Tanger accueille un forum de haut niveau sur le financement durable de la santé en Afrique

Tanger accueille un forum de haut niveau sur le financement durable de la santé en Afrique

La ville de Tanger accueille, mercredi, un forum de haut niveau consacré au financement durable de la santé en Afrique, avec la participation notamment de responsables gouvernementaux africains et de dirigeants d’institutions internationales.

Organisé en marge des travaux de la 58e session de la Commission économique pour l’Afrique des Nations Unies (CEA-ONU), cet événement d’envergure continentale, placé sous le thème “Investing in Africa’s Health”, vise à accélérer la mobilisation de ressources et à impulser des réformes structurelles pour un financement soutenable des systèmes de santé en Afrique.

S’exprimant lors de la session d’ouverture du Forum, le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Amine Tehraoui, a souligné que la santé n’est pas une dépense sociale, mais un investissement souverain, appelant à un changement de paradigme dans la manière de concevoir les politiques publiques en la matière.

“La véritable question aujourd’hui n’est plus de savoir si nous pouvons nous permettre d’investir dans la santé, mais si nous pouvons nous permettre de ne pas le faire”, a-t-il affirmé, mettant en garde contre les risques macroéconomiques liés à la faiblesse des systèmes de santé.

Le ministre a relevé que les crises récentes ont mis en évidence les vulnérabilités des systèmes sanitaires africains, notamment la dépendance aux chaînes d’approvisionnement extérieures et les capacités industrielles limitées, plaidant pour un renforcement de la souveraineté sanitaire à travers la production locale, la gouvernance et la résilience des systèmes.

M. Tehraoui a, par ailleurs, mis en avant l’expérience marocaine en matière de réforme du système de santé, conduite sous le leadership de SM le Roi Mohammed VI, notant que la couverture sanitaire universelle bénéficie aujourd’hui à 88% de la population, soit plus de 32 millions de citoyens.

Il a précisé que cette réforme repose sur plusieurs axes, notamment le renforcement de la gouvernance, la réorganisation de l’offre de soins autour des soins primaires, l’investissement dans les ressources humaines et l’accélération de la transformation digitale du secteur.

Pour sa part, la ministre de l’Economie et des Finances, Nadia Fettah, a souligné que la santé constitue désormais un levier central de stabilité économique et de développement, relevant que la santé n’est plus un secteur isolé, mais un moteur structurant de nos économies, d’où l’importance pour les ministres des Finances de traduire cette vision en mécanismes de financement durables et en résultats concrets au profit des populations.

Mettant en avant l’expérience du Maroc, la ministre a indiqué que le Royaume, sous la conduite de SM le Roi Mohammed VI, a fait du capital humain et de la santé un pilier de son modèle de développement, avec une couverture médicale pour près de 88% de la population, expliquant que cet effort se traduit par une amélioration de l’accès aux soins, le renforcement des infrastructures et le soutien aux professionnels de santé, ainsi que la consolidation de la souveraineté sanitaire à travers le développement d’une base pharmaceutique nationale.

Mme Fettah a, en outre, souligné que les ressources publiques ne sauraient suffire à elles seules, appelant au renforcement des partenariats public-privé afin d’accélérer et d’amplifier les investissements dans le secteur.

Elle a également appelé à une coopération accrue entre les pays africains, estimant que le renforcement de la collaboration continentale n’est pas une option, mais une nécessité face aux défis communs.

Quant au Secrétaire général adjoint de l’ONU et Secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), Claver Gatete, il a relevé que le financement de la santé en Afrique fait face à un contexte marqué par la contraction des marges budgétaires, la hausse du coût du capital et le recul de l’aide au développement, précisant que malgré des dépenses élevées, moins de la moitié provient de financements publics, tandis que le poids de la dette continue de peser sur les budgets nationaux.

Face à cette situation, M. Gatete a appelé à repenser les modèles de financement en s’appuyant sur des instruments innovants et une mobilisation accrue des ressources domestiques, tout en mettant en avant le rôle de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) comme levier d’intégration, d’investissement et de renforcement des systèmes de santé à l’échelle du continent.

En outre, le président de la Commission de l’Union africaine (CUA), Mahmoud Ali Youssouf, a affirmé que le financement de la santé doit être considéré comme un investissement stratégique et non comme une dépense, appelant ainsi à renforcer la souveraineté sanitaire à travers la production locale de vaccins et de médicaments, à améliorer la gouvernance et à explorer des mécanismes innovants comme les échanges de dette, tout en mobilisant davantage les partenaires privés et philanthropiques.

Les autres intervenants ont, par ailleurs, souligné l’importance de renforcer le financement durable des systèmes de santé en Afrique, insistant sur la nécessité de réformes structurelles pour améliorer la résilience des systèmes sanitaires, accélérer l’accès équitable aux soins et soutenir la production locale de médicaments et de vaccins, tout en faisant de la santé un levier essentiel de développement économique et d’intégration continentale.

Ce forum intervient en marge de la 58e session de la CEA (28 mars-3 avril), placée sous le thème “Croissance par l’innovation : exploiter les données et les technologies de pointe au service de la transformation économique de l’Afrique”, qui réunit ministres africains, décideurs politiques, partenaires au développement, chercheurs et représentants du secteur privé autour des grands enjeux économiques et de développement du continent.

Tout au long des travaux de cette session, les ministres, les gouverneurs des banques centrales, les décideurs politiques, les dirigeants du secteur privé et les partenaires au développement analyseront comment les technologies de pointe, notamment l’Intelligence artificielle, les infrastructures publiques numériques et les systèmes de données avancés, peuvent stimuler la productivité, la diversification économique et la transformation structurelle des économies africaines.

LR/MAP

Voir aussi

Le Maroc honoré à Washington par l’Association des attachés éducatifs et culturels WECAA

Le Maroc honoré à Washington par l’Association des attachés éducatifs et culturels WECAA

Le Royaume du Maroc a été honoré par la prestigieuse “Association des attachés éducatifs et …

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Captcha Plus loading...

,
,