
Les travaux du segment ministériel de la Conférence des ministres africains des finances, de la planification et du développement économique (COM 2026) se sont ouverts, jeudi à Tanger, avec la participation de plusieurs ministres, responsables gouvernementaux et experts issus de différents pays du continent.
Organisée dans le cadre de la 58e session de la Commission économique pour l’Afrique des Nations Unies (CEA-ONU), sous le thème “Croissance par l’innovation : exploiter les données et les technologies de pointe au service de la transformation économique de l’Afrique”, cette Conférence constitue une plateforme d’échange sur les moyens de promouvoir une croissance inclusive et durable dans le continent, à travers l’innovation et la digitalisation.
S’exprimant à cette occasion, la ministre de l’Economie et des Finances, Nadia Fettah, a mis l’accent sur l’importance accordée par le Maroc au renforcement des relations de coopération et de partenariat avec l’Afrique et ce, conformément à la vision éclairée de SM le Roi Mohammed VI.
Elle a, par ailleurs, félicité la CEA pour le choix et la pertinence de la thématique de cette Conférence des ministres, rappelant dans ce sens que la technologie et l’innovation sont désormais considérées comme des moteurs de la transformation économique dans plusieurs pays.
Elle a, à cet égard, mis en exergue le potentiel stratégique des révolutions technologiques, soulignant qu’elles représentent une opportunité pour stimuler une croissance durable, inclusive et créatrice d’emploi, tout en renforçant la compétitivité des économies africaines et leur insertion dans l’économie mondiale.
Revenant sur l’expérience du Maroc, la ministre a mis l’accent sur les investissements significatifs réalisés dans le domaine des infrastructures numériques et les stratégies ambitieuses lancées, visant à accélérer la transformation digitale du Royaume, notamment, à travers la généralisation de l’accès au haut débit, le développement de l’administration électronique, le renforcement des compétences digitales et de l’employabilité des jeunes, ainsi que le soutien à l’émergence d’écosystème numériques dynamiques.
Elle a, en outre, souligné l’importance de la convergence des efforts, la mutualisation des ressources, le partage des expériences et la coordination des actions, entre les pays africains, pour la réussite de la transition de leurs économies, en faisant de l’innovation et de la technologie des leviers de croissance durable, inclusive et génératrice d’emploi au profit de leurs populations.
Quant au Secrétaire général adjoint de l’ONU et Secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), Claver Gatete, il a souligné que la croissance africaine, bien qu’encourageante, ne saurait produire ses effets sans une véritable transformation structurelle, appelant ainsi à des politiques macroéconomiques mieux alignées sur les objectifs de développement, ainsi qu’à une amélioration de la qualité de l’investissement afin de soutenir la productivité, la diversification et la résilience des économies africaines.
Par ailleurs, le président de la Commission de l’Union Africaine (CUA), Mahmoud Ali Youssouf, a affirmé que, face aux chocs externes et aux contraintes de financement international, l’innovation ne constitue plus une option mais une nécessité, appelant, dans ce sens, les Etats membres à accélérer les réformes et les investissements pour faire des technologies de pointe un levier essentiel de croissance, de résilience et d’intégration économique, conformément aux objectifs de l’Agenda 2063.
Dans une vidéo projetée à cette occasion, la présidente de l’Assemblée générale des Nations unies, Annalena Baerbock, a relevé que l’Afrique n’est plus dans une logique d’adoption, mais participe désormais à la conception des innovations numériques, mettant en avant trois priorités pour accompagner cette transition, à savoir l’investissement dans les infrastructures numériques, les compétences et l’intégration régionale afin de favoriser un marché unifié, une gouvernance efficace des données garantissant une innovation responsable et inclusive, ainsi que le renforcement des partenariats internationaux et multilatéraux pour soutenir le transfert de technologies et la réduction de la fracture numérique.
En outre, dans une intervention par visioconférence, la directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Ngozi Okonjo-Iweala, a relevé que malgré les incertitudes, les échanges mondiaux demeurent résilients et que l’Afrique enregistre même des performances positives en matière de croissance de ses exportations de biens et de services, appelant ainsi à rendre les règles commerciales plus équitables et plus inclusives pour les pays en développement, y compris ceux du continent africain, et à accélérer les réformes pour permettre au continent de mieux bénéficier du système commercial mondial.
Il est à rappeler que la Conférence des ministres africains des finances, de la planification et du développement économique (COM 2026) a débuté par les travaux du comité d’experts de la Conférence (28-30 mars), des événements parallèles (31 mars et 1er avril), avant la tenue du segment ministériel (2 et 3 avril).
Tout au long de la Conférence, les ministres, les gouverneurs des banques centrales, les décideurs politiques, les dirigeants du secteur privé et les partenaires au développement analyseront comment les technologies de pointe, notamment l’Intelligence artificielle, les infrastructures publiques numériques et les systèmes de données avancés, peuvent stimuler la productivité, la diversification économique et la transformation structurelle des économies africaines.
Les discussions aboutiront à des recommandations ministérielles sur la souveraineté numérique, la gouvernance des données, la croissance tirée par l’innovation et l’investissement dans les infrastructures numériques et énergétiques.
LR/MAP
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