vendredi 17 janvier 2020

Aqmi contre monarchie marocaine

roi mohamed VI maroc

Une vidéo a fait scandale, cette semaine. Elle est signée «Aqmi», datée du 1er septembre et consacrée au Maroc. C’est un appel à la déstabilisation terroriste du Royaume. Un produit Aqmi qui n’aurait même pas mérité une seconde d’attention, si d’autres n’avaient voulu en faire un événement politique…

La vidéo, d’abord. Signée par une organisation qui se dit islamiste, on s’attend à y trouver des prêches religieux, une élévation spirituelle, des serviteurs de Dieu qui exercent ou enseignent le prosélytisme et, en tout état de cause, qui donnent envie d’embrasser la religion qu’ils disent défendre.

Que dit la vidéo ?

Au lieu de cela, ce sont 41 minutes d’un concept simple: un assemblage de tout ce qui pourrait nuire au Maroc et à sa monarchie !
Mais un assemblage si pernicieux et perfide qu’il en dit beaucoup plus long sur ceux qui l’ont réalisé que sur le Maroc et son régime, pris pour cible.
Car, même si ces 41 minutes d’insultes, de haine, de manipulation d’informations et de grossière propagande, laissent perplexe, les premières questions qui viennent à l’esprit portent sur ceux qui ont fait ce «travail».
Précisons d’abord qu’il n’y a rien dans cette vidéo qui n’ait été déjà publié, su et vu par tous. Le grand exercice des auteurs de cette vidéo a consisté à mettre bout à bout tout ce qu’ils ont réuni sur le Maroc de négatif à leurs yeux. Aussi bien les critiques faites par les Marocains eux-mêmes, dans le cadre de la liberté d’expression et de l’ouverture démocratique que connaît le pays, que ce qui a pu être diffusé ou propagé contre le Maroc dans les médias et livres, à l’étranger.
Un Fatras où même les dernières critiques contre le festival Mawazine sont reprises… Où, Fouad Ali Al Himma, Mounir Magidi et André Azoulay sont encore une fois évoqués… Où il est reproché à la monarchie marocaine d’être pro-USA, Pro-Israël, pro-Juifs en général, pro-OTAN et anti-terroriste (sic). Le tout, entrecoupé de chants de propagande d’Al Qaïda et de citations de ses chefs, de Ben Laden à Abi Masab Abdelwadoud, dont le propos –notamment celui de Ben Laden- incite le musulman à la haine contre le Judéo-chrétien.

Comment réagir ?

Cette bande d’enregistrement aurait pu connaître le sort de tant d’autres produits des mêmes auteurs: c’est-à-dire, être vue par quelques services, quelques spécialistes du terrorisme (et, à la limite, par quelques fanatiques ou quelques curieux qui ont du temps à perdre), avant de rejoindre les poubelles de l’oubli. Mais il s’est trouvé des médias pour lui donner une tribune et une visibilité inespérées.
Dans leur hargne contre le régime marocain, ils n’ont pas voulu voir les valeurs universelles bafouées dans cette vidéo, l’antisémitisme primaire, l’incitation à la haine de l’Occident, ni l’appel au terrorisme. Tout ce qui leur importait, c’était les coups portés au Maroc et à sa monarchie…
Un Maroc et une monarchie qui sont restés trop longtemps à prendre des coups sans réagir.
Car, qu’est-il reproché à la monarchie marocaine ? D’exister ? Mais que n’a-t-on vu de «républiques monarchiques» ces dernières années ! Moubarak, Kadhafi, ne se préparaient-ils pas à donner le pouvoir à leurs fils ? Assad ne l’a-t-il pas fait ? Bouteflika ne souhaitait-il pas que son frère lui succède ?
Et puis, crevons un abcès. Il est reproché au Roi du Maroc d’être riche. Dans la vidéo, on parle des 2,5 milliards de dollars de fortune personnelle que le magazine Forbes lui attribue. D’abord, quoiqu’on en dise, nombre de ses pairs arabes ont bien plus que cela. Ensuite, pour un Roi, ce chiffre n’est pas faramineux. De simples citoyens ont bien plus que cela (voir la toute récente liste des milliardaires américains, avec à leur tête, Bill Gates avec ses 72 milliards de dollars).
Enfin, si le Roi du Maroc est riche, c’est grâce à ses affaires, reçues en héritage, qui sont fructifiées en toute légalité, comme c’est le cas de quelques hommes d’affaires marocains qui sont aussi fortunés que lui.
De plus en plus, les Marocains comprennent que bien des choses qui se disent sur ces affaires ne sont que pur fantasme ou pure calomnie.
D’autres, sous des cieux différents, s’enrichissent, eux, en s’appropriant les ressources du pays (pétrole, gaz, etc), qu’ils soient chefs d’Etat ou simples chefs militaires… Et personne n’en parle.

Qui est derrière ?

A ce sujet, les questions sont d’ailleurs nombreuses. Pourquoi est-ce le Maroc et sa monarchie, en particulier, qui sont ciblés ? Qui est derrière cette signature «Aqmi» ? Ses chefs étaient des Algériens du GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat) qui se sont ralliés à Al Qaïda pour devenir Aqmi. Mais Al Qaïda est une enseigne qui a plusieurs franchises dont chacune peut avoir ses propres chefs et propres financiers.
On a bien vu, dans les soulèvements d’Egypte et de Syrie que les islamistes étaient divisés et que chaque branche avait ses propres soutiens. Le Qatar et la Turquie ne soutiennent pas les mêmes que l’Arabie Saoudite et les Emirats.
Qui soutient et finance Aqmi ? Qui oriente ou inspire quelques-unes de ses actions ?
Il est impossible de vivre dans la clandestinité, de vivre d’argent propre et d’avoir autant de moyens… Ce sont des questions qui se posent.

Au nom de l’Islam ?

Autre question: quelle est l’activité d’Aqmi, à part de passer son temps à imaginer des complots et des stratégies de déstabilisation ? Ou alors, carrément, à tuer des innocents dans des plans d’attaques terroristes ? C’est ça qui est fait au nom de l’Islam ? De quel Islam s’agit-il donc ? De celui que les peuples et leurs gouvernants occidentaux ne peuvent plus voir en peinture, tant il a fait de ravages ? De l’Islam qui veut faire faire à ses populations un grand bond en arrière, tout en profitant des bonds en avant de l’Occident (voitures, téléphones portables, télévision, armes…) ?
Les jeunes d’aujourd’hui ne se reconnaissent pas dans ce monde dogmatique et sanguinaire dans lequel Al Qaïda veut les attirer. Ils sont bien mieux avec l’Islam tolérant et humaniste que des pays comme le Maroc pratiquent.
Ce qui frappe dans la vidéo, d’ailleurs, c’est qu’après toutes les attaques contre le Maroc et sa monarchie ; et après les images où il est reproché au pays sa pauvreté, ses bidonvilles… Viennent les appels aux jeunes pour qu’ils rejoignent Aqmi. Et là, les images sont celles d’un paysage lunaire ! On ne voit plus que des hommes armés déambulant dans des espaces déserts ou des forêts…
Ah, elle est belle, la perspective qu’on leur offre en échange de leur vie actuelle dans leur pays !

Que faire ?

Bien sûr, au Maroc, il n’est pas exclu que quelques fanatiques, ou jeunes désespérés, soient réceptifs à de tels appels. Mais le reste des citoyens marocains n’y prête, dans le meilleur des cas, qu’une attention amusée.
Les intellectuels, aussi bien que les militants, ne peuvent concevoir qu’une quelconque opposition vienne de l’étranger pour faire main basse sur le pays. Ils ne sont pas dupes. Si Al Qaïda, ou son appendice Aqmi, veut déstabiliser le Maroc, ce n’est pas pour étendre l’Islam à un Maroc déjà musulman. C’est pour y étendre son pouvoir.
Tout ce que peut faire le Maroc pour conjurer cela, c’est poursuivre, avec encore plus de force et de détermination, ses efforts sur la voie de la modernisation et de la démocratisation. Poursuivre le combat contre la pauvreté et pour la justice sociale. Lutter contre le dogmatisme et le sectarisme en luttant contre l’analphabétisme et les injustices C’est simple, mais ce n’est pas facile.

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