jeudi 23 novembre 2017

Triche au Bac : «Même pas peur !»

Les épreuves du baccalauréat ont eu lieu du 6 au 8 juin 2017. Cette année encore, les tricheurs ont frappé fort, malgré les mesures disciplinaires et les sanctions promises par le ministre de l’Enseignement, Mohamed Hassad.         

Souvenez-vous, à la veille de la session normale des examens du Bac 2017, le ministre de l’Education nationale a menacé d’un air sérieux les fraudeurs aux examens du baccalauréat. Il a promis des sanctions extrêmement sévères contre les lycéens pris en flagrant délit de triche aux examens. «Je conseille aux élèves malintentionnés de mieux préparer leurs examens, au lieu de se retrouver derrière les barreaux», a-t-il martelé devant les conseillers.

Passé ce moment où les élèves malintentionnés se sont crus pris au piège, les adeptes des antisèches ont repris leur chemin vers les professionnels saisonniers, qui se spécialisent durant cette période de l’année en des métiers spécifiques au Bac, comme la miniaturisation des polycopies. Cette technique est encore largement utilisée par les tricheurs au baccalauréat.             

«J’ai triché, Hamdoullah»  

Dès le deuxième jour des examens du baccalauréat 2017, des dizaines de vidéos ont été partagées par un grand nombre d’internautes. Elles ont montré des lycéens s’enorgueillir d’avoir réussi à tricher au bac sans être démasqués. Certains tricheurs ont même avoué avoir eu recours à l’intimidation des surveillants qui, de peur de représailles de la part d’une nouvelle génération d’élèves qui ne respecte plus rien, ni personne, ont préféré fermer les yeux sur le phénomène de la fraude, lequel, selon certains élèves, a battu son plein dans certains lycées. Le défi lancé par un grand nombre de lycéens aux autorités résulte du fait que certaines familles ont abandonné leur devoir d’accompagnement et ne suivent que très rarement l’évolution de leurs enfants, surtout quand il s’agit d’une circonstance importante menant vers l’obtention du baccalauréat, expliquent des  directeurs d’établissements scolaires. Dans une vidéo postée sur le web, montrant des lycéens à la sortie des salles d’examen,  une lycéenne déclare en toute fierté: «J’ai triché, Hamdoullah. Passer son examen en plein Ramadan m’importe peu. L’essentiel est que j’ai réussi à utiliser mes antisèches et que je vais réussir mon bac, si tout va comme je le souhaite».   

«Les profs ont été trop sévères»

Pour d’autres élèves, les enseignants qui ont préparé les épreuves du Bac ont été beaucoup trop sévères, ce qui n’a pas fait l’affaire des cancres et des paresseux. «C’est injuste et intolérable qu’on vienne nous imposer des examens aussi difficiles». C’est en ces termes que s’est exprimé un candidat au Bac à Casablanca, dans une vidéo qu’il a postée sur internet. Le jeune lycéen, qui paraissait désespéré et très incertain de décrocher le précieux sésame, face à l’impossibilité d’utiliser ses antisèches, a ajouté: «La triche existe au bac et existera toujours, quoi qu’ils fassent!». Il s’est même attaqué au ministère de l’Education nationale qui avait menacé de prison les fraudeurs au bac. «Alors, comme ça, ils veulent nous emprisonner. C’est dingue et, de toute façon, c’est sans résultat», a-t-il noté.       

«Annuler le français»   

Enfin, une troisième catégorie de tricheurs au bac impute la responsabilité de leur échec scolaire à la langue française! «Je ne comprends pas pourquoi on étudie le français à Benkirane, pardon, à l’autre qui est venu à sa place, d’annuler le français. S’il n’y avait pas cette langue, on aurait eu le temps d’apprendre et de réviser d’autres matières, comme l’éducation islamique, une matière de Dieu», a-t-il dit sur Facebook, laissant un grand nombre d’observateurs médusés devant le fait qu’un jeune de 18-19 ans ait une telle perception des langues étrangères, dans un Maroc qui prône l’ouverture.    

Selon les sociologues et les pédagogues, les vidéos publiées par les lycéens sur les réseaux sociaux, durant et après les examens du baccalauréat 2017 au Maroc, doivent alerter le gouvernement. Ils estiment que la vraie bombe à retardement est celle qui est en train d’être «fabriquée » à l’intérieur de l’école marocaine. Ils expliquent que le niveau des élèves est tellement bas de nos jours, qu’il faut vraiment s’inquiéter pour l’avenir du pays.  

Mohcine Lourhzal

La triche a baissé, la qualité de l’enseignement aussi

Pas moins de 729 cas de fraude ont été enregistrés durant le premier jour de l’examen national du baccalauréat (session juin 2017), au niveau des différents centres d’examen au Maroc. Le deuxième jour, pas moins de 545 autres cas de triche ont été signalés, a indiqué le ministère de l’Education nationale. Ces chiffres, certes en baisse, montrent, selon nombre de sociologues, que la fraude au Bac a encore de beaux jours devant elle; sachant que cette année, le ministère de Mohamed Hassad a mobilisé 1.431 observateurs au niveau des centres d’examen pour veiller au bon déroulement des épreuves du Bac. Il semble que, selon certains directeurs d’établissements scolaires, le plus gros du travail est à faire au niveau des parents qui ont démissionné de leurs responsabilités, laissant la rue «éduquer», pour nous donner de plus en plus de jeunes insouciants ou délinquants.

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