Affaire Pegasus | Notre conviction profonde

Pegasus

Tous les intellectuels ont un grand et indiscutable respect pour les défenseurs des droits de l’Homme. Et tous les journalistes ne peuvent être que reconnaissants aux défenseurs des libertés de presse et d’expression.

Au Maroc, comme ailleurs, c’est le cas. Respect et reconnaissance tant en direction des défenseurs de droits et libertés nationaux qu’internationaux.

Quoi de plus normal ?

Sauf que, pour les citoyens marocains, dans cette affaire dont ils cherchent encore à démêler l’écheveau, rien ne semble normal.

Est-il normal en effet que, dans cette affaire d’ de téléphones par le logiciel israélien qui met en cause plus d’une quarantaine de pays, le seul Maroc ait fait l’objet d’une si violente campagne de dénigrement ?

Cela ne ressemble-t-il pas à un lynchage prémédité ?

Est-il normal qu’Amnesty et les 17 médias de Forbiden Stories avec leurs 80 journalistes aient travaillé, dans le secret, depuis six mois selon leurs propres dires, pour lâcher une telle bombe sur le Maroc, dans cette conjoncture et timing précis ?

Cela ne ressemble-t-il pas à un lynchage coordonné ?

Est-il normal qu’il ait été attribué au Maroc, en particulier, l’ de téléphones de responsables étrangers bien déterminés, en ou en , dont les noms ont été balancés à l’opinion publique, sans que leurs téléphones n’aient été soumis à la moindre analyse? (Les téléphones des Présidents Macron, Bouteflika, de ministres français, du général Chengriha, de Laamamra, etc).

Cela ne ressemble-t-il pas à une incitation au clash diplomatique ?

Est-il normal que certains médias accusateurs –notamment le quotidien français «Le Monde» qui était pour nous tous une référence- ne se contentent pas d’entretenir la bronca médiatique avec de «sensationnelles» révélations quasi-quotidiennes, mais harcèlent (avec autant de cœur à l’ouvrage) les responsables de leur pays à coup de reproches sur leur réserve ?

Cela ne ressemble-t-il pas à un acharnement assumé ?

Est-il normal qu’on attribue au Maroc, non plus seulement l’ de journalistes ou hommes politiques, mais aussi celui de son propre Roi ?

Cela ne ressemble-t-il pas à une insinuation insidieuse ?

Enfin, est-il normal que les puissants services de contre-espionnage des pays dits espionnés (notamment ceux de ), dont c’est le métier de déceler toute tentative d’espionnage étranger, autant que ceux de la Sécurité intérieure qui ne sont pourtant pas des enfants de chœur en matière de surveillance, aient attendu Amnesty et Forbiden Stories pour leur révéler de présumées intrusions illicites dans les téléphones de leurs responsables ?

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Faudrait-il qu’ils démissionnent tous au motif d’incompétence, puisque de simples journalistes et défenseurs de droits de l’Homme les auraient doublés ?

Le fait est que toutes ces anomalies ne permettent pas de conclure à un travail innocent et objectif de journalistes, ni même de défenseurs de droits.

Notre conviction profonde est que le choix du thème de l’espionnage, pour frapper le Maroc, va au-delà d’une simple investigation de journalistes et activistes des droits de l’Homme.

Ce choix-là est étudié, calculé.

Le Maroc émerge en tant que puissance régionale et s’affirme, sans complexe, en tant que tel. Il mène une politique de plus en plus offensive pour défendre ses intérêts et, en défendant les siens, il en bouscule d’autres.

Le dossier du Sahara a toujours été le bras que l’on peut tordre au Maroc. Cela continue. Mais cela ne suffit plus.

Il y a un domaine dans lequel le Maroc se distingue particulièrement et qui fait de tous ses partenaires des obligés. C’est celui du renseignement. C’est par sa coopération sécuritaire que le Maroc devient incontournable. C’est donc là le nouveau bras du Maroc qu’il faut tordre.

D’où cette bronca Pégasus qui cherche à diaboliser le Maroc, précisément, dans son domaine d’excellence.

L’espionnage n’est pas l’exclusivité du Maroc. Tout le monde espionne tout le monde. Et nous savons tous que nos simples téléphones intelligents sont des espions dans nos poches qui renseignent les GAFA (et d’autres) sur tous nos faits et gestes.

Cette cabale Pégasus vise clairement le Maroc et ses services sécuritaires. C’est cela le fond de l’affaire. Quant à son aspect technique (et superficiel), il sera examiné par la Justice française qui tirera cet aspect-là au clair… Ou pas. Dans ce genre de dossier, l’essentiel se règle ailleurs.

On nous annonce une 1ère audience procédurale pour début octobre, en nous expliquant que le feuilleton ne fera que commencer et qu’il durera deux ans.

Certains des accusés partent optimistes, comptant sur une jurisprudence de la Cour de cassation française qui a rendu un jugement en 2019 selon lequel un Etat ne peut pas engager de poursuites en diffamation.

Mais le Maroc est déterminé à jouer le jeu jusqu’au bout. Il en a chargé ses avocats, son ambassadeur en France et son ministre de l’Intérieur.

Bahia Amrani

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