
L’Agence Nationale des Eaux et Forêts (ANEF) a organisé, lundi à Essaouira, une journée de sensibilisation, d’échange et de valorisation dédiée à la préservation et à la gestion durable des zones humides.
Organisé en partenariat avec la Province d’Essaouira à l’occasion de la Journée mondiale des zones humides, cet événement s’inscrit dans le cadre des engagements du Maroc en faveur de la conservation de la biodiversité, de la mise en œuvre de la Convention de Ramsar, ainsi que des orientations de la Stratégie “Forêts du Maroc 2020-2030”, qui place la protection des écosystèmes naturels, la résilience climatique et l’implication des communautés locales au cœur de l’action publique.
Le choix d’Essaouira pour cette célébration nationale s’impose par le caractère emblématique de la province, qui incarne, à travers la richesse de ses zones humides, de ses écosystèmes côtiers, forestiers et de l’arganeraie, ainsi que ses pratiques traditionnelles séculaires, l’interdépendance étroite entre patrimoine naturel et patrimoine culturel.
Dans une allocution de circonstance, le directeur général de l’ANEF, Abderrahim Houmy a mis en avant le rôle stratégique des zones humides en tant qu’écosystèmes clés pour la biodiversité, la sécurité hydrique et l’adaptation aux changements climatiques, notant que ces milieux, en tant que véritables régulateurs naturels, assurent le stockage de l’eau, la recharge des nappes, l’atténuation des crues et constituent des habitats essentiels pour de nombreuses espèces.
Il a, à cet égard, souligné que les zones humides constituent des indicateurs majeurs de l’état hydrologique des territoires, rappelant qu’après sept années consécutives de sécheresse sévère, le Maroc a récemment enregistré des précipitations exceptionnelles, en pluie et en neige, ayant permis une amélioration notable des apports hydriques et du taux de remplissage des barrages.
“Toutefois, cette embellie conjoncturelle ne doit pas masquer la réalité d’un stress hydrique structurel, accentué par la désertification et les effets des changements climatiques, qui impose de renforcer durablement les efforts de préservation de cette ressource vitale et d’adapter notre modèle de développement aux réalités environnementales mondiales”, a-t-il fait observer.
M. Houmy a, dans la foulée, mis en avant les principaux acquis de la Stratégie “Forêts du Maroc 2020-2030”, portant notamment sur l’extension et la modernisation des aires protégées, la restauration des écosystèmes dégradés, l’adoption d’approches participatives et la valorisation des savoirs traditionnels au service d’une conservation durable.
De son côté, le gouverneur de la province d’Essaouira, Mohammed Rachid, s’est félicité de l’organisation dans la province de cette célébration mondiale qui met en exergue la richesse des potentialités naturelles, environnementales et culturelles de la région, précisant que ces atouts font d’Essaouira, à travers l’histoire, un modèle pionnier de coexistence harmonieuse et de brassage humain et civilisationnel, étroitement lié à l’eau et aux espaces naturels.
“Sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, la protection et la valorisation du patrimoine écologique sont devenues des piliers fondamentaux du développement durable et de la gouvernance territoriale”, a-t-il relevé, ajoutant que cette célébration se veut également l’occasion de sensibiliser au rôle central des zones humides dans les équilibres environnementaux, le développement économique local et la transmission des pratiques culturelles liées à l’eau.
Par la suite, l’assistance a suivi des présentations détaillées sur la stratégie nationale des zones humides et le programme d’aménagement et de valorisation écotouristique de l’Archipel d’Essaouira.
En outre, il a été procédé à la signature d’une convention de partenariat dédiée à la conservation et à la valorisation écotouristique de la Réserve naturelle de l’Archipel d’Essaouira, une aire protégée créée officiellement en 2025 et qui joue un rôle majeur dans la protection d’espèces emblématiques et menacées, notamment l’une des plus importantes populations nicheuses mondiales du Faucon d’Éléonore, tout en offrant un fort potentiel pour le développement d’un écotourisme durable générateur d’emplois locaux.
Dans une déclaration à la presse à cette occasion, le chef du Département des parcs nationaux et des aires protégées à l’ANEF, Zouhair Amhaouch a indiqué que cette convention vise à achever la valorisation de ce site à travers plusieurs actions, notamment l’aménagement d’itinéraires écotouristiques, la mise en place d’infrastructures d’accueil et la fixation des dunes afin de lutter contre l’ensablement et de préserver les équilibres naturels.
De son côté, la directrice provinciale de la Culture à Essaouira, Rania Khouya, a exprimé la fierté des partenaires institutionnels quant à cette initiative, estimant que ce partenariat ambitieux est porteur d’importantes retombées positives pour le développement touristique, culturel, écologique et naturel de la Cité des Alizés.
Par ailleurs, la journée s’est poursuivie par une visite de terrain du site Ramsar “Archipel et dunes d’Essaouira”, permettant aux participants de découvrir les actions menées en matière de restauration écologique, d’aménagement, de gestion durable des ressources naturelles et de régénération de l’arganier.
À travers cette célébration, placée cette année sous le thème “Zones humides et savoirs traditionnels : célébrer le patrimoine culturel”, l’ANEF réaffirme son engagement à poursuivre, en étroite collaboration avec les collectivités territoriales, les partenaires institutionnels, la société civile et les communautés locales, ses efforts en faveur de la conservation, de la restauration et de la valorisation durable des zones humides du Royaume, au service des générations présentes et futures.
LR/MAP
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