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Grèce-Turquie | Tensions en Méditerranée Orientale

Grèce-Turquie Tensions en Méditerranée Orientale

Les tensions entre la Grèce et la Turquie ne cessent de monter. En cause : le sujet de la délimitation des eaux en mer Égée, dont les deux pays se disputent l’exploitation.

Depuis plus de dix ans en effet, la multiplication des découvertes de gaz naturel dans l’est de la Méditerranée fait craindre des conflits et menace la stabilité régionale, chacun voulant sa part du gâteau…

La situation s’est détériorée lundi 10 août lorsque Ankara a déployé un navire de recherche sismique dans une zone revendiquée par la Grèce et considérée riche en gisements d’hydrocarbures. Malgré la pression exercée par l’Union européenne, et notamment la France, la Turquie entend bien poursuivre ses recherches. Le point sur la situation.

Un sous-sol très riche et très convoité 

Depuis une dizaine d’années, d’importants gisements de gaz naturel ont été découverts dans cette partie orientale de la Méditerranée, au large d’Israël, de la Grèce, de Chypre, de l’Égypte ou encore de la Lybie.

Comme le rappelle le journal le Monde, leur découverte a été possible grâce au développement de la technologie de forages en eau profonde, appelée aussi deep offshore. Cela a permis d’atteindre des zones jusqu’ici inexplorées et de se rendre compte que les ressources gazières de cette région sont similaires à celles de la Norvège, l’un des plus gros producteurs de gaz au monde. 

Un sous-sol extrêmement riche donc, qui attire les convoitises des pays de la région, notamment la Turquie, qui importe massivement du gaz de Russie et qui souhaite trouver des ressources énergétiques moins coûteuses. 

La Turquie en première ligne

Lundi 10 août, Ankara a ainsi envoyé un navire de recherche sismique, l’Oruç Reis, dans une zone revendiquée par la Grèce, suscitant la colère d’Athènes. Le navire était escorté par une douzaine de bateaux militaires. Fin juillet déjà, dix-huit bâtiments de guerre avaient protégé un navire d’exploration gazière turc au large des côtes grecques, rappelle Le Point.

Dimanche, la Turquie a également annoncé vouloir étendre les recherches de son navire de forage Yavuz déployé depuis plusieurs mois au large de Chypre. La marine turque a indiqué qu’elle mènerait ses recherches au sud-ouest de l’île du 18 août au 15 septembre. Nous déconseillons fermement de se rendre dans la zone de recherche, a-t-elle même mis en garde.

Intervention militaire de la France

Face à cette escalade des tensions, l’UE, et particulièrement la France, tentent de faire pression sur la Turquie. Jeudi 13 août, le président Emmanuel Macron a ainsi annoncé un renforcement temporaire de la présence militaire française sur zone.

Deux chasseurs Rafale et deux bâtiments de la Marine nationale ont été déployés en Méditerranée orientale. La France, en particulier, devrait cesser de prendre des mesures qui accentuent les tensions. Ils n’obtiendront rien en se comportant comme des caïds, a aussitôt réagi le chef de la diplomatie turque Mevlüt Cavusoglu.  

L’Union européenne a elle aussi appelé Ankara à cesser immédiatement ses recherches de gisements gaziers en Méditerranée. L’annonce d’Ankara accroît regrettablement les tensions et l’insécurité, a indiqué le chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell, qui appelle les autorités turques à s’engager de bonne foi et totalement dans un large dialogue avec l’Union européenne.  

Nous ne reculerons pas, a prévenu Erdogan

Malgré ces mises en garde, la Turquie entend poursuivre ses recherches. Si le pays a affirmé qu’il ne souhaitait pas une escalade des tensions avec la Grèce, il a toutefois prévenu que les menaces ne le dissuaderont pas de mener des recherches énergétiques. 

Sur cette question, notre pays a entièrement raison et nous allons défendre nos droits en utilisant tous les moyens à notre disposition, a déclaré le président Recep Tayyip Erdogan lors d’un discours retransmis à la télévision. Nous ne reculerons pas devant les sanctions et les menaces, a-t-il ajouté.

Vendredi, les ministres des Affaires étrangères des pays de l’Union européenne se sont réunis pour afficher leur solidarité avec la Grèce, appelant à la désescalade. Josep Borrell a été mandaté pour préparer des mesures adéquates afin de répondre aux défis posés par la Turquie. Il s’est engagé à soumettre différentes options aux ministres lors de leur réunion à Berlin fin août. L’unanimité est requise pour adopter des sanctions.

LR/AFP

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