Sahara : Baraka explique le modèle

Nizar baraka cese

Entretien avec Nizar Baraka, président du Conseil économique, social et environnemental (CESE)

«Le Modèle sera porté par les acteurs régionaux»

En marge de la sortie du nouveau modèle de développement économique et social des provinces du sud, Nizar Baraka, président du CESE, présente au Reporter les grandes lignes de ce modèle, ses particularités et ses objectifs.

Entretien

Tout d’abord quelles sont les spécificités de ce modèle de développement?

C’est surtout un modèle responsable qui, à travers la régionalisation avancée, assurera la proximité des centres de décisions au niveau local à travers la déconcentration. Ensuite, il permettra aux élus des régions du sud du Royaume d’assurer la mise en place de vrais programmes de développement régionaux qui répondront aux attentes et aux aspirations des populations. Enfin, il y a un véritable besoin de renforcer la concertation et la démocratie participative parce que, dans ces régions, il y a une société civile très dynamique et des acteurs économiques qui se sont organisés avec la CGEM-Sud. Il y a également des acteurs syndicaux qui sont très présents… Donc, nous avons tous les éléments pour assurer véritablement cette démocratie participative qui permettra d’avoir une approche plus intégrée et plus équitable dans le cadre du développement économique et social.

Vous parlez aussi d’un modèle de nouvelle génération. Pourquoi?

À travers les différentes rencontres que nous avons eues, nous avons pu découvrir qu’aujourd’hui, il y a une nouvelle génération, il y a de l’avenir au niveau de ces régions, il y a des compétences et il y a des notabilités qui ont du poids et contribuent à travers les investissements. Donc, l’idée est de veiller à mobiliser toutes les forces vives qui sont à même de porter le projet. Il y a lieu de favoriser, d’accompagner et d’encourager l’éclosion de toutes les initiatives et de toutes les potentialités qui existent au niveau de ces régions.

Et que proposez-vous de concret quant aux classes défavorisées auxquelles les autres programmes de développement n’ont pas profité?

Ce que nous proposons, c’est de mettre en place des filets sociaux de sécurité. Ces filets seront en fait basés sur le ciblage des populations les plus démunies qui vont avoir un soutien conditionné. C’est comme ce qui a été fait dans le cadre de «Tayssir», c’est-à-dire qu’on accorde un appui via la présence des enfants à l’école. Et c’est là une chose qui pourra être développée dans plusieurs autres domaines. L’idée est que nous puissions créer ces filets sociaux de sécurité qui, de manière progressive, pourront prendre le relai de la politique d’assistanat d’aujourd’hui qui est certes très importante, mais qui n’a pas donné les résultats escomptés en matière d’intégration de ces populations dans le cadre de la dynamique économique et sociale au niveau de ces régions.

Le modèle est presque parfait, sauf qu’il n’a été accompagné ni de programme de mise en œuvre, ni de calendrier, ni d’échéancier. Ceci ne risque-t-il pas de compromettre sa mise en application, voire sa réussite?

C’était le dilemme que nous avions. Il fallait savoir si on s’inscrit dans le cadre d’un plan de développement, auquel cas nous n’avons aucune légitimité pour le faire, puisque nous sommes un Conseil économique, social et environnemental. En plus, dans le cadre de notre conception, nous avons considéré que c’est la régionalisation avancée qui constitue en fait l’élément clé et le moteur de cette dynamique et, par conséquent, dès lors qu’on s’inscrit dans cette logique, ce sont les représentants de ces régions qui vont eux-mêmes élaborer leurs plans de développement à partir de leur connaissance des réalités, sur la base d’une réponse aux besoins et attentes des populations et sur la base aussi de ce qui peut être établi en concertation avec l’Etat et donc avec le gouvernement dans une logique contractualisée. C’est pour cette raison que nous avons tenu à ne pas mettre de plan d’action, parce qu’il ne s’agit pas d’un modèle porté par le Conseil et qu’il ne doit même pas s’agir d’un modèle porté par l’Etat. C’est un modèle qui doit être porté par les différents acteurs (locaux), puisque nous voulons sortir de cette logique où seule l’administration porte le développement dans ces régions et faire en sorte que l’Etat, bien sûr, mais le secteur privé et également les coopératives et les associations puissent véritablement assurer l’investissement et porter le développement au niveau de ces régions.

Dans son discours du 6 novembre, Sa Majesté a souligné que le développement de ces régions se fera conformément à ce modèle. Cela ne confère-t-il pas à ce dernier un caractère contraignant?

Au fait, nous sommes fiers que le modèle ait pris une place aussi importante dans le discours royal et qu’il puisse être considéré comme étant une base importante pour arriver à la mise en place des politiques et des plan de développement au niveau de ces régions. D’ailleurs, le Souverain a rappelé qu’il sera complété par des plans d’action et par un certain nombre d’éléments qui vont voir le jour. Et ça, c’est la responsabilité de plusieurs acteurs, dont bien sûr le gouvernement.

Personnellement, comment placez-vous ce modèle en termes de pérennité, vu que plusieurs plans et stratégies sectorielles ont déjà atteint leurs limites au niveau de ces régions?

En fait, le constat que nous avons fait est qu’il y a eu beaucoup d’efforts qui ont été déployés dans ces régions et beaucoup de stratégies sectorielles. La problématique, c’est qu’il n’y a pas de synergie et qu’il n’y a pas de vision intégrée de telle sorte que l’on n’arrive pas véritablement à atteindre les objectifs tracés, parce qu’on ne peut pas, par exemple, nous lancer dans la mise en place d’une zone industrielle si, derrière, il n’y a pas la connectivité nécessaire, s’il n’y a pas les différentes conditions, notamment en termes de climat des affaires pour que les gens puissent investir. C’est pour cette raison que nous avons considéré qu’il était essentiel d’avoir cette vision globale et de la porter pour que les différentes politiques, qui pourraient être mises en œuvre, puissent être coordonnées, mises en cohérence et territorialisées pour répondre à ses objectifs.

Propos recueillis par Hamid Dades

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