Agressions et vols en pleine rue : La peur s’empare des Marocains

Une jeune femme, victime d’une agression au sabre, à Marrakech,  en novembre 2018.

Pas un jour ne passe sans qu’on n’entende parler d’affaires d’agressions contre des citoyens innocents, qui se retrouvent par malchance face à des  énergumènes prêts à tout pour leur prendre leurs biens, ou sinon, leur vie.

Avant, il fallait la conjugaison de nombreux facteurs pour être victime d’une agression. En effet, les auteurs de ces crimes odieux veillaient à accomplir leurs basses besognes tard dans la nuit, loin des regards des passants et forces de l’ordre.  

Plus rien n’arrête ces criminels

Aujourd’hui, force est de constater avec beaucoup de désolation et d’amertume, que les facteurs de temps et d’espace importent peu aux yeux des agresseurs et autres délinquants, qui font planer la peur dans plusieurs villes et régions du Royaume. Face à cette situation, où les vols à l’arme blanche avec coups et blessures, pouvant entrainer la mort sont devenus monnaie courante, plusieurs questions restent posées. Notamment, sur les facteurs qui font qu’aujourd’hui la défiance des délinquants à l’autorité de l’Etat a atteint son apogée. Que faire pour  remédier à cette situation qui accentue le sentiment d’insécurité et comment raviver le climat de quiétude et sérénité parmi les citoyens ?

Il faut de tout pour faire régner la sécurité

Plusieurs facteurs sont à l’origine de la prolifération des agressions au Maroc, dont le maque de présence policière dans les quartiers les plus sensibles. Dans ce contexte, que beaucoup comparent aux années de «Siba» qu’a connu le Royaume à une certaine époque de son histoire, les «chances» d’être victime d’une agression deviennent de plus en plus grandes. La régression du civisme est également pointée du doigt pour expliquer l’aggravation de l’insécurité dans plusieurs villes marocaines. De surcroit, on constate que les citoyens, témoins d’agressions, interviennent de moins en moins pour porter assistance à leurs compatriotes de peur d’être attaqués à leur tour.  Les sociologues rappellent qu’à une  certaine époque, il suffisait de lâcher un Ouac, pour sortir des griffes de son agresseur, avant que ce dernier ne soit passé à tabac par les passants. Actuellement, en raison de la peur qui semble s’être emparée des Marocains, particulièrement à cause de la banalisation de la fabrication des armes blanches (sabres, coutelas…), tout le monde a peur pour son intégrité physique. Cette frayeur pousse à réfléchir mille fois avant de réagir. 

Psychotropes, cette arme de destruction massive 

Il reste que la principale cause qui a conduit, au fil des années, à la multiplication des cas d’agressions au Maroc est le commerce illicite de psychotropes, entre autres substances hallucinogènes. Ces fameux comprimés de type (Bola Hamra) «Ampoule Rouge», sont consommés en quantités importantes, par les délinquants, avant le passage à l’acte et le démarrage de la chasse au butin. Après avoir terrorisé les habitants de leurs quartiers en leur imposants leurs propres lois, ces «caids» se dirigent souvent en groupes pour semer la peur là où ils passent, privilégiant les abords des écoles, des immeubles, des entreprises et des lieux de loisirs. Bourrés de «Karkoubi», ces jeunes individus perdent toute perception du monde qui les entoure. Il est médicalement prouvé que les effets des psychotropes sont dangereux pour la personne qui en consomme. Plus grave encore, ces comprimés sécables contribuent à briser les barrières morales et codes à respecter au sein de la société. Résultats: des jeunes déchainés, la peau tailladée et avec des yeux hagards, qui par des mouvements saccadés, s’en prennent aux passants, à l’aide de sabres «samouraï» de grandes dimensions.

Tout cela étant dit, il apparait clairement qu’une action globale s’impose aux autorités pour faire face à l’ensemble des facteurs qui contribuent à la profusion des agressions qui renforcent le sentiment d’insécurité chez les citoyens, au point de s’en remettre, dans une lettre ouverte, à SM le Roi Mohammed VI et au ministre de l’Intérieur. 

Mohcine Lourhzal

Répression de la criminalité

La DGSN à l’affût du danger criminel

Dans le cadre des efforts déployés par ses services pour faire face à la criminalité et renforcer le sentiment de sécurité chez les citoyens, la Direction Générale de la Sûreté Nationale (DGSN), a enregistré durant l’année 2018, 584.516 affaires répressives en vertu desquelles 554.202 personnes ont été arrêtées en flagrant délit, ou sur la base d’un mandat de recherche. 

Dans un communiqué sur le bilan de ses réalisations, rendu public le 25 décembre 2018, la DGSN a fait savoir que les services de la sûreté nationale ont procédé à l’arrestation de 37.851 individus dans des affaires d’atteinte aux biens, le démantèlement de 495 réseaux criminels s’activant dans les vols avec violence et à main armée.

S’agissant des affaires d’agressions recensées aux abords ou dans le périmètre des établissements scolaires, elles ont été au nombre de 3.015, ayant permis l’arrestation de 3.102 individus, dont 587 mineurs.

Dans le même sillage, les opérations de lutte contre le trafic de stupéfiants et psychotropes, menées en étroite coordination avec les services de la Direction Générale de la Surveillance du Territoire national (DGST), ont permis la saisie de 1,65 tonne de cocaïne, de 1.346.180 comprimés psychotropes hallucinogènes et d’ecstasy, soit une hausse de 43% par rapport à 2017, et de 52 tonnes de chira et 693 kg de cannabis.

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