Nouvel été viral pour les migrants

Crise migratoire,Maroc

Le Maroc oasis migratoire face à la dégradation mondiale

Crise migratoire,Maroc

Il n’est pas question ici de dire qu’il n’y a pas de problème migratoire au Maroc. Il y en a pour  les migrants et pour les Marocains. Mais le pays maintient une politique humaniste sans renoncer à la protection des intérêts de ses citoyens. C’est assez rare dans le monde pour être signalé.

Chaque pays a ses règles propres et décide en raison de sa souveraineté de la politique de son choix. Tout va pour les migrants le plus souvent dans l’aggravation de leurs conditions d’accueil.

Pour ce qui est de sa politique migratoire, le Maroc peut compter sur un soutien de taille. À l’occasion de la présentation de son rapport annuel le 21 juin, le représentant dans le royaume de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) s’est montré élogieux. Pour François Reybet-Degas, la politique «très progressiste» des autorités fait du Maroc «une terre d’asile» pour les 14.952 réfugiés et demandeurs d’asiles originaires de plus de 45 pays qui y vivent. «La Stratégie nationale d’immigration et d’asile adoptée en 2013 est basée sur l’humain, cite-t-il en exemple à InfoMigrants. Son objectif est de garantir au plus grand nombre l’obtention d’un titre de séjour, ainsi que l’accès à la santé et à l’éducation. Cela traduit une volonté politique que l’on ne retrouve pas forcément partout». D’après une enquête du Haut-Commissariat au Plan (HCP) réalisée au cours du premier trimestre 2021, 53,7% des migrants déclarent vouloir finalement rester dans le Royaume. Pour les familles, l’intégration des enfants par l’Éducation nationale des «élèves étrangers issus des pays du Sahel et subsahariens dans le système scolaire marocain», décidée en 2013 via une circulaire du ministère de l’Éducation nationale, fait partie des raisons qui confortent le choix d’une installation définitive.

Le contraste est effrayant avec ce qui se passe sur d’autres cotes du Maghreb, essentiellement en Libye. Amnesty international a dénoncé le traitement «atroce» subi par des migrants interceptés en Méditerranée et envoyés de force dans des centres de détention en Libye, avec l’aide «honteuse» des Européens, dans un rapport publié le 15 juillet. Dans son rapport, Amnesty International affirme qu’à la fin de 2020 la direction libyenne de lutte contre les migrations illégales (DCIM, dépendant du ministère de l’intérieur) a «légitimé» ces violations des droits humains en prenant le contrôle de deux centres de détention gérés par des milices, où des centaines de réfugiés et de migrants ont fait l’objet de disparitions forcées au cours de ces dernières années.

L’ONG a appelé les autorités libyennes à fermer «immédiatement» ces centres de détention. Elle a, par ailleurs, dénoncé «la complicité des Etats européens, qui continuent honteusement d’aider les gardes-côtes libyens à capturer des personnes en mer et à les renvoyer de force dans l’enfer de la détention en Libye». Les Etats européens «doivent suspendre leur coopération sur les migrations et les contrôles des frontières avec la Libye» et aider «de façon urgente des milliers de personnes coincées là-bas et ayant besoin d’être protégées», a indiqué Amnesty.

L’été sera certainement très meurtrier car tous les chiffres sont à l’aggravation depuis plusieurs mois.

Le nombre de migrants décédés en mer en tentant de rejoindre l’Europe a plus que doublé déjà cette année, indique l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), basée à Genève.

Selon les statistiques publiées par l’OIM dans un nouveau rapport, au moins 1.146 personnes sont mortes en mer en tentant de rejoindre l’Europe au cours du premier semestre 2021. En 2020, 513 avaient péri au cours de la même période, et 674 en 2019.

«Les organisations civiles de recherche et de sauvetage ont continué à se heurter à des obstacles importants, la majorité de leurs bateaux étant bloqués dans les ports européens en raison de saisies administratives et de procédures pénales et administratives en cours contre les membres d’équipage», constate le rapport. L’OIM note également que l’augmentation des décès intervient à un moment où les interceptions d’embarcations transportant des migrants au large des côtes nord-africaines sont en hausse. Au cours des six premiers mois de l’année, la majorité des décès ont été enregistrés en mer Méditerranée (896), ce qui représente une augmentation de 130 % par rapport à la même période en 2020.

La plupart sont décédés en Méditerranée centrale (741), régulièrement décrite par les organismes humanitaires comme la route migratoire la plus dangereuse au monde, suivie de la Méditerranée orientale (149).

Toutefois, ces chiffres sont certainement bien inférieurs à la réalité, souligne l’OIM, qui fait valoir que «des centaines de cas de naufrages invisibles» sont signalés par des ONG qui sont en contact direct avec les personnes à bord ou avec leurs familles.

Patrice Zehr

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