mardi 24 octobre 2017

AATB : De nouveaux ponts commerciaux arabo-africains

Les pays arabes et africains, réunis à Rabat les 22-23 février2017, ont lancé le programme Arab-Africa Trade Bridges (AATB). Une nouvelle initiative pour booster leur coopération économique et commerciale.

Sur la période 2011-2015, les exportations de 17 pays arabes vers le monde ont atteint 1.006 milliards de dollars US, alors que les exportations de ces pays arabes vers 22 pays d’Afrique subsaharienne (membres de l’OCI) ne sont évaluées qu’à 160 milliards de dollars. Ces chiffres indiquent clairement que le potentiel d’augmentation des importants flux d’exportation à travers une plus grande intégration islamique reste inexploité.

Dynamiser les relations commerciales

Pour combler cette lacune de taille, les pays arabes et ceux d’Afrique subsaharienne, membres de l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI), ont décidé d’un commun accord de mettre sur les rails une plate-forme stratégique, pour dynamiser leurs relations commerciales arabo-africaines. Cette plate-forme porte désormais le nom de «Programme Arab-Africa-Trade Bridges (AATB) qui a démarré à Rabat, le vendredi 22 février 2017, lors d’un Forum et a réuni diplomates et personnalités politiques et du monde du commerce.

Un programme régional

Le programme AATB est un programme régional qui ambitionne de promouvoir le commerce entre les pays arabes et ceux d’Afrique subsaharienne, d’une durée de trois ans. Il s’appuie sur le commerce pour accroître les opportunités économiques et soutenir la croissance durable, aussi bien dans les pays arabes que dans ceux d’Afrique subsaharienne. Plus précisément, les efforts de promotion du commerce seront axés sur des secteurs où une valeur ajoutée significative est créée, en particulier dans les industries. Le programme AATB se veut suffisamment dynamique et ambitieux, pour accueillir des modules supplémentaires lui permettant d’atteindre les objectifs tracés.

Promouvoir les flux commerciaux

Ces objectifs spécifiques seront de promouvoir et d’accroître les flux commerciaux entre les pays arabes et ceux d’Afrique subsaharienne, de fournir et d’appuyer le financement du commerce et l’assurance-crédit à l’exportation et, enfin et non des moindres, d’améliorer les outils de renforcement des capacités en matière de commerce.

Un outil à fort impact

En catalysant la croissance dans le commerce, où les volumes sont actuellement faibles, l’AATB se veut un outil à fort impact, pour contribuer à la réalisation d’une plus grande intégration économique et commerciale.

En deçà des attentes…

Lors de ce Forum, les intervenants n’ont pas manqué de remarquer que les échanges commerciaux arabo-africains n’ont pas encore atteint le niveau souhaité et qu’ils demeurent, de ce fait, en deçà des attentes des pays et des peuples des deux régions arabe et africaine. Ils en avaient pour preuve, chiffres à l’appui (les statistiques du Centre islamique du développement pour le commerce), le fait que «le volume des échanges entre les pays arabes et ceux d’Afrique était de seulement 2,1% en 2015, ce qui veut dire que des opportunités commerciales ne sont pas saisies entre les pays arabes et africains et ce, malgré une longue histoire d’échanges et de liens sociaux qui, normalement, devraient favoriser des relations commerciales plus fortes».

Déficit de communication

Ce faible taux des échanges entre les deux régions arabe et africaine, expliquent les intervenants, est dû aux problèmes d’accès aux différents marchés, mais aussi au manque de communication sur les marchés et au déficit des infrastructures appropriées. Ce qui a fait dire au Directeur général de la Société internationale islamique de financement du commerce (ITFC), Hani Salem: «Les échanges commerciaux entre les deux régions restent en deçà des aspirations et des attentes des pays de la région». Les chiffres sont en effet éloquents: outre le volume des échanges entre les pays arabes et africains qui était de seulement 2,1% en 2015, les exportations entre ces pays ne représentent que 12% des exportations totales arabes et 11% des exportations totales de l’Afrique subsaharienne.

Développer la coopération

Fier de son appartenance africaine, le Maroc est engagé à développer la coopération avec le continent subsaharien. Connaissant l’importance de la coopération arabo-africaine, toutes ses initiatives s’inscrivent donc dans sa vision de coopération Sud-Sud et de partenariat gagnant-gagnant. Dans ce sens, il a mené à bien des projets dans les secteurs du développement humain, technique, agricole, de l’assainissement et de l’énergie, en plus du développement de projets structurants comme, par exemple, le gazoduc avec le Nigéria et l’investissement en Ethiopie et au Niger pour développer l’agriculture et le secteur alimentaire.

Leader de développement

Le choix du Maroc, pour lancer le premier Forum arabo-africain et le programme de ponts commerciaux entre les deux régions, se base sur des réalités qui positionnent le Royaume en tant que leader du développement des relations arabo-africaines. Ce qui a fait dire à Mamoun Bouhdoud, ministre délégué auprès du ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Economie numérique, chargé des Petites entreprises et de l’Intégration du secteur informel, lors de son intervention à l’ouverture du Forum: «Le Maroc soutient toutes initiatives et actions visant à développer le partenariat entre les régions arabes et africaines et reste disposé à partager son expertise avec ses partenaires arabes et africains».

Mohammed Nafaa

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