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Juliette Borsenberger, représentante de la Fondation Hanns-Seidel-Maroc

«Les citoyens, aujourd’hui, sont beaucoup plus avisés»

Juliette Borsenberger Fondation Hanns Seidel Maroc

Comment, à votre avis, doit-on procéder pour créer les conditions du gouvernement ouvert dans les pays Africains?

Nous considérons qu’il est question, là, d’une thématique très importante, puisqu’il s’agit de traiter la forme d’une nouvelle doctrine de la gouvernance qu’est le gouvernement ouvert.

Qu’est-ce qu’un gouvernement ouvert?

Comme son nom l’indique, le gouvernement ouvert est un gouvernement qui est basé d’abord sur la transparence dans toute sa dimension.

C’est-à-dire?

C’est-à-dire pas seulement dans la méthode de gouvernance, mais aussi dans l’accès par les citoyens à l’information gouvernementale.

Sur quoi repose cette doctrine?

Elle repose également sur la reddition des comptes. Il me semble que ce sont là deux piliers extrêmement importants pour mettre en œuvre une gouvernance au service du citoyen, laquelle place ce dernier au cœur des politiques publiques.

C’est une exigence populaire: les citoyens réclament beaucoup plus de transparence…

Les citoyens, aujourd’hui, sont beaucoup au fait de leurs droits, beaucoup plus avisés et ont des exigences accrues concernant la qualité des services publics qui leur sont rendus. Ils ont aussi des exigences à l’égard des gouvernants et des personnes qui ont la charge des services publics, à qui ils demandent davantage de comptes et ont plus d’exigences encore quant à la méthode avec laquelle ils sont gouvernés.

C’est donc une thématique qui s’impose ?

C’est, à mon sens, une thématique de grande actualité et de grande importance. C’est une question centrale de gouvernance qui occupe aujourd’hui tous les pays du continent. C’est dans ce sens que nous considérons qu’il est impératif de soutenir cette activité.

Serait-ce le printemps arabe qui aurait accéléré cette prise de conscience poussant à réclamer une meilleure gouvernance?

Je dirais que le printemps arabe, comme vous dites, a accéléré ce processus-là et que les revendications pour plus de démocratie, de liberté et une plus grande reddition des comptes sont, bien sûr, au cœur des protestations de la rue. Mais il est encore un peu prématuré pour faire une lecture vraiment lucide.

Un peu plus de recul, peut-être?

Oui, plus de recul pour voir quels sont les résultats du printemps arabe. Cependant, cela a permis de mettre en œuvre un peu plus de réformes.

Et au Maroc?

Au Maroc, ça a donné lieu à une réforme constitutionnelle très importante qui repose justement sur ces grands principes de participation citoyenne, de plus de transparence et de reddition des comptes.

Est-ce que vous pensez que la société africaine est prête et apte à aller de l’avant dans ce processus?

Elle n’y est peut-être pas prête. En tous cas, elle y est contrainte.

Les conditions requises sont-elles là ?

Je dirais qu’elles sont propices pour ce faire. Je pense, cependant, que la prise de conscience et la prédisposition sont là.

Au niveau des Etats africains, est-ce que le processus d’une bonne gouvernance est enclenché ou en voie de l’être?

Je pense que tous les Etats africains sont en train d’entreprendre des réformes pour se doter d’institutions fortes à même de pouvoir conduire et de diligenter changements et réformes dans la démocratie, le droit et la bonne gouvernance.

Une thématique très importante a été soulevée lors du 9ème Forum de Rabat (10-11 juin 2013): «Oui à l’information, à condition qu’elle ne gêne pas le secret d’Etat». Qu’en pensez-vous?

Il est évident que, si on parle du gouvernement ouvert, le citoyen doit pouvoir avoir accès aux informations qui concernent la gestion de l’Etat. Mais s’il est question de sécurité de l’Etat, il faudrait bien sûr prendre quelques précautions. Je pense qu’il faut prendre cette notion avec une certaine sérénité, précaution et intelligence.

Et aussi avec transparence…

Vous savez, la transparence totale et permanente est également difficile à mettre en œuvre, mais elle est souhaitable.

Qu’attendez-vous de cette rencontre africaine sur le gouvernement ouvert?

D’abord, un échange de points de vue et d’expériences et qu’elle propose des recommandations qui donneront lieu à un suivi pour permettre de faire avancer la réflexion sur cette importante question concernant la gouvernance et le gouvernement ouvert.

 

Fondation Hanns Seidel

– Organisme privé d’utilité publique, fondé en 1967.
– Siège: Munich, Allemagne.
– A travers son projet Maghreb, la Fondation est présente dans la région maghrébine depuis 1987.
– Au service de «la démocratie, la paix et le développement » est le symbole de l’action de la Fondation.
– Depuis 1987, près de 3.000 activités ont été organisées dans le cadre du «Projet Maghreb». Y ont pris part quelque 150.000 participants et près de 200 publications ont pu être soutenues.
– Email : hssma@hssma.org
– Sitweb : www.hssma.org

 


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