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Quelles nouvelles de Laayoune ?

La question est sur toutes les lèvres : quelles nouvelles de Laayoune ? Mais, la question posée, qui peut y répondre ? Qui peut, sans manipulation, sans instrumentalisation, sans «intox», éclairer l’opinion publique ?

La tâche est loin d’être facile, c’est indiscutable. Parce que, au Sahara, la guerre est aussi médiatique. Tout le monde le sait.

Il existe pourtant des canaux professionnels pour véhiculer l’information. Ce sont les médias. Quand les médias ont la bonne information, c’est l’opinion publique qui l’a (opinion publique nationale et internationale). Quand les médias accèdent à l’information juste, c’est, à travers eux, l’opinion publique qui y accède à son tour.

Nous n’allons pas définir ici la responsabilité des uns et des autres quand ces canaux ne fonctionnent pas comme ils le devraient (méfiance vis-à-vis des médias de ceux qui détiennent l’information ou paresse des médias qui attendent une information mâchée par les agences de presse et les communiqués… Il y a là tout un débat).

Tout ce qu’il nous faut retenir, c’est qu’il est indispensable d’occuper le terrain médiatique avec une information juste, sous peine de le voir occupé par une information insidieuse. Surtout quand l’information concerne un conflit.

A Laayoune, depuis que des habitants de la ville ont installé des campements en dehors du périmètre urbain pour revendiquer un emploi et un logement, l’information a été rare et hésitante, puis faible et incomplète… Pour, au bout du compte, placer les «sources d’information» sur la défensive.

Ainsi, un média aussi sérieux que «Euronews» parle de «Un camp de réfugiés ouest-sahariens en plein milieu du désert marocain… Des dizaines de milliers de personnes, partisanes du Front Polisario, sont venues s’installer non loin de Laayoune et sont désormais surveillés de près par l’armée marocaine qui bloque les accès au camp».

«Réfugiés ouest sahariens», «partisans du front Polisario», «surveillés de près par l’armée marocaine qui bloque les accès au camp»… Si de telles interprétations ont été possibles, c’est que l’information des intéressés qui disent être de simples habitants de Laayoune, n’ayant rien à voir avec le Polisario, mais manifestant pour obtenir un emploi et/ou un logement, n’a pas été correctement véhiculée. Elle n’a pas occupé le terrain médiatique.

L’imbroglio autour de l’affaire des individus à bord de deux véhicules qui ont voulu s’introduire dans les campements par la force et qui ont eu une confrontation avec les forces de l’ordre au cours de laquelle un adolescent a trouvé la mort est une autre preuve de la transmission défectueuse de l’information.

Pire, quand les «éclaircissements» ont été donnés, ils ont semé le doute au lieu de le dissiper. Y avait-il 3 ou 5 blessés dans les échanges avec les individus en question ? Et le malfrat «Ahmed Daoudi», surnommé «Djija», présenté comme le chef de file du groupe qui était à bord des deux véhicules, comment se fait-il qu’après avoir été condamné à 2 ans de prison en 2004, il se retrouve, une année plus tard, en 2005, écopant de 2 autres années, avant d’en prendre, encore, une année plus tard, en 2006, pour un an ? 

Pour le moins, des explications s’imposent…

Le rôle des médias n’est pas à négliger.
Les partis politiques peuvent faire des déclarations condamnant les tentatives de récupération à des fins politiques du mouvement revendicatif que connaît la banlieue de la ville de Laâyoune ; et l’instrumentalisation de ces évènements par les séparatistes du Polisario et ceux qui les soutiennent (notamment les média algériens et espagnols). L’éclairage que l’opinion publique attend, c’est celui -considéré comme neutre et objectif- des professionnels de l’information : les médias.

 

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