lundi 20 novembre 2017

Voiture électrique : L’aube d’une révolution

Les voitures électriques existent depuis la fin du XIXe siècle, mais elles ne sont commercialisées que depuis la fin du XXe. En 1834, le premier véhicule électrique, un train miniature, est construit par Thomas Davenport. En 1935, à Groningue, aux Pays-Bas, Sibrandus Stratingh met au point une voiture électrique expérimentale à échelle réduite.

La voiture électrique est plébiscitée par certaines personnalités du domaine de l’automobile, comme étant une des solutions de transport la plus propre et écologique. Elle est une solution efficace contre la dégradation de l’environnement et de l’écosystème.Mais comme toute chose, les véhicules électriques ont des atouts et des contraintes.

Avantages

L’atout principal des voitures électriques s’appuie sur la nature électrique de son moteur.En effet, l’électricité fait de nos jours partie intégrante de notre quotidien. Le développement d’un tel moteur n’est pas un problème au vu des avancées technologiques que l’humanité a faites depuis la maîtrise de l’électricité. Cette nature électrique possède elle-même plusieurs avantages. Tout d’abord,pas d’émission de matières polluantes (plus de rejet de CO2, plus d’utilisation d’huile de vidange ou de liquide de refroidissement qui étaient polluants). Cela évite par ailleurs une réduction des rendez-vous d’entretien du véhicule. La pollution sonore est aussi absente, car c’est la particularité du moteur électrique.Le véhicule détient aussi cet avantage de n’avoir aucun rapport (boîte de vitesses), ce qui entraîne une accélération progressive du véhicule, d’où une conduite douce. Très adapté aux conditions de route de ville, le véhicule ne rejette aucun gaz dans les multiples arrêts et redémarrages que la conduite citadine impose.Dernier avantage et non des moindres: le fait que, dans certains pays, les utilisateurs de ce type de véhicule peuvent emprunter des voies et des parkings qui leurs sont réservés gratuitement et qui sont payants pour les autres véhicules. De plus, certaines taxes ne sont pas imposées sur ces voitures. Cela pourrait donc être encouragé dans d’autres pays, pour avoir un pourcentage de véhicules électriques plus élevé par rapport au parc automobile actuel.

Inconvénients

La voiture électrique possède aussi de nombreuses contraintes, malheureusement. Un véhicule électrique ne peut être entièrement écologique que si l’énergie électrique qu’il consomme est produite à partir de centrales solaires,  hydrauliques ou éoliennes. Actuellement, le plus gros frein aux ventes de ce véhicule est le fait qu’il ne permet pas d’effectuer de longs trajets, à cause de sa faible autonomie et sa vitesse limitée.Malgré l’utilisation du lithium dans la fabrication de la batterie, la majorité de ces véhicules utilisent des accumulateurs au plomb qui s’avère être un élément très nocif pour l’environnement.L’argument le plus convainquant est le prix. En effet, les composants sont tous très chers (environ la moitié du prix du véhicule). De surcroît, la batterie doit être changée tous les 2-3 ans.Les contraintes ne sont pas présentes uniquement sur les voitures. Pour pouvoir mettre en place ces voitures dans la circulation, il faut aménager des bornes de rechargement. De plus, un grand monde n’estpas équipé dans son garage, afin de pouvoir recharger son véhicule.

Les pays qui ont opté pour les voitures électriques

Plusieurs pays se sont fixé un objectif, celui de mettre fin à  la vente des voitures essence et diesel et de ne laisser la place qu’aux voitures électriques. La France a annoncé la fin de la commercialisation des voitures diesel et essence d’ici 2040. L’Inde a fixé un objectif: pas une seule voiture à pétrole ou à diesel ne devra se vendre après 2030. Une décision prise après une enquête de Greenpeace, affirmant que, chaque année, 2,3 millions de morts seraient dues à la pollution de l’air. Aux Pays-Bas, acheter une voiture à moteur thermique sera impossible à partir de 2035. En Suède, le constructeur automobile Volvo a annoncé qu’il ne lancera plus que des modèles électriques ou hybrides à compter de 2019. Mais le pays de référence en Europe est la Norvège. Celle-ci s’est fixé comme objectif de voir cesser, dès 2025, les ventes de voitures traditionnelles. En Autriche, l’agence fédérale de l’environnement propose de cesser, dès 2020, la commercialisation de véhicules diesel et essence. Et en 2050, le parc automobile autrichien ne devrait être constitué que de véhicules électriques et à hydrogène. Le Danemark, lui, a annoncé qu’il ne comptait plus être dépendant des énergies fossiles d’ici à 2050. Les autorités chinoises souhaiteraient également que les voitures 100% électriques représentent jusqu’à 40% des véhicules en circulation à partir de 2030. En 2008, la Jordanie avait annoncé la mise en œuvre d’un plan ambitieux en matière d’énergie d’ici 2020. Cette stratégie de diversification vise aussi à augmenter la contribution des ressources locales à 39% et réduire la part des produits pétroliers à 40% et du gaz naturel à 29%, à l’horizon 2020.

Où en est le Maroc?

Lors de la COP22, le Maroc a montré au monde son avancée en termes de transition écologique. Mais si le Royaume se proclame leader africain dans le domaine, son marché de l’automobile électrique est quant à lui quasi inexistant, contrairement à ce qui est observé en Europe et dans certains pays du monde arabe. Si certaines mesures incitatives ont été engagées ces dernières années, tout reste encore à faire. C’est le cas des baisses successives de droits de douane depuis sept ans. Un moyen d’inciter les concessionnaires à importer des véhicules verts, puisqu’ils ne sont pas produits sur le sol marocain. Lors de la COP22, le gouvernement a également réuni Renault-Nissan, Schneider Electric et le groupe M2M, dans le but de créer un écosystème pour la facilitation de la transformation énergétique et la réduction de l’impact environnemental du secteur du transport. Le consortium s’est également fixé de faire en sorte que 10% du parc automobile soit constitué de véhicules électriques à horizon 2030. Les villes du Maroc sont encore loin de devenir des Smart Cities. Beaucoup de points, concernant notamment l’installation des bornes électriques, restent encore à éclaircir, tout comme la question du paiement.

Des ventes encore très faibles

Il se trouve en effet que les concessionnaires affichent des ventes encore très faibles. Les ventes de Renault, qui propose depuis 2013 une gamme 100% électrique (Zoe, Kangoo, Z.E. et Twizy), sont modestes, même s’il y a un certain intérêt, depuis la COP22. Même constat pour Toyota qui ne croit pas au «tout électrique» et qui commercialise donc uniquement de l’hybride (Yaris, Loris, Rav4, Prius, CHR). Depuis 2014, seulement 500 véhicules ont été vendus, dont la moitié en 2016.Un avis que partage Ford Maroc qui ne commercialise aucun véhicule de ce type. Sur les 16.500 ventes qu’a réalisées l’entreprise durant l’année, à peine une dizaine de clients ont demandé des informations sur les véhicules verts.C’est en grande partie pour cette raison qu’Audi Maroc ne commercialise pas, elle non plus, de véhicules électriques.

Solution

Si le Maroc souhaite commercialiser des voitures électriques à grande échelle, il y a la tendance mondiale qui consiste à implanter des bornes de recharge rapide dans toutes les villes. Ou tout simplement amener les voitures à une station pour y échanger la batterie du véhicule, contre une autre entièrement chargée, afin de répondre à ce défi dans un temps limité. Le temps que toutes les villes soient bien équipées de bornes de recharge.

Sanaa Aaddaj Eloudghiri

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