Istiqlal Où s’arrêtera Chabat?

Tenu en haleine, depuis un certain temps par le parti de l’Istiqlal et Hamid Chabat, un large public d’intéressés, de politiciens et de marocains a crié, comme l’on crierait à la finale d’une coupe du monde de football: «C’est fini!».

Chabat meeting

En effet le comité exécutif du parti de l’Istiqlal a finalement mis à exécution la décision du conseil national de se retirer du gouvernement et la présentation par les ministres du parti de leur démission au chef de l’exécutif…
Il était temps, certes, mais est-ce là où s’arrêtera Hamid Chabat ? Est-ce tout ce qu’il voulait faire au bout d’une carrière de syndicaliste et politicien ayant toujours opté pour la politique du «contraire»…
Au début, l’objectif était de prendre la place d’Abderrazak Afilal, historique patron du bras syndical du PI, l’UGTM.

Passée cette étape et profitant d’un concours de circonstances (Printemps arabe, vieillissement de l’élite politique au Maroc, naissance de nouveaux courants, rejet de pratiques et de noms qui ont longtemps dominé la scène politique…), Chabat va encore déclarer la guerre au Secrétaire général du PI, Abbas El Fassi et, à travers lui, à toute la famille El Fassi… Il saura alors mener la guerre pour se retrouver Secrétaire général de l’historique parti marocain en battant même (peu importe si c’était loyal ou pas), le fils du fondateur du parti Abdelouahed El Fassi, dont le mouvement de contestation n’a eu aucun effet sur la montée spectaculaire du nouveau visage de l’Istiqlal…
Ensuite, c’est d’abord avec le PJD qu’il va composer, comme faisant partie de la majorité au pouvoir (aux côtés du MP et du PPS)… La communion semblait être à son apogée quand soudain, Chabat, ne supportant plus un second rôle dans cette composition gouvernementale, se met à attaquer le chef de Gouvernement auquel il reproche de privilégier son parti (PJD), d’agir de manière non concertée, de prendre unilatéralement ses décisions… Et il remet un mémorandum menaçant de quitter le gouvernement si jamais les choses ne rentraient pas dans l’ordre (l’ordre comme il l’entend). L’Homme se voyait bien sûr, comme auparavant, à la place d’un autre…
Qu’importe ce que ça peut coûter. C’est clair que c’est ça ou rien. Quitte à se retrouver dans l’Opposition. Une opposition qui, selon des députés Istiqlaliens, ne fait pas peur au Parti pour y avoir été pendant des années…

Et demain l’opposition…

Avec Ramadan, le feuilleton, de très mauvais goût d’ailleurs, du retrait de l’Istiqlal du gouvernement Benkirane touche à sa fin. Deux mois après la décision du conseil national de se retirer du gouvernement, lundi 8 juillet, le comité exécutif du parti de l’Istiqlal en a annoncé le retrait. Le lendemain mardi, les ministres de l’Istiqlal ont présenté leur démission au Chef du gouvernement, conformément à la Constitution. «Nous passons dès aujourd’hui à l’opposition», a indiqué le porte-parole du PI. Le parti a appelé ses deux groupes au Parlement à une réunion avec la direction à une date ultérieure, afin de mettre au point la méthodologie de travail et de coordination qu’exige l’opposition.
Au-delà des spéculations sur les scénarios possibles pour sortir la majorité de sa crise actuelle, après le retrait de l’Istiqlal, les questions qui se posent aujourd’hui concernent le sort réservé à des affaires prioritaires pour le pays. La crise de la majorité a pratiquement fait entrer les institutions, notamment l’Exécutif et le Parlement, dans une situation d’attentisme, qui coûte cher. Outre la réforme de la Caisse de compensation, la refonte des Caisses de retraite et le retard de l’adoption de lois organiques, il existe un risque que la loi de Finances 2014 soit bâclée ou retardée. Le ministère de l’Economie et des Finances était aux mains d’un Istiqlalien (Nizar Baraka), qui a démissionné suite au retrait de son parti et le processus d’élaboration de la loi de Finances peut en être très affecté…
Il existe bien d’autres conséquences et certaines plus lourdes. Notamment, le coût d’élections anticipées, vœu pieux de Chabat qui désire voir le peuple marocain le départager de Benkirane, voire le choisir à sa place… Grand vœu, camouflé sous la cape de la défense des «grands intérêts de la Nation» que Chabat est seul à voir, quand nul ne peut prévoir où il va décider de s’arrêter… Et si demain encore, il déclarait la guerre à cette opposition qu’il vient d’intégrer parce qu’il s’y sentirait à l’étroit?

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