Formation du gouvernement : Arbitrage royal en vue?

Formation du gouvernement : Arbitrage royal en vue?

Face au blocage que connaissent les négociations pour la formation d’une gouvernementale, le chef de et SG du PJD, Abdelilah Benkirane, ne voit d’autre issue que de s’en remettre au Souverain…

Le chef de et Secrétaire général du va  solliciter un arbitrage royal pour sortir de l’impasse dans laquelle se trouve, depuis plus de cinq mois, le processus des négociations pour la formation de la gouvernementale. Lors d’une récente réunion avec les responsables de son parti, Abdelilah Benkirane a confié qu’il n’attendait plus que le retour du Souverain pour lui présenter son rapport détaillé sur le déroulement du processus des négociations. Après avoir estimé, dans un premier temps, que l’arbitrage royal n’est requis qu’en cas de blocage au niveau des institutions, voilà qu’il reconnaît aujourd’hui que le retard dans la formation du est devenu pesant sur de nombreux secteurs économiques et sociaux. Lors d’une récente réunion avec les membres de l’UNTM, le syndicat du PJD, Abdelilah Benkirane a déclaré: «J’attends le retour de Sa Majesté le Roi pour lui proposer un gouvernement ou l’informer de mon incapacité à en former un». Benkirane a même avoué  qu’il ne pouvait aller plus loin, après avoir accepté la logique de la reconduction de l’ancienne , au lieu de la Koutla et d’intégrer l’UC, au lieu de se contenter d’une à quatre partis.

Les solutions au blocage des négociations

Si Abdelilah Benkirane va jusqu’au bout et demande une audience royale pour annoncer au Souverain son échec, la Constitution offre quatre possibilités. SM le Roi peut reconduite le chef de gouvernement pour de nouvelles négociations, en espérant que Benkirane puisse enfin former son gouvernement. Mais les investisseurs internationaux et les engagements du Royaume à l’échelle continentale et internationale peuvent-ils attendre encore? La deuxième option consiste à choisir une personne autre que le SG du PJD, qui sera chargée par SM le Roi de former le gouvernement. La troisième hypothèse consiste en la désignation d’un nouveau chef de gouvernement issu du parti arrivé deuxième aux élections. Dans ce cas, c’est le PAM qui serait chargé de former la majorité. Cette hypothèse est difficile à réaliser. En effet, les politologues s’accordent à dire qu’en choisissant le PAM, c’est tout le processus démocratique qui serait remis en question, chose que personne ne souhaite. Reste une quatrième issue au blocage. Elle consiste à tenir de nouvelles élections. Mais ce scénario est impossible du fait que le ministère de l’Intérieur a déjà tranché là-dessus en affirmant clairement qu’il n’y aura pas d’élections anticipées. De plus, le PJD peut encore sortir vainqueur de ces élections, ce qui n’aurait contribué qu’à saigner le de l’Etat.

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Selon les spécialistes en questions politiques, il existe une cinquième voie à même de permettre la formation du gouvernement en quelques jours. Ayant déjà appelé à la formation d’un gouvernement fort, solide et solidaire, le Souverain, par le biais du Cabinet royal, peut convaincre les parties prenantes, à leur tête Abdelilah Benkirane, de faire passer les intérêts de la nation avant tout autre calcul ou querelle politicienne.

Lors de son discours prononcé le 6 novembre 2016 depuis la capitale sénégalaise Dakar, à l’occasion du 41ème anniversaire de la Marche Verte, le Souverain a précisé d’un ton ferme que le gouvernement doit se baser sur un programme clair et des priorités définies concernant les questions internes et externes, avec l’ particulièrement. Pour le Souverain, le gouvernement doit être formé de compétences qualifiées, avec des attributions départementales bien définies. Et ce n’est pas en faisant preuve de rigidité que le chef de gouvernement permettra l’éclosion de ces compétences. En tout cas, SM le Roi l’a bien souligné dans son discours de Dakar quand il a précisé que le gouvernement doit répondre à des critères méthodologiques rigoureuses et qu’Il ne tolérera aucune tentative de s’en écarter.

Mohcine Lourhzal

Ce que dit l’article 42 de la Constitution

«Le Roi, Chef de l’Etat, son Représentant suprême, Symbole de l’unité de la Nation, Garant de la pérennité et de la continuité de l’Etat et Arbitre suprême entre ses institutions, veille au respect de la Constitution, au bon fonctionnement des institutions constitutionnelles, à la protection du choix démocratique et des droits et libertés des citoyennes et des citoyens, des collectivités et au respect des engagements internationaux du Royaume. Il est le Garant de l’indépendance du Royaume et de son intégrité territoriale dans ses frontières authentiques».

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