jeudi 19 octobre 2017

Maroc/Politique : Ilyass El Omari démissionne… Un peu

Ilyas El Omari a présenté ce lundi 7 août 2017 sa démission du poste de Secrétaire général du Parti authenticité et modernité (PAM, dont l’emblème est le tracteur). Poste qu’il occupe depuis janvier 2016. Mais il garde la présidence de la région…

Annoncée par le Bureau politique du parti via un communiqué rendu public dans la soirée du 7 au 8 août 2017, cette démission est le résultat, a d’abord expliqué le BP du parti, d’une mûre réflexion d’El Omari. Selon la même source, la démission d’El Omari du poste de numéro un du parti ne veut en aucun cas dire qu’il renonce à son statut de militant au sein du PAM.

Le BP du PAM agit dans l’urgence et la précipitation

Pris de court, le Bureau politique du PAM a indiqué, dans ce même communiqué, qu’il a été décidé de soumettre la démission du SG du parti à l’avis du Conseil National (CN) du PAM, faisant savoir qu’une réunion s’est tenue lundi 7 août 2017 sous la présidence d’Ilyass El Omari, lors de laquelle un bilan détaillé des réalisations du parti depuis sa création a été présenté ainsi qu’un rapport sur les activités de ses deux groupes parlementaires et de son Instance nationale des élus. Selon le BP du parti, des sanctions seront annoncées contre les parlementaires PAMistes qui ne respectent pas leurs engagements vis-à-vis de leur parti ou qui s’absentent lors des séances parlementaires et des réunions des commissions permanentes.

Ilyass El Omari s’explique…

Mais les explications du principal intéressé n’ont pas tardé à suivre. Ilyass El Omari a donné une conférence de presse dès le lendemain, mardi 8 août 2017, au siège du PAM à Rabat. Très attendue, cette conférence -annoncée par le Bureau politique- a été l’occasion pour le SG du parti d’expliquer les raisons qui l’ont poussé à claquer la porte (sa démission attend néanmoins la validation du Conseil national du PAM). Selon El Omari, c’est une décision indépendante qu’il a prise après mûre réflexion. Et El Omari d’expliquer: «Ma démission est justifiée par le bilan du parti portant sur les dernières échéances électorales et au niveau des régions». Cette explication qui n’a pas convaincu grand monde lors de cette conférence de presse, est perçue par des observateurs de la scène politique et partisane marocaine comme un aveu d’échec dans la gestion de la crise d’Al Hoceima. C’est ce qu’explique par exemple le politologue Abderrahim Manar Slimi. Selon lui, «les manifestations qui ont secoué la ville d’Al Hoceima et la région du Rif pendant plusieurs mois et dont El Omari préside le Conseil de la région n’ont pas du tout facilité la tâche à El Omari qui s’est retrouvé du jour au lendemain dans l’œil du cyclone à cause de son inertie pour un retour au calme dans la ville et sa région. Slimi ajoute que la situation s’est tellement détériorée que la plus haute autorité de l’Etat, SM le Roi Mohammed VI, a prononcé un discours sévère adressé aux responsables politiques sans exception. La même source rappelle le passage du discours royal dans lequel le Souverain a appelé les responsables et élus locaux à honorer leurs engagements vis-à-vis du peuple et de la patrie ou à dégager, se retirer de la scène et donner l’occasion aux hommes et aux femmes de ce pays de passer à l’action. D’autres politologues et observateurs de la scène politique marocaine affirment qu’Ilyass El Omari a enfin compris qu’il ne dispose pas des atouts ni de la carrure politique qui lui permettraient d’être l’homme de la circonstance et que son parti, le PAM, n’est pas promis à des jours meilleurs comme le croyaient El Omari et ses sympathisants.

El Omari adepte de la langue de bois 

Le SG du PAM n’adhère pas aux analyses des politologues. Interrogé lors de la conférence de presse de ce 8 août 2017 à Rabat, il a affirmé  que sa démission et les évènements d’Al Hoceima sont deux choses différentes et distinctes. Selon lui, «il faut assumer les  conséquences des échecs du parti et donner l’exemple au sein de sa formation politique ». Ilyass El Omari dont les propos qu’il a tenus lors de la conférence de presse, ne se sont pas éloignés de ce qui a été diffusé dans le communiqué du PAM, a rappelé que sa démission n’est que le début d’un processus qui, selon ses dires, consacrera le principe de reddition des comptes au sein du parti du tracteur. 

La question qui s’est aussi posée était de savoir si le retrait d’El Omari du PAM était une décision tactique visant à assoir davantage sa position à la tête du parti ? D’après El Omari, sa démission est irrévocable. Mais il affirme qu’il restera au service du parti en tant que militant, de même qu’il gardera la présidence de la région du Nord à laquelle, insiste-t-il, il a été élu et qu’il n’est pas question qu’il abandonne à l’heure actuelle. 

Mohcine Lourhzal

Voir aussi

Maroc/Croissance économique : Le yo-yo que décrit Jouahri

Croissance économique, inflation, déficit… Tout a été passé en revue par Abdellatif Jouahri, wali de …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Inscrivez-vous gratuitement à la newsletter du Reporter

Pour recevoir les dernières actualités et mises à jour de notre équipe.

Félicitations vous êtes bien inscrit(e) !

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer des services, contenus ou publicités adaptés selon vos centres d'intérêts. En savoir plus.