vendredi 20 octobre 2017

Croissance au Maroc : Prévisions et ingrédients de relance

Ministere des finances maroc

Les points de vue divergent. Ils se croisent souvent et interfèrent, mais vont tous vers la fin, dans une même direction, heureusement…

En effet, sur ce point précis de la croissance, chacun y va par ses moyens, sa vision et ses prévisions. Tous considèrent presque les mêmes données, mais de manière différente, pour aboutir à un résultat qui, au final, est presque identique…
Le wali de BAM (Bank Al-Maghrib), ayant abordé la question, avait souligné que ce n’est pas vraiment un problème que d’avoir des chiffres qui diffèrent. C’est même bon, car cela connote un travail continu, selon les périodes. Dire en effet que la croissance serait de 2,6% quand un autre dit qu’elle ne serait que de 2,4% n’est pas un réel problème vu que l’écart n’est pas énorme… Il ya vraiment problème si l’un dit 2,4% alors que l’autre prévoit 4,5%!
C’est le cas encore cette année, certes, mais le constat est que tous s’accordent à situer ce taux de croissance autour de 5%.

Ce que prévoit BAM

Bank Al-Maghrib explique que, pour 2015, la croissance se situerait autour de 5%, tirée par une hausse de près de 15% de la valeur ajoutée agricole, alors que le rythme des activités non agricoles devrait s’accélérer légèrement pour avoisiner 3,5%. Sur le marché du travail, les données du premier trimestre montrent une création nette de 27.000 emplois et une diminution du taux d’activité de 0,7 point à 47%. Le taux de chômage est ressorti ainsi en baisse de 0,3 point à 9,9% au niveau national et à 14,3% en milieu urbain. Sur la base de ces éléments, l’output gap non agricole demeure négatif et devrait le rester à moyen terme, dénotant ainsi de l’absence de pressions inflationnistes émanant de la demande.

Le MEF rectifie le tir

Pour sa part, le ministre de l’Economie et des Finances a rectifié le tir en revoyant à la hausse le taux de croissance pour une prévision passant de 4,4% à 5%. Pour le ministre, la situation macroéconomique est meilleure que prévu. La production de céréales a atteint le niveau record de 110 millions de quintaux, contre 68 millions l’année dernière, soit une hausse de 62%. Cette correction du ministre s’explique aussi par la baisse des prix des matières premières et par les signaux de relance de l’économie dans la zone UE. Le déficit budgétaire devrait atteindre, à la fin de l’année, 4,3% et l’endettement est à 63,4% du PIB. «Ce niveau ne bougera pas cette année et on prévoit sa baisse à partir de 2016», a d’ailleurs fait savoir Mohamed Boussaid. Par contre, le PIB non agricole a enregistré un recul, se maintenant autour de 3%, contre 4,6% en moyenne au cours des dernières années. Cela s’explique par le recul de la demande extérieure au niveau du textile et des mines.
Concernant les exportations des nouveaux métiers du Maroc, il est à noter qu’à fin juin, l’industrie automobile a réalisé 24,1 MMDH, soit plus de 13,6% par rapport à la même période de l’année dernière, l’agroalimentaire 12,4 MMDH (+ 17,7%) et l’électronique 4 MMDH (0,3%). Les transferts des MRE ont enregistré une croissance de 5%, atteignant 29,1 MMDH sur le premier semestre. Les IDE, également, ont connu une tendance haussière, progressant de 19,9% pour s’établir à 16,9 MMDH à fin juin. Pour le ministre des Finances, cela traduit la confiance dont jouit le royaume auprès de ses partenaires financiers et des investisseurs étrangers. Ces performances impactent positivement le niveau des réserves de changes, qui ont progressé pour s’établir à 198 MMDH, soit la couverture de six mois d’importation.

Et le HCP précise…

De son côté, le Haut-commissariat au Plan (HCP), dont les prévisions sont souvent contestées, précise que non seulement la croissance se consolide, mais pourrait même parvenir à atteindre les 5% prévus par le gouvernement. Selon le HCP, elle s’est établie à 4,3% sur le 1er semestre et devrait atteindre 4,7% en variation annuelle au terme du 3ème trimestre. A ce rythme, la prévision de 5% avancée par le gouvernement et certaines institutions internationales reste réalisable. Et ce, grâce surtout au secteur agricole dont la production atteint des records. Les autres activités, en revanche, affichent une quasi-stagnation avoisinant les 2%. Quelques activités se démarquent cependant par une progression soutenue. Parmi elles, l’automobile, l’agro-alimentaire et bien sûr les dérivés de phosphates.
La demande intérieure, quant à elle, poursuit sa tendance haussière sur le premier semestre. La situation, selon le HCP, résulterait de l’amélioration du revenu des ménages, notamment dans le monde rural. La consommation domestique a crû de 3,4% lors du 2ème trimestre, contre 3,1% trois mois auparavant. Une petite augmentation due à l’expansion à 11,8% des crédits à la consommation et à l’accroissement des transferts de MRE de 1,8% en glissement annuel. Des apports financiers qui expliquent l’actuelle remontée de l’inflation à 2%.
La reprise qu’a connue l’année 2015 s’explique aussi, entre autres, selon le HCP, par la baisse du cours du pétrole. Cependant, les activités non agricoles ont connu une chute par rapport aux années précédentes, avec un taux de croissance de seulement 2,5 % en 2015, contre une moyenne de 4,2% sur la période allant de 2007 à 2014. Malgré tout, pour les années futures, le HCP se veut rassurant et promet une poursuite de la croissance. Pour les télécoms, les analystes du HCP prévoient une croissance à 6,5%. Pour le tourisme, la situation semble moins bonne, avec un taux de 2,7%, contre 5% en moyenne pour 2007-2014. L’année 2015 devra en fait surtout remercier la demande intérieure et la consommation des ménages.

Hamid Dades

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HCP : Les ingrédients d’une relance


Avec une hausse de 3,8% des activités hors agriculture et compte tenu d’une amélioration de 5,1% de la valeur ajoutée agricole, la croissance économique nationale serait, au premier trimestre 2015 de 4,1%, notait le HCP. Ce dernier rejoignait, pour la première fois donc les prévisions du gouvernement. La loi de Finances 2015 a été élaborée sur la base d’une croissance annuelle de 4,4%, ce qui est en ligne avec une hausse du PIB de 4,1% pour le premier trimestre. Toutes les conditions sont réunies pour la croissance, note le HCP. La demande extérieure est en nette reprise. La consommation est de retour, malgré la hausse des prix. L’investissement augmente sensiblement. Et le secteur agricole reprend. Grâce à la bonne tenue des économies anglo-saxonnes, la demande adressée au Maroc aurait connu une croissance de 3,4% au quatrième trimestre 2014. Selon le HCP, tout est réuni pour que la tendance s’accélère dès ce premier semestre pour atteindre une hausse de 4,5%. De même, la demande intérieure n’a pas été affectée par la hausse des prix des biens de consommation de 1,1% au quatrième trimestre et la consommation des ménages a augmenté de 2,4%.
Les secteurs des mines et des services ont été les principaux moteurs de la croissance durant le quatrième trimestre 2014. Ils contribuent nettement à tirer la valeur ajoutée des activités non-agricoles, qui progressent de 3,5%, en variation annuelle, au lieu de 2% une année plus tôt. Le raffermissement des activités minières se serait en effet poursuivi au quatrième trimestre, au rythme de 15,5%, note le HCP. OCP Group répond favorablement à la hausse de la demande intérieure, mais aussi à celle des pays asiatiques. Ainsi, sur l’ensemble de l’année 2014, les activités minières seraient restées soutenues, affichant une croissance de 12,3%, en comparaison avec 2013.
Quant aux services, ils sont tirés par les activités de communication, du transport et du commerce qui permettent de relever la contribution du tertiaire à la croissance économique globale à 1,7 point.

HD

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Les 7% de Benkirane»


On se souvient que, lors de sa campagne électorale, le PJD promettait un taux de croissance de 7%… Une fois à la tête du gouvernement, il ne parlait plus que 5,2%, puis de 5%, puis de beaucoup moins… Dernièrement, Benkirane est revenu sur ce chiffre en affirmant, dans le cadre de la signature d’un accord avec l’OCDE à Paris, le potentiel du Maroc à atteindre un taux de croissance de 6 à 7%, grâce notamment au secteur privé qui constitue, selon lui, une locomotive de taille. Benkirane à relevé que l’économie, la justice et l’institutionnel sont les trois domaines à réformer pour atteindre cet objectif. «Nous restons convaincus, à cet égard, que c’est le secteur privé qui doit constituer la locomotive de la croissance et que le rôle de l’Etat est de lui assurer un environnement économique, juridique et institutionnel adéquat», a-t-il déclaré. Ainsi, pour Benkirane, la justice fera l’objet de réformes profondes, afin de consolider l’indépendance du pouvoir judiciaire, favoriser l’amélioration de son efficacité et de son efficience et aider à la modernisation de son administration. Ce sont là les mesures importantes pour la réforme du secteur privé, aussi bien pour les affaires que pour la défense des droits. Pourtant, de nombreux défis restent à relever dans l’emploi et l’éducation, sur lesquels le Maroc enregistre des retards importants, pour développer la croissance économique. Enfin, améliorer la capacité de l’administration et la qualité de la coordination entre les acteurs publics, privés et la société civile fait également partie du projet de réformes, selon Benkirane, pour une meilleure efficacité de l’action publique et pour atteindre les prévisions de croissance aussi optimistes soient-elles.

HD

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