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Vacances : Comment s’y prennent les Marocains ?

Les Marocains sont de plus en plus nombreux à prendre régulièrement leurs vacances, alors qu’un nombre important de gens affirment n’avoir jamais eu l’occasion d’en profiter. Le genre de voyage choisi dépend de la situation financière de chacun. Les uns optent pour le voyage à l’intérieur du Maroc et les autres s’offrent la possibilité de découvrir d’autres pays.
Le Reporter a mené une petite enquête auprès de quelques personnes, laquelle a révélé bien des choses…

Vacances au Maroc

Faute de moyens, les Marocains sont très nombreux à opter pour le voyage à l’intérieur du Maroc. La nature de notre pays est très belle et diversifiée: désert, montagnes, campagnes, vallées et mers. Le pays a beaucoup de choses à leur offrir, autant qu’aux étrangers. Il faut juste savoir comment en profiter.

Pour passer quelques séjours dans l’un de ces endroits, les Marocains choisissent soit l’hôtel, soit l’appartement loué, ou les campings internationaux. Mais il n’y a pas que cela. Les familles peuvent aussi loger chez d’autres membres de leur famille ou chez des amis. Les jeunes préfèrent quant à eux les campings sauvages où ils dressent leur tente, pour vivre dans la nature.
D’autres, par contre, ont les moyens de s’offrir des voyages de luxe à l’étranger. Ils ont le choix entre la croisière, le voyage organisé et la visite à des membres de la famille ou à des amis. Les plus riches, eux, passent leurs vacances dans leurs résidences à l’étranger.
Il faudrait aussi souligner qu’une partie importante de la population ne voyage pas, car ses moyens ne lui permettent pas de s’offrir ce plaisir. «Je n’ai pas les moyens pour voyager. Pour moi, le voyage est un luxe. En plus, je suis très casanière. Et puis, les occasions qui m’ont permis de quitter ma ville étaient très rares et c’était uniquement à l’occasion du mariage de certains membres de la famille ou du décès d’un des proches-parents», confie Najia, femme au foyer.

Réduire les charges d’hébergement

Le séjour dans n’importe quelle ville ou région marocaine a un coût. Les gens s’ingénient à réduire le montant de la facture pour qu’il soit abordable. Ils louent des appartements pour leur famille à des prix considérés raisonnables. «Nos moyens financiers sont limités. Nous devons penser chaque fois à la façon idéale pour faire profiter au maximum nos enfants de leurs vacances. Ma femme et moi sommes très économes. Nous serrons la ceinture durant toute l’année pour faire de l’épargne et nous y parvenons. Nous visitons chaque année une région de notre pays. L’année dernière, nous avons visité Ouarzazate et les régions avoisinantes. Nous avons loué un appartement pendant une dizaine de jours et profité pleinement de la beauté de ces lieux», souligne Ali, fonctionnaire et père de deux enfants.
D’autres personnes ne veulent pas se priver du plaisir de voyager. Elles se partagent les charges. Plusieurs familles occupent un même appartement loué à cette occasion et partagent les frais communs. «Nous sommes trois familles à voyager ensemble. Chaque année, nous nous concertons et choisissons une destination dans notre pays. Nous louons un appartement meublé ou même une villa meublée. Nous nous rendons surtout dans les villes côtières. Nous avons choisi cette fois-ci le sud. Nous allons loger à Agadir et, comme chaque fois, nous allons visiter les régions avoisinantes. En gros, nous passons de bons moments et ça ne revient pas trop cher», assure Hassan, père de famille.
D’autres personnes sont encore plus avantagées parce que les sociétés qui les emploient possèdent des bungalows dans plusieurs villes du Maroc et en font profiter leurs employés. Mohammed en est un. «La structure dans laquelle je travaille possède des bungalows dans différentes villes du Maroc. On a le choix entre Asilah, Al Jadida, Ifrane et d’autres régions, ce qui est une bonne chose. Plus que cela, je pars avec ma belle-famille, ce qui veut dire que les charges sont réduites. Nous profitons pleinement de la beauté de ces villes et de leurs plages», raconte Mohammed.
D’autres familles de milieux modestes, pour que leurs vacances leur reviennent le moins cher possible, séjournent chez des parents ou des proches. Cette méthode reste pour elles la façon idéale de réduction des charges. Car ce qui compte, en général, c’est de changer d’air et surtout de «casser» la routine.

Camping sauvage ou dépaysement

Les jeunes Marocains sont pour la liberté. Ils préfèrent voyager en groupes d’amis. Adnane, un jeune informaticien qui aime la pêche, se rend chaque année, avec ses amis, au sud du Maroc. «Le sud de notre pays regorge de richesses halieutiques énormes. Et comme nous aimons pêcher à la canne à pêche, il n’y a que le sud comme endroit idéal pour nous adonner à notre loisir préféré. Nous passons de 7 à 10 jours au village de Mirleft. C’est un bel endroit Nous nous y rendons chaque année et nous ne nous sommes jamais ennuyés», relève Adnane.
Les randonneurs, eux aussi, sont pour plus de contacts avec la nature. Ils aiment pratiquer ce sport plusieurs fois dans l’année. En plus des week-ends organisés, ils organisent des sorties en groupe lors de leurs vacances. Nadir, membre d’une association de randonneurs, a pris l’habitude de faire ses promenades dans les montagnes de l’Atlas. «Marcher pour traverser l’Atlas reste une expérience extraordinaire. Il nous arrive souvent de planter nos tentes dans la nature, comme il nous arrive d’être hébergés par des gens ou dans les maisons d’hôtes. Cela nous revient moins cher. Mais le plaisir récolté, suite à ce genre d’aventure, est indescriptible», confie-t-il.

Le camping international, un beau cadre
 

Le camping au Maroc est une expérience unique, vu la diversité de sa nature. Les campings permettent une proximité avec la plage et la nature, sauvage et tranquille, ainsi qu’un contact chaleureux avec la population locale. En plus des étrangers, les Marocains sont de plus en plus nombreux à opter pour ce genre de vacances. «La plupart des campings proposent un hébergement en bungalow, dans des chambres de motel, sous la tente traditionnelle ou dans des emplacements réservés aux caravanes ou aux camping-cars. Les jours qu’on passe dans ces endroits sont généralement très agréables. Chaque année, nous réservons des chambres de motel à des prix abordables dans un camping de Mohammedia, nous sommes des habitués de cet endroit. Le camping est doté de douches, d’un café, d’un restaurant et d’une salle de jeux. Il est à proximité de la plage. On économise ainsi une importante somme d’argent pour faire plaisir aux enfants. Rien n’est donné, mais l’ambiance qui y règne est très sympathique et ça vaut la peine de la vivre», lance Abdeslam, père de famille.

L’hôtel, un refuge pour la classe moyenne et les personnes aisées

Les hôtels offrent un cadre idéal pour ceux qui veulent décompresser et passer de bons moments. Les Marocains issus des classes moyennes et de milieux aisés sont de plus en plus nombreux à habiter dans des hôtels très bien classés. La preuve en est que le tourisme national en 2012 a été sauvé par le tourisme interne. «Les promotions et les deals ont encouragé les gens à passer leurs vacances dans les hôtels. Personnellement, je préfère passer mes vacances dans des hôtels de quatre ou cinq étoiles. Les hôtels situés dans les grandes villes offrent des prestations de qualité. Et ce sont ces prestations et le bon accueil qui me poussent à choisir ces hôtels. Chaque été, ma famille et moi n’y passons pas moins de 10 jours. Il nous arrive aussi d’y passer quelques week-ends durant l’année», confie Redouane, père d’un enfant.
«L’été, j’aime me prélasser près de la piscine, tandis que mes ”puces” y pataugent. Les enfants sont tout le temps en sécurité. Ensuite, les prestations de nos hôtels, surtout dans les grandes villes, sont pratiquement irréprochables. On est satisfait à chaque fois. Il nous arrive souvent de voyager à l’étranger et de passer de bons moments», reconnaît Nadia, mère de deux filles.

Voyage à l’étranger, ce n’est pas à la portée de tout le monde

Le voyage permet aussi de découvrir d’autres civilisations, mais nécessite un budget important. Salwa, une fille issue d’une famille nantie, a les moyens de voyager dans plusieurs pays. Elle a connu de beaux moments à l’étranger. «Un voyage à l’étranger, ça s’organise. Les agences de voyages spécialisées dans l’organisation de vacances en groupe varient leurs offres concernant les séjours courts ou un peu longs à l’étranger. J’avais visité plusieurs villes européennes et j’y ai passé d’agréables moments. Je profitais de ces séjours pour faire du shopping. Quand il s’agit de voyages organisés, je préfère les faire en groupe et respecter le programme proposé par l’agence. Mais quand je pars à l’étranger sans que je fasse intervenir une agence de voyage, je prends un bon hôtel comme d’habitude et je profite au maximum de mon séjour. Il m’est aussi arrivé de faire des croisières. Là, c’est le top: l’ambiance est formidable mais, le plus important, c’est le contact avec les gens; c’est très fort», témoigne Salwa.
Karima, une jeune fille de la classe moyenne, aime aussi voyager. «Je fais des économies durant toute l’année pour m’offrir d’agréables moments. J’avais visité l’Egypte, la Turquie, la France, le Portugal, l’Espagne et la Tunisie. Les voyages font beaucoup de choses pour n’importe quelle personne et forment la jeunesse. Il suffit d’être organisé pour arriver à ses fins», raconte Karima.
Adil et Fatima Ezzahra, parents de deux filles, s’organisent toujours pour s’offrir des voyages à l’étranger. «Cela fait des années que nous voyageons à l’intérieur du pays. Chaque année, on visite une région. On loue un appartement meublé ou une villa. On va aussi dans des hôtels. En gros, on y passe de très bons moments. Mais, il y a à peine trois ans, nous avons décidé de passer nos vacances à l’étranger et cela a fait plaisir à nos deux filles. Donc, on passe une moyenne de 10 jours entre l’Espagne, la France et la Belgique et parfois même la Hollande. Nous prenons notre voiture pour nous déplacer. Le budget qu’on consacre à chaque voyage est certes important. On passe nos nuits dans des hôtels, des auberges et, parfois, chez des amis ou quelques membres de la famille à l’étranger. Assurément, nous profitons pleinement de notre voyage. Nous faisons même du shopping et achetons des cadeaux pour la famille. Le résultat est toujours agréable: nous rentrons chez nous pleins de forces», relate Fatima Ezzahra.

Maroc-Tourisme

 

A peine 14% des nationaux séjournent dans les hôtels classés
En 2004, sur les 13,16 millions de nuitées réalisées dans les établissements d’hébergement classés (EHTC), 2,85 millions ont été générées par les touristes résidents, soit 21,7%. En 2010, cette part est passée à 22,5%, soit 4 millions de nuitées sur les 18 millions réalisées cette année. En 2011, on approchait les 4,5 millions de nuitées pour les résidents, soit 26,3%, et ce, malgré le repli du nombre de nuitées total qui s’est élevé à 16,8 millions. Cette évolution montre que le tourisme intérieur est en pleine expansion. En 2011, près de la moitié des nuitées sont le fait de Marrakech et d’Agadir avec respectivement 29% et 18%. Elles sont suivies de Casablanca (11%) et de Tanger (9%). Le reste est réparti entre les autres régions. Fait intéressant: 65% des voyages de vacances se font en groupe (familles et amis) avec une forte concentration en été et durant les week-ends, soit 40% du total. A peine 14% des Marocains sont hébergés dans les EHTC et 73% vont chez la famille ou en hébergement informel. Pour le transport, c’est la voiture personnelle qui prédomine chez les ménages à revenus confortables (63%) et l’autocar chez les catégories à faible revenu (56%).

 

Le PIB touristique sauvé par les Marocains

 

La consommation du tourisme local et émetteur a cru de 9,1% en 2011, à 26,1 milliards de DH. Celle du tourisme récepteur, y compris les MRE, n’a augmenté que de 4,5%. Dans l’absolu, ce sont les visiteurs, résidents ou non, qui ont quelque peu amélioré la contribution au PIB. Malgré une conjoncture difficile, les indicateurs du tourisme n’ont pas été impactés outre mesure. Les données du HCP sur le compte satellite au titre de l’année 2011 font état d’une hausse de 5,7% de la consommation intérieure du secteur à 94,8 milliards de DH. Cette évolution renferme bien évidemment des disparités entre le tourisme récepteur (visiteurs étrangers, y compris les MRE) et celui interne et émetteur. Quand le dernier produit a augmenté de 9,1%, le premier n’a évolué que de 4,5%. Cependant, la contribution au PIB s’est située au même niveau qu’en 2009, soit 7,1%. Ceci résulte d’une amélioration du PIB touristique de 1,3% à 56,7 milliards de DH. Mais dans l’absolu, les hausses de consommation et de la contribution au PIB sont à attribuer pour l’essentiel aux MRE et au tourisme local et émetteur. Les données de l’Observatoire national du tourisme relèvent que «les grands tours opérateurs européens ont connu une saison dramatique avec un recul de 28% du chiffre d’affaires sur le Maroc, la Tunisie (40%) et l’Egypte (42%). La montée d’Internet a eu un impact sur les nuitées qui profitent de plus en plus aux maisons d’hôtes et autres gîtes. La consommation du tourisme interne et émetteur a porté sur 26,1 milliards de DH. Il s’agit de touristes nationaux séjournant en dehors de leur résidence et des voyageurs qui partent à l’étranger. Les dépenses prises en compte sont celles réalisées au Maroc au titre des frais de transport.
Les statistiques de l’Observatoire, ne précisent pas le nombre des arrivées des MRE, mais donnent des indications sur la part des nuitées dans les hôtels classés, les maisons d’hôtes et autres gîtes, sans distinguer toutefois entre les MRE et les touristes nationaux. En 2011, Ils ont représenté 12% des séjours dans les hôtels, 5% dans les maisons d’hôtes et autant dans les gîtes. Cependant, plus de 65% ont séjourné dans des maisons familiales et le reste dans des résidences secondaires. Quoi qu’il en soit, la consommation du tourisme récepteur (étrangers et MRE) a porté sur 68,7 milliards de DH en 2011, contre 65,8 milliards l’année d’avant. Mais la part de la valeur ajoutée globale dans l’économie nationale s’est inscrite en baisse après avoir enregistré une forte hausse de 8,9% en 2010.



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