samedi 20 avril 2019

Moussaoui Ajlaoui, expert à l’AMES Center

«La Conférence de Marrakech a mis fin à la confusion»

De l’avis de Moussaoui Ajlaoui, expert au Centre d’études pour l’Afrique et le Moyen-Orient, (AMES Center), la Conférence ministérielle de Marrakech, au sujet du Sahara, a précisé encore une fois le rôle de l’UA dans ce dossier. S’agissant de la réunion de soutien au polisario, organisée le même jour par l’Afrique du Sud, Ajlaoui a souligné que la forte participation africaine à la Conférence de Marrakech prouve qu’entre la crédibilité et le non-sens, il n’y a pas à hésiter.

Quelle évaluation faites-vous de la Conférence ministérielle africaine sur l’appui de l’Union Africaine (UA) au processus onusien sur le dossier du Sahara, qui s’est tenue à Marrakech?

Cette conférence a appelé au respect des décisions prises au niveau des Nations-Unies et le dialogue entamé sous l’égide de l’ONU, pour parvenir à une solution à ce dossier. Elle a vu la participation des représentants de plus de 37 pays. Elle a insisté sur la nécessité de la mise en œuvre de la décision 693, adoptée lors du 31ème Sommet de l’Union Africaine (UA) à Nouakchott, en juillet 2018. Laquelle décision a consacré le rôle exclusif des Nations Unies dans le traitement de l’affaire du Sahara. Aujourd’hui, il est établi que le rôle de l’UA doit se limiter au soutien des efforts de l’Organisation des Nations Unies (ONU) concernant la question du Sahara.

La Conférence ministérielle de Marrakech s’est tenue en même temps qu’une autre conférence organisée par l’Afrique du Sud, pour le soutien de la pseudo RASD.

En effet, la Conférence de Marrakech s’est tenue en même temps qu’une autre rencontre organisée dans la capitale sud-africaine, Pretoria. Le Polisario et l’Afrique du Sud avaient, en effet, cherché à fourvoyer l’opinion publique internationale en annonçant, le 16 février 2018, que Pretoria allait accueillir, les 25 et 26 mars 2019, une soi-disant conférence internationale de l’Organisation de développement de l’Afrique australe (SADC), pour la solidarité avec les ennemis de l’intégrité territoriale du Maroc. Cette organisation compte 16 pays, à savoir l’Afrique du Sud, l’Angola, le Botswana, Iles Comores, le Lesotho, Madagascar, le Malawi, le Mozambique, le Swaziland, la Tanzanie, la Zambie, le Zimbabwe, la Namibie, l’Ile Maurice, la République Démocratique du Congo (RDC) et les Seychelles. Parmi ces pays, sept ont assisté à la Conférence ministérielle qui s’est tenue à Marrakech (Iles Comores, RDC, le Swaziland, Madagascar, le Malawi, la Tanzanie, la Zambie et l’Angola).

Au final, je voudrais dire que la Conférence de Marrakech a ôté toute crédibilité à celle de Pretoria. Pour camoufler leur échec, les organisateurs se sont rabattus sur une poignée de partis politiques venus d’Europe, en tant qu’invités qu’ils ont comptabilisés comme étant des représentants de leurs pays respectifs à cette rencontre. A mon sens, le Conférence ministérielle de Marrakech a fait la différence, grâce à son ordre du jour sérieux, ainsi que par la crédibilité du Maroc en tant que pays organisateur. Cette rencontre a mis fin à la confusion véhiculée et entretenue par les ennemis du Maroc au sujet d’un quelconque rôle de l’UA dans le dossier du Sahara.

Propos recueillis par Mohcine Lourhzal

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