samedi 21 octobre 2017

Mawazine 2015, de Mesut Kurtis à Sting !

Mesut kurtis mawazine 2015

Mesut Kurtis, le souriant Macédonien

C’est dans le grand Théâtre Mohammed V que s’est produit le Macédonien d’origine turque, Mesut Kurtis. Un endroit chic, spacieux et magique pour accueillir celui qui va faire trembler les cœurs de passion pour Allah. La salle devient de plus en plus sombre et ne laisse transparaître que des filets de lumière bleue, le temps que les musiciens s’installent. La tension est palpable. Que va-t-il nous présenter? Le public à 80% féminin est composé à une majorité écrasante de femmes voilées, parées de leurs plus belles tenues. Des tenues bien évidemment d’inspiration turque pour l’occasion. Les foulards en soie noués à la turque également. La musique est lancée, un solo de flûte pour débuter, puis Mesut Kurtis fait son apparition et commence à chanter «Tabassam» accompagné des applaudissements du public; une chanson qu’il reprendra à la fin pour ses fans, pour laisser une note de bonheur.
De sa voix magnifique, il emmène tout le public dans une allégresse indescriptible avec l’un de ses titres les plus appréciés «Fidak», du baume qu’il nous met au cœur.

On ne peut pas rester insensible à sa voix mélodieuse et aux paroles dans lesquelles il exprime son amour pour Dieu et son Prophète Mohammed SAWS. Chantant en cœur «Allahu Allah», une chanson qu’il a auparavant chantée avec Sami Yusuf et qu’il a adaptée à sa façon en l’interprétant en arabe, en turc et anglais qui n’est pourtant pas sa langue maternelle.
Tout au long de son concert il passe en revue les mélodies touchantes, ainsi que les plus entraînantes et joviales. De quoi installer de la bonne humeur et ne pas tomber dans la morosité et la totale ambiance «religieuse» qui peut, des fois, devenir très vite pompeuse…

Yasmine Saih

Mesut Kurtis nous a accordé une interview

«Le terrorisme n’a pas de religion»

Ce n’est pas votre première fois ici au Maroc…

C’est ma troisième fois au Maroc. L’année dernière, j’ai joué à Casablanca. On avait fait un show avec mon cher frère Maher Zain et, juste deux mois avant, j’étais à Tanger. Donc cette fois-ci, c’est ma troisième. C’est un grand honneur pour moi de faire partie de ce festival. J’avais entendu parler de Mawazine auparavant. Chaque pays a ses propres manifestations culturelles et célèbres célébrations. Donc, j’ai su que Mawazine était l’un de ces festivals organisés chaque année et en faire partie cette année me rend vraiment heureux.

Que pensez-vous du public marocain?

Ils sont tellement amicaux. Le public marocain adore la musique et les différentes cultures. A chaque fois que je viens au Maroc, je me sens libre. Quand je suis sur scène et je vois ce retour du public, ça me rend heureux. J’arrive très facilement à me sentir connecté avec eux, ce qui n’est pas le cas avec d’autres pays. Je voyage beaucoup et je découvre des cultures différentes. Chaque public a sa façon de répondre. Certains sont calmes, d’autre sont un peu au milieu, mais les Marocains sont vraiment bons quand il s’agit d’interaction avec l’artiste.
Quand je vois que des gens de différents pays me suivent sur les réseaux sociaux, j’ai envie de venir à leur rencontre et d’apprendre de leur part.

Donc, vous voyagez beaucoup…

Pour moi, voyager, c’est la façon avec laquelle on peut apprendre des choses. Bien sûr, il faut aller à l’école, avoir des diplômes, mais il y a une question qui se pose: qui détient le savoir? Ceux qui étudient ou ceux qui voyagent? Beaucoup de gens disent que ce sont ceux qui voyagent beaucoup. Cela fait 10 ans que je voyage et quand je ne le fais pas pendant plus de deux ou trois semaines, je commencer à m’ennuyer.

Vous êtes macédonien, vous avez étudié en Angleterre et vous y avez vécu quelques années. Après, vous voyagez continuellement. On se demande où est votre «chez vous »?

Après mes études en Angleterre, je suis resté quelques années pour travailler avec la Maison de disques, avec laquelle je travaille toujours. Aujourd’hui, cela doit faire 12 ans qu’on travaille ensemble. Je suis retournée chez moi après avoir réalisé mon premier album. Je me suis marié là-bas et donc je suis établi en Macédoine. Je voyage partout, mais il faut que je retourne chez moi, là où tous mes proches, ma famille et mes amis vivent. Grâce à mes voyages, je fais connaître un peu plus les Balkans où des millions de musulmans vivent.

Quel est le message de votre dernier album «Tabassam»? Simplement «souriez»?

Oui, simplement ça. C’est un message direct aux musulmans. C’est quelque chose qu’on a déjà en nous mais, durant les temps courants, on commence à l’oublier. Sourire est une Sunnah, c’est de la charité que de sourire. Généralement, les musulmans sont connus en Europe et dans la plupart des pays comme étant des personnes sévères, alors que j’explique qu’au contraire, sourire est une dévotion pour Dieu. C’est une façon de rendre le sourire aussi populaire qu’il l’était avant. C’est un message de notre Prophète SAWS, lui-même: il voudrait que nous pensions d’une façon positive, que l’on soit toujours optimiste, même si l’on a de gros problèmes. Il faut juste essayer de sourire et de penser positif. Il y a d’autres morceaux dans l’album qui parlent de prière, de dévotion pour Dieu, pour le Prophète…

Vous semblez très optimiste. Votre chanson «Tabassam» et votre dernier album éponyme le sont aussi…

Oui, je suis quelqu’un de très optimiste! Mon nom a influencé ma personnalité: je m’appelle Mesut qui vient de «bonheur». Donc, je suis toujours content, j’essaie d’aller au-delà des problèmes et des angoisses. Je pense qu’il y a une bonne connexion entre cette chanson, ma personnalité et moi.

Une dernière question: vous, en tant qu’artiste religieux, vous avez sans doute remarqué une montée fulgurante de la haine contre les musulmans après les attentats de Charlie Hebdo en janvier dernier. Qu’en pensez-vous?

En tant qu’artiste, j’essaie de faire passer le bon message, surtout quand je rencontre d’autres cultures, surtout les non-musulmanes. J’essaie de parler de ce qu’est réellement l’islam. Quand ce tragique événement s’est produit, ça a détruit tout ce qu’on a essayé de bâtir. Une personne se présente et fait ça au nom de l’islam. Il a mis tous les musulmans dans le même sac, sous cette mauvaise image qui n’est pas vraie. Je crois que les Européens, une grande majorité d’entre-deux, n’établissent pas des raccourcis avec l’islam, parce que le terrorisme n’a pas de religion. Ce n’est pas possible d’associer l’islam au terrorisme, puisque le sens de l’islam est la «paix». Donc, comment parler de terrorisme?

Entretien réalisé par Yasmine Saih

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Les frères Akkaf

Freres akkaf mawazine 2015

Des sons teintés de reggae pour certains, une sorte de country «tachelhite» pour d’autres, le style signature des frères Akkaf auquel s’ajoutent des solos de guitare électrique, des reprises… Voici le programme des frères et fils Akkaf à la salle Renaissance où ils ont donné un concert intimiste, qui ne nous a pas tellement enchantés. Nous vous expliquons pourquoi…
C’est un public jeune que l’on a retrouvé pour le concert des frères Akkaf auxquels se sont ajoutés leurs fils. Des adolescents dansant le genre de danse qu’on retrouve dans les mariages, les bras en arrière, faisant «l’avion» devant la scène de l’espace Renaissance, sur une reprise approximative de Rude de Magic! Pas très à l’aise au début, ils se sont lâchés après les quasi-menaces de la chanteuse qui les connaissait un à un: «Levez les mains, je vous vois! Ne m’obligez pas à vous appeler par vos noms!», s’écriait-elle. En définitive, un public composé des amis et de la famille de la jeune chanteuse et des guitaristes. L’autre partie du public était composée de femmes accompagnées de leurs époux, sauf qu’ils étaient minoritaires: ils n’ont pas tardé à quitter la salle pour trouver quelque chose de plus intéressant à faire de leur fin de soirée.
La chanteuse qui, manifestement, manque cruellement d’expérience, malgré une jolie voix, se lance au jeu risqué du «complétez les paroles» et se heurte à un public qui répond par le silence. Non découragée pour autant, elle essaie de nouveau, en vain. Des blancs, encore et encore durant la même «chanson»… Si l’on peut dire que c’en était une. En réalité, ça se rapprochait plutôt d’un grand n’importe quoi, parsemé de «je ne vous entends pas!». A force de répéter la même erreur, la salle se vide littéralement afin d’échapper au boucan arythmique. Inconsciente de son terrible jeu de scène où elle sautille, tourne en rond sur la scène, fière d’elle-même. Vérifiant qu’elle a encore des cheveux sur la tête toutes les 10 secondes et buvant toutes les trente secondes de grosses gorgées d’eau comme si elle se livrait à un exercice de cantatrice. On se demandait surtout si ce n’était pas pour meubler le silence… Heureusement qu’il y avait la musique des frères Akkaf et surtout leurs talentueux fils et guitaristes solistes pour contrebalancer le désastre de la vocaliste qui aurait mieux fait de rester chez elle.

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Sting, le magique

sting

On s’est laissé porter par la magie de l’Englishman In Rabat qui, pour la seconde fois au Maroc à Mawazine, a fait chavirer les cœurs. Un public diversifié, hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, chantaient en cœur ses plus grands titres tels qu’«If I Ever Lose My Faith In You», «Desert Rose», «Shape Of My Heart» -qui s’est passé dans une ambiance presque religieuse- et hochaient la tête frénétiquement lors des morceaux de guitare ou de drums.
Au Maroc, l’interprète de «Roxanne» ne se fait pas prier. Il est chez lui, il enchaîne ses tubes l’un après l’autre, sans pause. Avec sa barbe mûrissante, un simple t-shirt et son pantalon ample presque «kendrissi», c’est un Sting baba cool qui s’est présenté devant nous. Manifestement très à l’aise avec son public qu’il commence à bien connaître.
Pas besoin de prier le public pour chanter avec lui, un «Yallah» suffit. Ça se fait tout naturellement autant sur ses titres personnels que les reprises comme «Every Little Thing She Does Is Magic», «Wrapped Around Your Finger» ou encore «Every Breath You Take», du groupe mythique The Police dont il était leader. Accompagné par une incroyable choriste et un musicien marocain pour les percussions, ses morceaux étaient encore plus percutants. On se souviendra du titre «The Hounds Of Winter». En un mot, Sting était SENSATIONNEL.

Yasmine Saih

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