jeudi 17 août 2017

Règne Mohammed VI : 15 ans déjà !

Roi maroc 2014

Durant les 15 dernières années qui marquent le règne du Roi Mohammed VI, le Maroc a été sur une voie d’évolution ascendante. Beaucoup d’efforts ont été déployés dans différents secteurs clés du développement. Mais ces efforts appelaient parfois des financements colossaux que le pays se devait de trouver pour assurer son émergence et persévérer sur cette voie de développement… Les choses n’ont pas toujours été faciles. C’est ce qui explique certains ratages et certains échecs que cachent bien de grandes réussites et de plus grandes avancées.

Si au bout de quinze ans le Maroc a pu se placer sur un bon trend, les Marocains ont-ils bien saisi les orientations et le tournant qu’a pris le pays? Cette compréhension est nécessaire pour ce cycle de développement où la ressource humaine compte énormément à côté, bien sûr, des moyens financiers que le pays se doit de trouver pour mener à bien sa démarche.

Lutte contre la pauvreté, d’abord

Ce financement impose parfois des choix difficiles, certes, mais efficients, car en mesure de faire aboutir le projet de société recherché. Les choix s’opèrent d’ailleurs au niveau interne et au niveau externe.
En interne, le Maroc a commencé par fixer ses priorités. En 2005, il s’est distingué pour avoir eu le courage de publier «sa» carte de la pauvreté, la lutte contre cette dernière ayant alors été jugée comme élément primordial dans tout développement et tout décollage économique et social. La même année, l’Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH) a été lancée. Dix ans plus tard, les résultats recensés, bien que positifs, sont encore en deçà de ce qui était attendu de l’Initiative!

L’industrialisation, l’autre issue

Pour booster l’économie, créer une nouvelle dynamique et capitaliser sur certains acquis, le pays s’est tourné vers l’industrialisation. Tout récemment, on parlait d’une stratégie nationale d’accélération industrielle qui, elle aussi, bien que versant dans l’économique, n’éloigne pas non plus l’élément humain comme pivot du développement industriel. Surtout lorsqu’on compte le nombre d’emplois qui seront créés dans le cadre de cette stratégie et les mesures qui vont avec en faveur de l’entreprise aussi. Cette stratégie a cependant besoin de temps avant de commencer à donner ses fruits. Entre-temps, l’Etat ne va pas rester les bras croisés, compte tenu de l’importance de l’écart qui s’est profondément creusé en 40 ans et d’une conjoncture difficile, aggravée par la crise chez les principaux partenaires; crise qui se traduit en interne par un taux élevé de chômage et bien d’autres entraves qui font qu’on n’avance que peu ou pas et qu’on ne crée pas de valeur.

… Et pourtant ça n’avance que peu

Les chiffres sont alarmants. Le chômage peine à se situer en dessous de 10% (10,2 à fin mars 2014), le taux de croissance économique ne dépasse pas 4% (3,5% sont prévus pour 2014), alors qu’il est de 6% ailleurs et un déficit commercial qui s’est aggravée de 2,2% durant le 1er trimestre 2014. Le taux de couverture des importations par les exportations a atteint 49,6% à fin juin 2014, contre 48,4% durant la même période de 2013! Ceci fait ombre à tous les efforts déployés pour réussir une relance et entrave par ailleurs la bonne marche de tous les chantiers qu’on ouvre dans les divers domaines…
Pour pallier certaines carences de financement, on recourt à l’endettement. D’importants prêts sont octroyés, mais dont on ne ressent pas l’effet parce que, au lieu de servir à l’investissement, ils servent plutôt à éponger d’autres dettes. Le gouvernement, se voulant être près du peuple, opte pour la préservation du pouvoir d’achat du citoyen! Choix qui est d’ailleurs contradictoire avec sa décision de se mettre à la décompensation!
Cela n’empêche pas qu’une ferme volonté d’action soit là. Traduite par les actions que le Souverain mène sur le terrain, tant au niveau économique qu’au niveau social, cette volonté demeure derrière la quasi-totalité des avancées et des réussites enregistrées jusque-là. Car, en parallèle, certaines actions gouvernementales et certains choix manquent parfois de courage et de volonté politique réelle. Ce dont le gouvernement devrait faire preuve de plus en plus en matière de lutte contre la pauvreté, d’équité et de justice sociale…
Le moment paraît inapproprié à toute action politico-politicienne, vu que les 2 ou 3 prochaines années connaîtront des échéances électorales, ce qui pourrait entraîner le sacrifice de la justice sociale à l’autel des campagnes et des slogans électoraux et ralentir encore la roue du développement et de l’émergence dont le Maroc a fait un choix stratégique, compte tenu de son image hautement appréciée à l’échelle continentale et à l’échelle internationale…

Hamid Dades

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