Sahara Alger voulait un autre discours…

Ainsi donc, le pouvoir d’Alger est en colère contre le Maroc. Les médias algériens l’ont dit sur tous les tons, de l’indigné -plus ou moins «soft»- au carrément injurieux. La cause ? Le discours que le Roi Mohammed VI a prononcé le 6 novembre dernier, à l’occasion du 37ème anniversaire de la «Marche verte».

Concrètement, le Souverain n’a cité l’Algérie qu’en abordant deux points précis.

La normalisation des relations maroco-algériennes, «y compris l’ouverture des frontières». Normalisation dont il a rappelé qu’elle était souhaitée par le Maroc, mais aussi par le Secrétaire général de l’ONU et la communauté internationale dans son ensemble.

Et – 2ème point- les camps de Tindouf, dont il a rappelé qu’étant «à l’intérieur du territoire algérien», leur sort concernait aussi l’Algérie, tant pour ce qui est du «recensement de la population des camps, conformément aux Résolutions du Conseil de Sécurité de 2011 et 2012», que pour ce qui est de la protection de cette population, alors que dans les camps «sévissent, dans toute leur cruauté, la répression, la coercition, le désespoir et les privations, en violation flagrante des droits humains les plus élémentaires».

Deux rappels de faits concrets. Pourtant, la réaction du pouvoir algérien –via sa presse- a été d’une rare virulence. Au point que même la presse internationale l’a relevée. Un haut responsable algérien est allé jusqu’à déclarer au journal (algérien) à grand tirage «Al watan» que «le Maroc a torpillé le processus de normalisation des relations entre nos deux pays alors que nous étions engagés dans une dynamique constructive visant à assainir nos relations bilatérales». Et les attaques contre le Maroc vont, depuis, crescendo. Tout y passe: le Maroc, cet éternel putching ball du pouvoir algérien et de sa presse affidée (nous avons aussi connu des journalistes algériens dignes de ce nom) qui serait au bord de la faillite; son économie en crise (à l’exception de toutes les économies du monde ?); sa monarchie, présentée (oh, les fins observateurs d’Alger !) comme actuellement «affaiblie», «jouant sa survie»…

Au Maroc, cette quasi-hystérie du microcosme politico-médiatique algérien est reçue comme une nouvelle preuve de la duplicité du pouvoir algérien qui use bel et bien du double langage. D’un côté, il soutient ne pas être partie prenante dans le conflit du Sahara qui ne regarderait que le Maroc et le Polisario, prétendant ne défendre que des principes en général. Et de l’autre, il fait de tout ce qui concerne le Sahara une affaire d’Etat… Son affaire à lui.

Et malheur au Maroc, s’il s’exprime sur ce sujet, ou entreprend une quelconque initiative pour préserver son intégrité territoriale. Le pouvoir algérien prend cela comme une attaque dirigée contre lui !

Malheur également à ceux qui, en leur âme et conscience, estiment que le Maroc fait des efforts en continuant de s’en remettre à l’ONU pour trouver une solution à ce conflit et qui, donc, soutiennent ces efforts…

Malheur à ceux qui partagent l’idée qu’une solution prônant l’autonomie élargie au Sahara peut être sereinement examinée, débattue et –qui sait- finalement adoptée, comme cela a été le cas un jour pour l’Espagne avec ses régions aujourd’hui autonomes, ou pour d’autres pays de par le monde…

Tous ceux-là, les foudres du pouvoir algérien leur tombent aussitôt dessus !

Voici un exemple, datant d’aujourd’hui-même (mercredi 14 novembre) qui en dit long sur la ridicule mais révoltante pression qu’exerce l’Algérie sur ceux qui ne sont pas de son avis.

Alors que Christopher Ross était reçu au Quai d’Orsay (ministère des AE français), le porte-parole de ce département déclarait que «la France appuie le plan d’autonomie marocain présenté en 2007 et considère qu’il constitue la base sérieuse et crédible d’une solution négociée». Immédiatement, le site algérien TSA commentait: «A près d’un mois de la visite de François Hollande en Algérie, Paris ne fait aucun geste en direction d’Alger sur les dossiers sensibles. Ce mercredi, la France a réitéré son appui au plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental. ‘La France appuie le plan d’autonomie marocain présenté en 2007 et considère qu’il constitue la base sérieuse et crédible d’une solution négociée’, a déclaré le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères».

Que peut-on ajouter à cela ? C’est vraiment «No comment» !

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