On mourra Chaque fois qu’il pleuvra ?

On en était à tirer les enseignements de la marche du dimanche 28 novembre… Super ! Avec plus de 3 millions de marcheurs, pas un débordement, pas un dérapage. De l’inédit dans l’histoire du Maroc ! Et puis, cette sagesse… Ces banderoles et slogans qui condamnent le Partido Popular espagnol, mais pas l’Espagne, les dirigeants d’Alger mais pas le peuple algérien, les euro-députés manipulateurs, mais pas le Parlement européen dans son ensemble… Et enfin, cette union impressionnante autour des fondamentaux du pays, sans considérations partisanes, régionales ou même de classe…

 

On en était à rire des «Off» et anecdotes de cette journée et à se dire que le beau temps, ce dimanche-là (il n’a commencé à pleuvoir que la nuit tombée) était un signe de bénédiction divine… Lorsque le ciel nous est tombé sur la tête avec ses trombes d’eau jamais vues dans le pays, de mémoire de contemporain.

En quarante huit heures, nous a-t-on dit, il a plu l’équivalent de ce qu’il pleut en une demi-année. Mais ce n’est pas vraiment ce qui a déstabilisé la population. Il aurait même pu tomber en un jour l’équivalent d’une année de pluie, les Marocains auraient sauté de joie, heureux pour leur agriculture et le taux de remplissage des barrages du royaume. Le Maroc est un pays agricole (même si le PIB non agricole prend de plus en plus d’importance). La pluie y est fêtée comme une garantie de prospérité économique et de stabilité politique. Le maréchal Lyautée ne disait-il pas, du temps du protectorat, que «au Maroc, gouverner, c’est pleuvoir» ?

Ce qui déstabilise les Marocains, quand il pleut, c’est que, ces dernières années, les pluies se traduisent inévitablement par des inondations qui s’accompagnent de nombreux morts et de considérables dégâts matériels.

Chaque année, comme une fatalité, des ponts s’effondrent, des maisons s’écroulent, des rivières sortent de leur lit, des citoyens meurent emportés par les eaux, des unités industrielles coulent, submergées… Et chaque année, c’est la même ritournelle. On entend des responsables déplorer, se disculper, promettre que ça ira mieux l’année suivante…

Cette année, en deux jours de pluie, Casablanca était à moitié coupée du monde, à moitié plongée dans l’obscurité et gravement sinistrée, au point que les écoles aient fermé ! Aucun train n’arrivait dans les gares de la ville ni n’en partait. Quant à la voie terrestre, qui allait se hasarder à l’emprunter avec la nouvelle ayant endeuillé le pays ce mardi 30 novembre de l’autocar englouti par les eaux, non loin de Bouznika, au niveau d’un pont disparu sous une crue, où 29 personnes ont trouvé la mort ?

La question est : la pluie est-elle la seule en cause dans ce désastre ?

La réponse est bien évidemment : non.

Chaque fois que la population touchée s’exprime à la radio ou à la télévision, elle crie haut et fort sa colère, contre l’administration, les élus, l’incompétence des uns, les tricheries des autres et les résultats dramatiques d’une situation qui se répète, invariablement, année après année. On entend les victimes des inondations se demander si personne ne va rien faire pour que tout cela change ? Combien de drames faut-il encore pour que les responsables anticipent les intempéries, au niveau des infrastructures, des recherches prospectives, des contrôles ? Pour qu’ingénieurs et experts fassent de sérieuses études sur les risques d’inondation dans tout le pays et des propositions pour y pallier ? Pour que les politiques prennent les décisions adéquates ? Pour que ceux qui fraudent en construisant les routes, les ponts, les logements… se voient infliger les sanctions les plus sévères et dissuasives ? …Bref, pour que les citoyens cessent de mourir et/ou de perdre leurs biens chaque fois qu’il pleut.

Entre catastrophes naturelles et manquements professionnels, il y a de la marge !

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