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Tourisme | Le tourisme interne pourra-t-il sauver le secteur ?

Tourisme | Le tourisme interne pourra-t-il sauver le secteur ?

L’absence des touristes étrangers pèse lourd sur les professionnels du tourisme. Pour les hôteliers, qui ont cessé leur activité depuis le début de la crise de Coronavirus, c’est un coup dur. Dans les villes touristiques du royaume, ces établissements ont perdu plus de 70% de leur chiffre d’affaires. La clientèle locale pourrait-elle peut-être sauver le mois d’août?

Alors que le Maroc se remet progressivement en mouvement après un confinement de trois mois, la capitale touristique de Marrakech– encore soumise aux restrictions- s’apprête à passer une saison touristique très difficile. La ville ocre est à la peine: les restaurants sont fermés, les hôtels tournent à vide alors, les transporteurs touristiques guettent des clients qui ne viennent jamais.

Dans d’autres villes touristiques, déjà sorties du confinement, les professionnels du tourisme se disent inquiets et attendent aussi des jours meilleurs.

Etat des lieux à la deuxième semaine de la sortie du confinement qui a stoppé net le secteur touristique. «Les hôtels sont toujours déserts et espèrent un avenir meilleur», souligne un professionnel à Agadir. Pour ce dernier, il est encore trop  tôt pour parler de reprise. D’ailleurs, dit-il, tous les hôtels ne sont pas encore ouverts. Dans un hôtel, 70 % d’occupation pour l’été, fonctionne d’ordinaire grâce à une clientèle majoritairement internationale. Fermé plus de trois mois, cet hôtelier a rouvert fin juin. 
«Le niveau de réservation n’est pas encore à la hauteur des espérances. Depuis le dé-confinement, nous avons reçu très peu de clients marocains», affirme un autre hôtelier à Agadir. Dans de nombreux hôtels, dit-il, «il est difficile de prédire comment cela va se passer, mais les touristes étrangers seront peu nombreux».
Pour ces professionnels, «La relance dépendra de la réouverture rapide des frontières». Mais, disent-ils, «il est clair que nous n’allons pas avoir le même le rythme de 2019. Ce rythme, nous allons le retrouver d’ici 4 à 5 ans».
Comment relancer le tourisme après la crise ? Pour l’heure, il n’y a encore aucune visibilité pour les opérateurs du secteur approchés par Le Reporter.

Pour le président du Conseil régional du tourisme de Marrakech, Hamid Bentahar, le salut ne viendra que de la réouverture des frontières. «Les professionnels attendent avec impatience l’annonce de la décision de l’ouverture des frontières. Car tant que les frontières ne sont pas ouvertes, globalement ça va être très difficile pour relancer le secteur en général. Sachant que même avec l’ouverture des frontières, il faudra d’abord qu’on retrouve le niveau d’activité d’avant, le plus rapidement possible», explique Hamid Bentahar.

On attend aussi, poursuit-il, les actions qui devraient être annoncées d’ici quelques jours pour aider le secteur à redémarrer. Pour lui, cela dépendra surtout des actions qui vont être mises en œuvre pour retrouver l’activité. «On doit mettre en place les mesures qu’il faut rapidement. Car chaque jour qui passe est perdu. En ce qui concerne la saison d’été, si on ne donne pas de visibilité aux compagnies aériennes, ça va être difficile pour ces compagnies. Et même pour la saison d’hiver, elles ont besoin de visibilité. Or pour l’instant on ne l’a pas encore, cette visibilité», soutient le président du CRT de Marrakech.

Cette ville touristique –encore soumise à des restrictions se prépare à un été plus que maussade. Depuis quelques semaines, les restaurants de la célèbre place Jamaa El Fna de Marrakech, classée au patrimoine de l’Unesco, font peau neuve. Ils présentent tous le même habillage ocre, couleur de la capitale touristique dont le cœur touristique a été rénové pour répondre aux normes internationales. Mais, en ces temps de Coronavirus, «la situation dans cette ville est encore plus difficile que dans d’autres villes touristiques», s’inquiète Bentahar.

Selon ce dernier, après la crise de Coronavirus, la concurrence sera rude. «Il va y avoir une période très compliquée. C’est pour cela qu’il faut agir rapidement en mettant en place des mesures pour pouvoir retrouver un niveau d’activité dans deux ou trois ans», insiste le président du CRT.

Privés des touristes étrangers, les professionnels du tourisme marocains tablent sur une fréquentation morose, mais ils souhaitent compenser par des touristes nationaux. La clientèle n’aura rien à voir avec celle des années précédentes, souligne un opérateur à Agadir, qui soutient que pour l’heure, le niveau des réservations est encore faible, même si les gens commencent à appeler pour s’informer sur les prix et les disponibilités.

Depuis le dé-confinement, les clubs de vacances, les destinations campagnardes et montagneuses sont au cœur des discussions des familles marocaines «libérées» après plus de trois mois de confinement.

Le tourisme interne pourra-t-il sauver le secteur? Pour le président du CRT de Marrakech, il ne faut pas s’attendre à des miracles. “C’est très difficile. Car le tourisme international représente 70% de notre activité. Alors que le tourisme interne ne représente que 30%. Ça ne peut pas résoudre les problèmes des opérateurs. Globalement, c’est mieux que rien. Mais il faut continuer à le développer», explique Bentahar.

Pour sa part, Khalid Benazzouz, président de la Fédération Nationale des Associations Régionales des Agences de Voyages Marocaines (FNAAVM) estime qu’il est temps de travailler sur le front du tourisme national, avec une politique tarifaire assez attractive. «Le tourisme interne a toujours aidé le secteur par le passé. On était passé par la crise du Golfe, la crise financière de 2008, mais le tourisme interne était toujours là. Même s’il ne représente que 30% de l’activité. On espère pouvoir le développer pour arriver à 40%», dit-il, non sans optimisme. Le plus important, poursuit-il, c’est d’encourager les Marocains à découvrir leur pays. Pour cela, dit-il, «on essaie de faire des package et d’offrir des petits voyages, de quelques jours, à l’intérieur du Maroc (arrières pays, auberges, dunes, ….etc». 

Au final, il faut souligner que la situation ne risque pas de s’améliorer compte tenu de la crainte du déclenchement d’une «deuxième vague» du virus de Covid-19  dans le monde. D’autant plus que les zones les plus touchées sont les  régions touristiques les plus émettrices de touristes.

Naîma Cherii

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