lundi 18 décembre 2017

Industry Meeting Day : Où en est l’industrie marocaine?

Dans le cadre de la dynamique que connaît le secteur industriel marocain, Casablanca a abrité la première rencontre d’affaires industrielle «Industry Meeting Day» organisée sous le thème «L’industrie marocaine, entre enjeux et défis».

Tenu sous l’égide du ministère de l’Industrie, du commerce, de l’investissement et de l’économie numérique, en partenariat avec des associations et fédérations professionnelles opérant dans le secteur industriel, cet événement a été organisé par «Industrie Maroc Magazine» et a drainé, pour sa première édition, près de 400 participants, en plus d’une plateforme B to B dédiée aux rencontres professionnelles.
Le secteur industriel marocain s’est engagé dans une vaste dynamique de croissance. C’est dans cette lignée que s’inscrit le Plan d’Accélération Industrielle (2014-2020) qui vise à faire de l’industrie marocaine un levier majeur de croissance. Ainsi, cette nouvelle stratégie assigne au secteur industriel des objectifs importants pour 2020, comme la création d’un demi-million d’emplois ou encore l’accroissement de la part industrielle dans le PIB de 9 points.
Dans ce sens, le Maroc est en train de devenir une réelle plateforme industrielle et l’objectif de cette manifestation est de créer une plateforme exceptionnelle de débat et de réflexion autour des défis économiques et industriels du Royaume, et également de tracer les tendances industrielles et technologiques du Maroc de demain.

Outre le fait que cette 1ère édition d’Industry Meeting Day Morocco a ouvert des perspectives d’échanges pour une meilleure réflexion sur les potentialités, elle a également été l’occasion, pour Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie, de l’investissement, du commerce et de l’économie numérique, qui mise sur son Plan d’accélération industrielle pour  faire de l’industrie un pilier de la croissance, de dresser un état des lieux et un bilan d’étape du PAI lancé il y a trois ans déjà.

Pour Moulay Hafid, il est  toujours passionnant de débattre autour de l’avenir de l’industrie au Maroc. Un secteur qui a souffert d’une perte de confiance au point que la question de la ré-industrialisation du pays est devenue de plus en plus problématique. Il fallait donc attendre le Plan d’accélération industrielle (PAI) a-t-il relevé.

Un plan porté  par un ministre qui ne cache plus sa détermination ni son engagement pour un vrai décollage des secteurs industriels afin de réaliser, voire dépasser les objectifs du Plan 2014-2020.

Un bilan d’étape satisfaisant

En effet, et conscient des défis qui restent à relever, Elalamy qui a énuméré les points forts du pays –notamment, la stabilité et la sécurité du pays et sa situation géographique qui est un véritable capital immatériel fort, ainsi que la jeunesse qui est aussi un patrimoine important- a passé en revue les réalisations de la politique marocaine de promotion de l’industrie. Le ministre n’a toutefois pas fait  l’impasse sur les faiblesses. Il a relevé la formation des ressources humaines dans certains secteurs qui ont perdu de leur éclat au fil du temps. Il a aussi parlé du risque de perte de confiance face aux difficultés de parcours. La création d’emplois est aussi un casse-tête inhérent à tout programme industriel, car il faut que les investissements autant publics que privés dans le secteur se traduisent par un nombre satisfaisant de postes d’emploi créés. La création d’emplois qui demeure, selon le ministre, un grand défi. 
Le Maroc s’est fait titiller à ce propos par le dernier rapport de la Banque mondiale. Mais il faut savoir que ce que le Maroc gagne en intégration industrielle, sans prétendre compenser l’impératif de création d’emplois, profite au pays à moyen et à long termes. Notamment, en impact positif sur la balance commerciale. A ce propos le ministre a noté que «le Maroc avait besoin d’1,3 million de postes d’emploi industriels sur 10 ans et ceci à partir de 2014, année de lancement du PAI. Décision a été prise et les moyens requis mis en exécution pour créer 500.000 emplois à l’horizon 2020. C’est un objectif ambitieux sachant que seulement 75.000 emplois ont été créés dans le secteur sur les 20 dernières années. Cette volonté est en harmonie avec l’objectif de porter la part de l’industrie dans le PIB national de 14 à 23% en 2020. Elalamy a indiqué à ce propos que depuis 2014, en trois années seulement, 45 écosystèmes ont été mis en place dans 12 secteurs industriels».

Le secteur de l’automobile a joué le rôle de locomotive puisqu’il était le premier à se lancer dans l’expérience des écosystèmes. Résultat, souligne Moulay Hafid «l’automobile est depuis trois années, le premier secteur exportateur au Maroc avec 60 MMDH et un objectif tranquillement réalisable de doubler cette performance en 2020, pour atteindre 120 MMDH». Or, le plus important, c’est le taux d’intégration soutiré après d’âpres négociations menées avec brio par le ministre de tutelle: 65% avec Renault et 2 MMDH d’achat de pièces au Maroc combiné à 1 MMDH d’achat à travers PSA. Ce dernier a mis en place au Maroc un centre de recherche avec une capacité de 1.500 ingénieurs et la possibilité de doubler cet effectif.

Le Maroc est également devenu une destination de choix pour le secteur de l’aéronautique avec des noms à forte résonance comme Boeing, Airbus et, avant eux, Bombardier. Et pour marquer davantage cette politique volontariste de faire de l’industrie une locomotive pour l’économie, le ministre a annoncé que le PLF 2017 «prévoit l’exonération de l’IS pendant 5 ans au profit des industries naissantes, abstraction faite de leur taille». Cela va de soit pour le statut de l’exportateur indirect qui donne accès à des exonérations fiscales. Par ailleurs, le ministre a exhorté les acteurs économiques à l’élaboration de la nouvelle charte de l’investissement qui offre un appui différencié en fonction des régions. Dans ce sens, il va falloir intensifier la communication avec les fédérations industrielles pour redonner goût à l’investissement dans le secteur industriel.

L’Inde, un modèle qui séduit

A l’occasion de   la 1ère édition d’IMD, le modèle industriel indien était à l’honneur avec la présence effective de Nirmala Sitharaman, ministre d’État pour le commerce et l’industrie de l’Inde. Ce modèle indien séduit aujourd’hui, à plus d’un égard surtout que ce pays a pris une sacrée longueur d’avance en matière d’intégration digitale, comme en matière de NTIC.

Elalamy a, dans ce sens mis l’accent sur la révolution digitale que le Maroc doit entamer. Il a ainsi estimé qu’à ce niveau, l’Inde s’avère un modèle d’inspiration car ce pays a réussi à mettre en place une technologie novatrice qui a permis de connecter le citoyen avec tous les services administratifs et banquiers grâce au digital. A  lui seul, le secteur du digital emploie plus de 17 millions de personnes.

Selon la ministre indienne du Commerce et de l’industrie, Nirmala Sitharaman, la révolution digitale a permis de couvrir 90% de la population. À partir du 1er juin prochain, chaque citoyen indien disposera d’une sorte de numéro d’immatriculation qui lui permettra, par le biais de son smartphone par exemple, de payer, faire des transferts d’argent ou demander des documents administratifs. Le tout dans une seule et unique plateforme.

H.D

Production industrielle

Sous le signe de la Progression

En avril 2017, l’activité industrielle a connu une progression dans l’ensemble des branches d’activité, à l’exception du textile et cuir où elle aurait connu une stagnation. Bank Al Maghrib (BAM), relève une progression de la production avec un Taux d’Utilisation des Capacités (TUC) qui se serait situé à 64%. Concernant le TUC, il se serait établi à 72% dans l’agroalimentaire, à 71% dans le textile et cuir, à 57% dans la chimie et parachimie, à 67% dans la mécanique et métallurgie et à 83% dans l’électrique et électronique. Pour les ventes, elles auraient augmenté dans la chimie et parachimie et dans la mécanique et métallurgie, reculé dans le textile et cuir et dans l’électrique et électronique et stagné dans l’agroalimentaire. S’agissant des commandes, elles auraient connu une progression recouvrant une hausse dans l’agroalimentaire et dans la chimie et parachimie et une stabilisation dans la mécanique et métallurgie. Pour les trois prochains mois, les industriels s’attendent globalement à un accroissement de la production et des ventes.

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