Barack Obama Heureux de sa réélection ?

Ainsi donc, ce mardi 6 novembre, le Président des Etats Unis, Barack Obama -qui représente le parti démocrate- a été reconduit dans ses fonctions pour un nouveau mandat de 4 ans.

Voyant monter dans les sondages pré-électoraux son challenger républicain, Mitt Romney, les médias ont savamment entretenu le suspense des «candidats au coude-à-coude», mais en réalité, Obama avait toujours, globalement, une petite avance sur Romney. Et le décompte final l’a conduit à une victoire très confortable, sans même –par exemple- qu’il n’ait à tenir compte du vote du très craint Etat de Floride (où le dépouillement n’était d’ailleurs pas terminé lorsque Obama a été déclaré vainqueur).

Tandis que Mitt Romney et son colistier multipliaient les bourdes et promettaient la lune, soutenus par les mormons, les financiers de Wall Sreet, la droite israélienne via ses lobbies aux USA, ainsi que par certains Etats dont les électeurs sont déçus par le président sortant ou tout simplement républicains ; Obama, lui, assez inquiet du mécontentement d’une partie de son électorat, se démenait pour reconquérir et rassurer ceux qui l’ont porté au pouvoir en 2008, mettant en avant son expérience de président en exercice depuis 4 ans et le bilan de ce qu’il a réalisé durant ce 1er mandat. A son palmarès: création d’emplois, sauvetage de l’industrie automobile, désengagement militaire effectif ou en cours d’Irak et d’Afghanistan, mort d’Oussama Ben Laden. Tout cela devait bien l’emporter sur les promesses non tenues… Et ça a marché !

On l’a vu chez les Arabes américains. Même si Obama n’a pas tenu ses promesses, c’est à lui qu’est allé leur soutien.

Aussi bien eux, que tous les pays arabes, ou encore la gauche israélienne, espèrent qu’Obama puisse faire avancer la paix au Proche Orient, qu’il puisse contribuer à l’établissement d’un Etat palestinien aux côtés d’un Etat israélien, les deux acceptant de se reconnaître mutuellement, même si cela n’est pas évident. Sa réélection leur donne de l’espoir parce que, aujourd’hui, il est celui qui a le plus de possibilités d’agir en faveur d’une solution un-tant-soit-peu juste dans cette région. Et cela, sans pression électorale, Barack Obama n’ayant pas à briguer de nouveau mandat (un président américain ne peut briguer que deux mandats dans sa vie).

Et au Maroc, est-on heureux de la reconduction d’Obama à la tête des USA ?

Le Roi Mohammed VI a été le 1er chef d’Etat maghrébin et arabe à adresser un message de félicitation au Président réélu.

Tout ce qui peut lier le Maroc et les Etats Unis y est évoqué. Le «Partenariat stratégique» entre les deux pays qui a été officiellement lancé mi-septembre dernier. Mais aussi le partenariat en général que le Souverain a qualifié de «solide et constant», ou encore de «précieux capital historique». Un partenariat évoqué dans ses deux volets: aussi bien l’apport côté Etats Unis que l’apport côté Maroc.

Côté Etats Unis, le Roi a remercié chaleureusement Obama pour «le soutien conséquent et tangible» qu’apporte son pays aux «réformes profondes» conduites «fermement et résolument, en faveur du développement global du Maroc». Puis il a ajouté ces mots qui disent tout sur le dossier du Sahara, sans le nommer: «Nous apprécions, au même titre, l’appui de votre pays à nos multiples initiatives vouées fondamentalement au service des grandes causes régionales et nationales, notamment notre initiative constructive visant l’instauration d’une Union maghrébine complémentaire et intégrée et l’édification d’un espace régional apportant sécurité, prospérité et stabilité aux peuples de la région».

S’agissant de l’apport du Maroc, le message royal réaffirme des engagements clairs. Tant en ce qui concerne le continent africain, «pour asseoir les valeurs de liberté, de justice, d’égalité et de dignité», qu’en ce qui concerne, plus globalement, «le triomphe des idéaux de tolérance et de coexistence entre les religions et les civilisations, tout en récusant toutes les formes de violence, d’extrémisme et d’ostracisme». Là non plus, ni le dossier du Sahel, ni celui du terrorisme en général, ne sont cités. Mais le message est limpide: «Le Maroc (…) est pleinement disposé à appuyer toutes les initiatives communes et les approches sérieuses, sur les moyens d’affronter les défis sécuritaires majeurs et les dangers grandissants qui pèsent sur la paix régionale et internationale», conclut le Roi.

Obama est-il apprécié par le peuple marocain ? Il n’a jamais rien fait qui marque les esprits, ici, ni en bien, ni en mal. Comme partout ailleurs, l’opinion publique marocaine avait applaudi à son élection qui représentait l’incarnation du rêve américain et l’espoir d’un nouvel ordre mondial. Elle avait applaudi à son discours du Caire, visant à rassurer le monde arabo-musulman. Puis, comme partout ailleurs, elle a attendu… Mais n’a rien vu venir. Enfin, comme partout ailleurs, aujourd’hui, elle prend acte de la victoire avec des sentiments mitigés.

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