dimanche 22 octobre 2017

CIH : Et pourtant de bons résultats !

Ahmed rahhou et lotfi sekkat cih

C’est lors d’une conférence de presse tenue à Casablanca, lundi 28 septembre, qu’Ahmed Rahhou, PDG du CIH, accompagné de Lotfi Sekkat, directeur général délégué, a présenté les résultats financiers de la banque au terme du 1er semestre 2015.

Le PDG du CIH s’est dit satisfait des résultats du 1er semestre et confiant pour le deuxième semestre dont il pense qu’il ira dans le même sens.
Satisfait des résultats de l’activité bancaire du CIH qui traduit sans fard son cœur de métier.

Satisfait aussi, car ces performances ont été réalisées dans une période où le secteur bancaire connaissait une certaine platitude que Rahhou explique par la stagnation de la collecte des ressources et de la distribution des crédits. Une situation engendrée par une économie à la traîne depuis 2014 déjà et qui a tendance à se poursuivre jusqu’en 2015. Conséquence, le ralentissement très remarqué de certains secteurs, notamment l’immobilier où certains intervenants, dont l’importance n’est pas négligeable, ont connu de grandes difficultés…

… Et pourtant

«CIH a réalisé au cours de ce premier semestre 2015 des performances appréciables, notamment sur le plan de la collecte des ressources et de la maîtrise du coût du risque», relèvera d’emblée Rahhou en dépit de ce contexte…
Rationaliser le coût de ses ressources via la conversion de ses comptes à termes, détenus par des institutionnels, chèrement rémunérés en certificats de dépôts sur un plus long terme et moins coûteux, est une tâche à laquelle le CIH s’est engagé depuis 2014, puisque le coût du crédit diminue à la suite des baisses du taux directeur de BAM.
Cela ne l’a pas empêché de poursuivre sur les bases d’une politique portant essentiellement sur le renforcement de ses capitaux propres que le président explique par l’émission obligataire subordonnée d’un milliard de dirhams, faite avec la même prime de risque que d’autres banques. Cette politique consiste à préserver le ratio de solvabilité de la banque qui est supérieur à 15%, ainsi que celui de liquidité face aux nouvelles exigences de BAM en matière d’actifs hautement liquides, comme les bons du Trésor, lesquels sont inscrits à l’actif du CIH comme des investissements jusqu’à leurs échéances.

Parole aux chiffres

Les détails des chiffres sont donnés par Lotfi Sekkat. Lors de ce premier semestre 2015, le CIH a collecté pas moins de 2 MMDH, bien que le transfert des dépôts des notaires à la CDG lui ait coûté près de 850 MDH en termes de sortie. Les dépôts à vue ont ainsi crû de 13,2%, avec une progression des comptes chèques de 9,1 %, des comptes d’épargne de 10,7 % et des comptes courants de 26,9%.
Les dépôts à terme (DAT) particuliers ont poursuivi leur ascension avec une performance de 20%. Ceci explique bien cette volonté du CIH à développer ses ressources non rémunérées tout en optimisant le coût de celles qui le sont avec des dépôts à terme qui baissent de 13,3%.
Par ailleurs, l’encours des crédits du CIH lors du premier semestre 2015 se chiffre à 33,8 MMDH, avec un niveau de progression de 3% que de grandes banques n’ont pas atteint. Ceci vient encore confirmer la politique de diversification de la banque. En effet, face à la crise de l’immobilier, l’encours des crédits à la promotion immobilière a connu une baisse de 6,8%, alors que l’encours des crédits acquéreurs s’est apprécié de 3%. Il y a lieu de remarquer que dans le cas du CIH, spécialisé dans les crédits immobiliers, les crédits hors immobilier ont connu une progression de 20%, à 8,4 MMDH, quand l’encours des crédits immobiliers est resté stable à 24 MMDH.
Pour ce qui est du Produit Net Bancaire, Sekkat a fait savoir qu’il s’est établi à 757 MDH, en progression de 2,9% et le Résultat Net de 200 MDH, à -19,9% par rapport à juin 2014. Ce dernier a souffert d’éléments exceptionnels en soustraction desquels il aurait été en progression de 12,4%. Quant au résultat net part du groupe, il s’est délesté de près de 28,8% par rapport à juin 2014, pour ressortir à 190 MDH. Là encore, rassurant, Rahhou soulignera qu’il n’y a pas de quoi s’inquiéter, expliquant qu’il y avait lors de ce semestre très peu de dossiers historiques traités, comparé au semestre précédent. Pour le 2ème semestre 2015, il prévoit ainsi la même tendance avec «un peu mieux sur l’activité courante et récurrente et plus de dossiers historiques, par arrangements ou procédures judiciaires», a-t-il précisé.

HD

Finance islamique : A vos marques!


CIH Bank


Grâce à sa vision stratégique basée sur la diversification et l’assainissement, CIH Bank a résolument tourné la page des années sombres. En effet, la banque prépare un nouveau plan d’entreprise qui devrait être dévoilé début 2016. Ce plan intègre un volet finance islamique. La banque compte se positionner sur le marché de la banque participative. Un dossier a été déposé dans ce sens auprès de Bank Al-Maghrib pour une demande d’agrément. Lors de la présentation des résultats semestriels, Ahmed Rahhou l’a bien relevé. Il a ainsi dit vouloir se placer sur le créneau de la finance participative. Les banques ont jusqu’à la mi-novembre pour déposer leur demande d’agrément auprès de Bank Al-Maghrib. Le dossier de CIH Bank est en train d’être finalisé. Le PDG a précisé que cette activité, si elle obtient l’autorisation de la banque centrale, serait menée en partenariat avec une autre banque, sans en préciser le nom. Pour le moment, la BCP et la BMCE ont aussi fait part de leur volonté de se lancer dans le secteur quand des banques étrangères souhaiteraient aussi investir.

Grands comptes et risques


Réagissant à l’annonce du wali de Bank Al Maghrib, Abdellatif Jouahri, portant sur la décision de soumettre désormais les crédits de plus de 500 millions de Dh accordés par les banques à un visa de la banque centrale, le Président Rahhou a estimé que «Bank Al-Maghrib a tout à fait raison de prendre cette décision et que les grands risques méritent d’être suivis de façon particulière».
Après la faillite de la Samir, le PDG du CIH est catégorique: «nous ne pouvons pas faire comme si rien ne s’était passé». Il ajoute cependant qu’il faut réfléchir aux mécanismes à mettre en œuvre pour les émetteurs qui ont un recours direct au marché financier. Par exemple, obliger tout émetteur à se faire noter… La solution du pool bancaire est également à envisager, suggère Rahhou. L’essentiel étant de ne plus laisser un émetteur aller sur le marché sans précautions.

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