de micro-crédit ? L’UMAG s’est mobilisé contre le projet… Votre avis ?

Les banques sont de bons distributeurs de produits d’assurance. Au Maroc, elles ont fait leurs preuves. Si les pouvoirs publics prennent la décision d’élargir leur périmètre, la couverture des Marocains ne sera que plus renforcée car les banques savent équiper des clients qui ne le sont pas. Le challenge du secteur est d’élargir et d’équiper la clientèle.

A propos des relais de croissance de Wafa Assurance, vous avez annoncé la préférence du groupe pour les opérations Greenfield au lieu des opérations acquisitions. Et vous avez cité 4 pays-cible: Côte d’Ivoire, Gabon, Cameroun et Sénégal. Peut-on avoir plus de précisions à ce sujet ?

Ce que je peux vous dire à ce stade, c’est que Wafa Assurance a de réelles ambitions régionales. Le succès du modèle d’implantation en Tunisie, par voie de création, nous conforte dans le choix de cette démarche pour les principaux marchés de la zone CIMA que sont la Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Sénégal et le Gabon. En effet, après 7 mois d’activité en 2013, Attijari Assurance a réalisé un chiffre d’affaires de 90 MDH qui lui confère une part du marché Vie de 7%.

Où en est-on de l’assurance islamique ? Et d’abord, offre-t-elle de vraies perspectives de croissance ?

Le dispositif réglementaire encadrant cette activité est en phase finale d’adoption et devrait permettre le développement de ce marché dont le potentiel est réel. En effet, si l’on se réfère aux marchés où l’assurance islamique est mature, tel que les Émirats Arabes Unis ou la Malaisie, les produits Takaful pourraient représenter à moyen terme plus de 10% du marché global de l’assurance.

Concernant l’instance de régulation, quelle appréciation faites-vous de la transformation de la DAPS en ACAPS ?

C’est une évolution qui répond aux standards internationaux.

Propos recueillis par BA

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