jeudi 20 juin 2019

Viandes rouges : Les spéculateurs sévissent…

Les Casablancais qui se sont rendus, mardi 7 mai (1er Ramadan), aux différents marchés de la capitale économique ont dénoncé la hausse des prix qui a affecté plusieurs produits alimentaires, dont le poisson, les légumes et la viande.

Quatre jours seulement après l’annonce par le ministère de l’Intérieur de mesures fermes, pour suivre les opérations de contrôle de la qualité et des prix des produits de première nécessité durant le mois sacré, les spéculateurs ont sévi dans les marchés, dès le premier jour du Ramadan. Et les commerçants profitent, eux aussi, de ce mois qui connaît une forte demande, pour améliorer leur chiffre d’affaires, en augmentant les prix de certains produits alimentaires.

Plusieurs Casablancais, rencontrés ce mardi 7 mai, se sont plaints de la hausse des prix, notamment des produits de première nécessité. «C’est trop! Dans certains marchés de Casablanca, les prix, c’est du jamais vu! Pour certains produits, les prix affichés sont injustifiés. Ils sont exagérément élevés, surtout pour les gens à faible revenu. Pour une mère de famille, dont le revenu n’atteint même pas le SMIG, il n’est pas possible d’acheter certains produits, comme la viande rouge, à cause de son prix très élevé», lance non sans colère Aïcha, une Casablancaise.  

C’est fini, ce temps où le prix de la viande rouge se situait à seulement 50 DH le kilogramme! Aujourd’hui, dès le premier jour de ce mois sacré, son prix a atteint 90- 95 DH/kg, dans certains quartiers de la ville de Casablanca. A noter qu’à quelques jours du mois sacré, le prix variait entre 75 et 85 DH/kg. La hausse est ainsi de 10 DH par kilo.

Comment expliquer ce renchérissement de la viande rouge? Au moment où des associations de protection des consommateurs expliquent cette flambée des prix par l’avidité de certains commerçants et par la forte demande, des commerçants tiennent, eux, un tout autre langage.

Le prix de la viande a commencé à augmenter bien avant le mois de Ramadan. Déjà en mars dernier, les prix ont connu une flambée importante dans certaines villes du pays, selon une source professionnelle qui a requis l’anonymat. Pour cette même source, cette hausse de prix «est principalement due au fait que certains éleveurs, durant plusieurs mois, ont refusé de vendre leur batail». En effet, ils attendaient le mois de Ramadan pour augmenter leurs prix et vendre à des prix anormalement élevés.  

Pour sa part, le vice-président de l’Association nationale des bouchers (ANB), Taha Chihab, explique cette hausse «d’abord, par la rareté et la cherté de la matière». «On assiste, depuis un certain temps déjà, à un ralentissement de l’activité. La situation des bouchers devient de plus en plus difficile», précise le vice-président. D’ailleurs, dit-il, plus de 30 boucheries ont fermé cette année à Casablanca. C’est dire, pour notre interlocuteur, l’impact de «la crise» touchant le secteur.

Ce qui inquiète aussi notre interlocuteur, c’est un autre sujet qui, selon lui, vient s’ajouter aux problèmes des professionnels. «Des autorisations continuent d’être délivrées pour la réalisation de supermarchés et de grandes surfaces dans la ville de Casablanca», a-t-il souligné.

Naîma Cherii

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