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Clash : Le pavé dans la mare de Karim Ghellab

Karim Ghellab, président de la Chambre des représentants, a reproché au gouvernement de retarder le processus législatif. Il l’a signifié au chef de l’Exécutif avec un franc-parler remarquable.

Karim Ghellab

Alors que l’on s’attendait à des discours plutôt «plats réchauffés» et maintes fois rabâchés ici et là, sur le fameux thème du «Droit d’accès à l’information, levier de la démocratie participative» (13 juin à Rabat), les participants ont été surpris par la tournure qu’a pris la séance inaugurale. Sans mettre de gants, le président de la Chambre des représentants s’en est pris au chef de gouvernement, Abdelilah Benkirane, à qui il a reproché de retarder le processus législatif.

Preuve à l’appui, il a épinglé le chef de l’Exécutif sur deux propositions de loi présentées par des députés de l’USFP (opposition) et du MP (majorité) en 2012. Karim Ghellab a parlé d’un retard qu’il estimait de dix mois, ce qui n’a pas été pour plaire à Benkirane qui a essayé de l’interrompre. Ghellab est donc sorti de son calme olympique et une prise de bec plutôt inhabituelle entre les deux hommes a suivi. «Ne m’interrompez pas, Allah ijazik bikheir», a lancé Ghellab, indisposant Benkirane. Et d’enfoncer le clou un peu plus: «La liberté d’expression fait également partie du droit d’accès à l’information». Et, pour aller jusqu’au bout, il a rappelé au chef de gouvernement que «le Parlement est le seul habilité à légiférer et les ministres se doivent de passer par le chef de gouvernement pour présenter leurs projets au Parlement».
Après son intervention, Ghellab est revenu s’asseoir à sa place, à côté de Benkirane! Les deux hommes ont dû s’expliquer sur ce clash qui a fait dire à un député PJD, outragé par la critique du président de la Chambre des représentants, que «Ghellab a certainement pris son petit déjeuner avec Hamid Chabat». Ce qui signifie qu’il a dû avoir l’aval du patron de l’Istiqlal.
Auparavant, Abdelâdim El Guerrouj, ministre délégué chargé de la Fonction publique et de la Modernisation de l’administration, a rappelé que le Maroc a fait du droit d’accès à l’information l’un des fondements de l’Etat de droit et de la démocratie participative, faisant référence à l’article 27 de la Constitution. Et de souligner l’importance de ce débat sur ce thème!
En facilitant l’accès des citoyens aux informations et aux données relatives à la gestion de la chose publique, le droit à l’accès à l’information vise à promouvoir la transparence, la reddition des comptes et la participation citoyenne. Ce droit est d’abord et avant tout un droit humain consacré par l’art 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948.
Le Colloque national sur le droit d’accès à l’information avait pour objectif le partage et l’échange à travers un débat serein et responsable sur les défis et les exigences de la praxis de ce droit au Maroc. Le débat a porté sur trois axes, au niveau de trois panels qui ont développé la réflexion autour de: ce que la loi doit désigner comme bénéficiaires du droit d’accès à l’information; les moyens pratiques pouvant faciliter la réutilisation de l’information détenue par des organismes publics, en lien avec le développement des données ouvertes; et les voies de recours disponibles en cas de refus par les organismes détenteurs de l’information, la protection à mettre en place et les sanctions à prévoir.

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