jeudi 19 septembre 2019

Petits pélagiques : Plan d’aménagement et inquiétudes sur la sardine !

Le plan d’aménagement des petits pélagiques au nord de Boujdour, entré en vigueur en février 2015, sera-t-il amendé? La question a été, en tout cas, à l’ordre du jour d’une rencontre organisée, lundi 3 juin 2019, au ministère de tutelle.

Selon une source bien informée, la rencontre qui a eu lieu lundi dernier entre la secrétaire générale du ministère de la Pêche maritime, Zakia Driouch et les professionnels de la pêche a été houleuse! «Une rencontre stérile qui n’a débouché sur aucun accord», selon notre source. La SG a presque claqué la porte en exprimant son mécontentement de la manière dont ont débuté les discussions. «A peine les débats ont-ils été entamés que la SG a décidé de lever la réunion, en raison d’une querelle verbale entre les professionnels», fait savoir la même source. La raison de cette querelle verbale? «Certains professionnels voulaient imposer leur point de vue, lequel défend plus les intérêts du lobby des hauturiers que ceux du secteur en général», précise notre source. Celle-ci ajoutera que le sujet de l’amendement du Plan d’aménagement des petits pélagiques préoccupe, en tout cas, les professionnels, en raison de la diminution importante des stocks, ces dernières années. Il sera, d’ailleurs, à l’ordre du jour d’une prochaine réunion au ministère de tutelle, pour concertation avec les professionnels de la filière des petits pélagiques au Maroc, indique notre source. A l’heure où nous mettions sous presse, aucune date n’était encore fixée.

«Le plan d’aménagement des petits pélagiques au nord de Boujdour, comme d’ailleurs les autres plans d’aménagement des pêcheries, constitue un des volets essentiels du Plan Halieutis. Mais, certains points doivent être révisés dans ce plan, à savoir notamment le zoning», lance un opérateur de la pêche côtière, lequel se dit très inquiet quant à la situation des stocks des ressources.

La situation des stocks de la sardine au Maroc serait-elle préoccupante? Le sujet soulève, en tout cas, une grande polémique au sein des professionnels, qui déplorent un fort épuisement des stocks des pélagiques au niveau de certains ports du royaume. Selon des professionnels approchés cette semaine par Le Reporter, les captures des petits pélagiques au Maroc sont en forte baisse dans certaines zones et certains sardiniers n’ont d’autre choix que de vendre leurs bateaux dans ces zones. Conséquences de cette situation, certains marchés locaux auraient connu des problèmes d’approvisionnement, à cause justement de cet épuisement, d’après les mêmes professionnels.

«Cela fait trois ans que nous avons constaté que certains stocks connaissent une baisse importante (sardine, sardinelle, chinchard, maquereau et anchois), notamment ceux se trouvant en Méditerranée et dans la zone Atlantique nord», affirme le président de la Confédération nationale de la pêche côtière (CNPC), Larbi Mhidi. Et celui-ci de poursuivre: «On veut savoir: pourquoi y a-t-il eu cette diminution? Et quels sont les facteurs qui ont conduit à cette situation très inquiétante? A noter que plusieurs armateurs ont vendu leurs bateaux à cause de cette chute. A Kénitra, par exemple, 11 bateaux sardiniers ont été cédés et, à Larache, 15 autres sardiniers ont été vendus ».

C’est le même constat fait par la Fédération des organismes professionnels de la pêche côtière. «Dans certaines région du pays, les choses vont plutôt mal! Les captures des petits pélagiques ont beaucoup chuté», préviennent des membres de cette fédération.
Contrairement au stock «C» situé dans le sud, lequel reste sous-exploité, le stock central (entre Agadir et Saïdia) n’offre pas de potentiel suffisant pour le développement de la filière des petits pélagiques, tiennent à souligner les mêmes sources.

Comment expliquer ce phénomène, alors même qu’il y a un plan d’aménagement des petits pélagiques? Surexploitation, pêche illégale, etc. Les raisons seraient, en fait, nombreuses. Mais des observateurs ont insisté sur le fait que le contrôle accompli, dans le cadre de la lutte contre la pêche illicite et l’utilisation des moyens prohibés pour pêcher la sardine, est encore très insuffisant. Ils ont pointé du doigt «les failles au niveau du contrôle effectué par l’administration». Ce qui explique, selon eux, la contrebande continue pendant les repos biologiques, au niveau des zones concernées par cette surexploitation.

Près de quatre ans et demi après sa mise en application, le plan d’aménagement des petits pélagiques au nord de Boujdour sera-t-il amendé? Selon nos sources, le décret d’application publié au BO en janvier 2015, par lequel 760 navires de pêche opèrent sur la zone nord de Boujdour, devrait être amendé.

Notons que, conformément aux dispositions dudit Plan entré en vigueur en février 2015, les bateaux ne pouvaient plus opérer au niveau de toutes les pêcheries. En effet, celles-ci ont été divisées en deux zones, à savoir celle située entre Saïdia et Tafedna (Agadir) et celle se trouvant entre Tafedna et Boujdour, soit 2.500 km de façade maritime sur les 3.500 km que compte le Maroc. Aujourd’hui, dans les milieux professionnels -surtout ceux du nord-, on n’attend que l’amendement de ce plan d’aménagement, lequel, disons-le, a été critiqué par certains armateurs, dès sa mise en application.

Pour rappel, le département de la pêche avait lancé une étude dédiée à la filière des petits pélagiques, il y a plus de deux ans. L’étude, dont les résultats ne sont pas encore révélés, portait sur la restructuration et la mise à niveau de la filière des petits pélagiques. Laquelle, selon nos sources professionnelles, fait face, entre autres, à des problématiques d’approvisionnement et de régularité de cet approvisionnement.

Naîma Cherii

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