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Istiqlal Personne ne comprend…

C’est l’un des plus mauvais «feuilletons» qu’il ait été donné aux citoyens marocains de subir…
Depuis deux mois, toute la classe politique et tous les observateurs –nationaux et internationaux- sont suspendus à la décision finale du parti de l’Istiqlal.
Va-t-il réellement se retirer du gouvernement pour rejoindre l’opposition, comme il l’avait annoncé en grande pompe le 11 mai dernier ?
Ou bien, va-t-il amener le PJD (Parti Justice et Développement, islamiste) à faire des concessions telles qu’il devienne possible, à ces deux plus grands partis nationaux, de composer afin de préserver la majorité gouvernementale constituée au lendemain des élections de novembre 2011 ?
Pour tout dire, personne ne comprend plus rien à la (non) décision de l’Istiqlal. Son Secrétaire général, Hamid Chabat, multiplie les sorties médiatiques, les unes plus fracassantes que les autres, parfois contradictoires, chacune d’elles désorientant les Marocains un peu plus.
Aussi, les interprétations des raisons de ce «retrait» qui n’en finit plus, abondent…

Pour les uns, Chabat voulait tout simplement dégommer les ministres istiqlaliens proches du clan El Fassi (qui avaient été nommés avant sa récente arrivée à la tête du parti) pour les remplacer par les hommes de son choix: ceux qui ont soutenu sa candidature et qui lui rendront des comptes à lui. N’ayant pas réussi à se faire entendre du chef de gouvernement, il est allé crescendo dans ses critiques contre ce dernier qui s’entête à l’ignorer… Jusqu’au point de non-retour.
Pour les autres, Chabat est un homme assoiffé de pouvoir qui ne se fixe aucune limite. Après avoir conquis la mairie de Fès, puis le puissant syndicat proche du parti (l’UGTM, Union générale des travailleurs marocains), puis le parti lui-même, il vise le poste de chef de gouvernement. Et pour cela, il a réussi à rassembler autour de lui tous les déçus et oubliés du clan El Fassi –parmi lesquels de grandes compétences- et à libérer, voire débrider, les ambitions de ce parti qui n’accepte pas les seconds rôles.
Pour d’autres, Chabat n’aurait jamais pu aller si loin s’il n’était soutenu, ou même poussé, par ce qu’on appelle au Maroc «Jiha min el jihates» (ce qui veut dire «une partie ou une autre», mais qui désigne généralement un appui fort, proche des hautes sphères de décision). Ce serait notamment «une partie» cherchant la chute des Islamistes qui ne seraient jamais arrivés au pouvoir sans les vents du «Printemps arabe» et qui, depuis, ont chamboulé l’échiquier politique.
Pour d’autres encore, Chabat a peut-être été encouragé à déclarer la guerre au PJD et à son chef –qui est aussi chef de gouvernement- mais donnant toujours dans l’excès, il a chemin faisant dérapé, mettant en fin de compte le Roi dans la situation impossible de choisir entre l’Istiqlal et le PJD.
Pour les derniers, enfin, Chabat et ceux parmi les siens qui le conseillent, se voient remorquer dans une majorité qui doit affronter des temps difficiles où il faudra prendre des mesures impopulaires (notamment réformer la Caisse de compensation, ce qui affectera le pouvoir d’achat des plus pauvres et pourra avoir des effets explosifs) et ils décident de quitter le navire maintenant, laissant le PJD «qui décide seul» assumer seul les conséquences des choix qui auront été faits.
Le plus déroutant dans tout cela, c’est que depuis deux mois que les choses traînent, une décision claire et définitive n’est toujours pas prise. Et le brouillard ne s’éclaircit pas. Au sein même de l’Istiqlal, toutes les voix ne soutiennent pas fermement la sortie vers l’opposition, déclarant seulement qu’elles se soumettront le cas échéant aux décisions du parti et fustigeant le chef de gouvernement, Abdelilah Benkirane, pour son indifférence affichée.
Quant à Abdelilah Benkirane, dont on aurait pu attendre une indication quelconque, il semble lui-même installé dans l’attentisme. Devant ses troupes, le week end dernier (fin juin), il a juste déclaré qu’il était prêt à toutes les éventualités.
Et Tandis que Chabat est reçu par le chef de file de l’USFP, Driss Lachgar, donnant l’impression de préparer son arrivée aux côtés de ce parti, dans l’opposition, un autre parti multiplie les appels pour retenir l’Istiqlal dans la majorité gouvernementale. Le Mouvement Populaire, par la voix de son chef, Mohand Laenser (par ailleurs ministre de l’Intérieur) appelle en effet à préserver la majorité actuelle.
Les autres partis, eux, s’astreignent à un silence inhabituel, ne sachant sans doute pas si la balle est dans le camp de Chabat, de Benkirane, ou ailleurs…
Bref, si l’on ne sait pas de quoi est encore faite aujourd’hui la majorité gouvernementale, on sait encore moins de quoi elle sera faite à la fin de ce feuilleton… D’autant que même si l’Istiqlal quittait réellement le gouvernement, certains de ses ministres pourraient, pour une raison ou une autre, ne pas le faire.
Une chose est sûre, aussi inextricable qu’elle puisse paraître, cette situation devra bien se «normaliser», tôt ou tard. En tout cas, il le faut.

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Un commentaire

  1. hamid Jamal Fihri

    De source de l'”intelligence diplomatique européenne a Rabat ” qui a préféré l’anonymat , la “sortie” de l’ancien réparateur des cycles,chef contesté et contestable du vieux parti de l’Istiklal a la dérive , a était sur ordre des amérloques, transmis via l’Ambassade du Canada !..
    … 8) 😥 !!!???
    – Si ce “SCOOP” se confirme, c’est une belle réussite de “l’intelligence” de l’Oncle Sam au Maroc , a savoir réussir le coup de placer un agent au sommet d’un parti ,historiquement champion toute catégorie du “nationalisme” pur et dur.. 😡 😡 😡 !!!

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