mercredi 23 août 2017

Marche de soutien au Rif : Ceux qui en ont profité

La marche nationale de solidarité avec le Rif et les revendications sociales de ses habitants a été marquée par la participation du mouvement «Al Adl Wal Ihssane» et du mouvement du 20 février (M20).

De nombreux citoyens ont marché pour soutenir les revendications des habitants du Rif, ce dimanche 11 juin 2017. La marche a débuté aux alentours de midi. Elle a sillonné les principales artères de la capitale du Royaume, partant de la place Bab El Had  et finissant devant de la gare ferroviaire de Rabat-Ville. La participation d’Al Adl Wal Ihssane et du M20 à la marche de Rabat n’est pas passée inaperçue. De même, elle n’a pas manqué de nourrir des inquiétudes quant à une éventuelle manipulation de ce mouvement social, pour servir des objectifs obscurs consistant à provoquer des heurts entre les manifestants et les forces de l’ordre, pour mettre en doute le climat de stabilité dont jouit le Royaume. Mais cela n’a pas été le cas.

La nature a horreur du vide  

L’autre fait marquant de la marche de solidarité avec le Rif a été cette absence quasi-totale des partis politiques marocains. Mis à part quelques membres de partis qui ont décidé de participer à titre personnel, malgré l’interdiction de leur formation. Profitant de l’occasion, qui ne s’était plus répétée depuis les protestations de 2011, le M20 et Al Adl Wal Ihssane n’ont pas éprouvé de difficultés à se faire remarquer pendant cet évènement qui s’est déroulé sans altercations, si ce n’était un petit accrochage sans gravité entre les «Royalistes» et quelques manifestants. Les forces de l’ordre étaient d’ailleurs là, prêtes à intervenir, dans le cadre de la loi, en cas de dépassement. Le mouvement de Abdessalam Yassine, passé après la mort de ce dernier entre les mains de sa fille Nadia, a même choisi de défiler seul. Une manière, selon les membres du mouvement islamiste radical, de se démarquer. Mais rien de tout cela n’aurait été possible sans le relâchement des partis politiques. C’est ce qu’affirment plusieurs observateurs de la vie politique nationale. Selon eux, «la marche de Rabat a prouvé encore une fois que les partis politiques marocains sont en perte de vitesse au profit d’autres parties qui gagnent du terrain et parviennent à influencer une grande partie de la population aigrie par l’insouciance de certains responsables et élus». Ce sentiment de frustration s’est accentué, comme l’expliquent l’opposition parlementaire, au lendemain de la publication du communiqué de la majorité dans lequel il a été question d’accuser les manifestants au Rif de servir des agendas extérieurs. Les mêmes observateurs ajoutent qu’en se désolidarisant des citoyens, les partis formant la majorité se sont écartés de leur mission principale, celle d’encadrer le peuple dans un climat de respect mutuel. Et le comble, c’est le silence du gouvernement, concernant le mouvement du Rif. Ce silence a d’ailleurs été reconnu par le porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi. Selon ce dernier, c’est ce manque de communication qui a donné aux citoyens l’impression que leurs problèmes et revendications ne sont pas traités.

Tout le monde veut être meneur de troupes

Al Adl Wal Ihssane et le Mouvement du 20 février ont répété des slogans plus ou moins virulents contre l’Etat et les responsables: «Liberté, dignité, justice sociale», «Libérez nos détenus» ou encore «Nous ne sommes pas des Aoubach (Apâches)». En plus du drapeau officiel du Royaume, d’autres emblèmes ont été hissés, comme celui utilisé par le mouvement amazigh et celui du mouvement du 20 févier qu’on n’a plus revu depuis 2011. Ce qui a été particulièrement remarqué dans cette marche, c’est que le mouvement Al Adl Wal Ihssane a choisi de marcher séparément. Une manière, selon ses membres, de se démarquer des autres courants et de marquer sa présence. Le chef du département politique d’Al Adl Wal Ihssane, Fathallah Arsalane, a par ailleurs déclaré que les détenus dans le cadre du Hirak du Rif doivent être libérés rapidement. Il a ajouté que les revendications des citoyens doivent trouver des réponses satisfaisantes, sans tarder.

Prenant part à la marche nationale de solidarité avec les manifestations du Rif, Abdelhamid Amine, membre de l’Association Marocaine des Droits de l’Homme (AMDH), a de son côté déclaré que les revendications des habitants du Rif sont celles de l’ensemble des Marocains, sans exception. Il a ajouté que les Marocains sont unis quand il s’agit de défendre les droits des citoyens.

Alors que l’Exécutif a pris conscience de sa bourde, il est temps qu’il joigne l’acte à la parole et joue son rôle, concernant la satisfaction des revendications…

Mohcine Lourhzal

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