Il faut sauver «le soldat» Ould Salma !

Ils l’ont fait ! Ils ont arrêté Mustapha Ould Salma Ould Sidi Mouloud mardi 21 septembre au soir, à son arrivée au poste frontière qui mène du territoire mauritanien aux camps de Tindouf.

Des miliciens du Polisario, racontent les dépêches d’agences, sont arrivés dans la nuit de mardi à mercredi à bord de deux véhicules militaires. Ils ont enlevé Mustapha Ould Salma, au niveau de la région de Mhiriz, puis ils l’ont conduit «vers une destination inconnue»…

 

Un peu plus tôt dans la même journée, cet ex-responsable de la police du Polisario adressait un message à l’opinion publique sahraouie et internationale dans lequel il persistait à défendre son droit à exprimer librement ses opinions et convictions et demandait le soutien de tous. Bravant les menaces, il continuait de se diriger vers Tindouf où se trouve sa famille en revendiquant ce droit et en demandant ce soutien.

Rappelons l’histoire de cet homme. Depuis l’âge de 11 ans, il vit dans les camps de Tindouf. Il y a gravi tous les échelons jusqu’à devenir le responsable de la police. Cet été, grâce à l’ONU, il a pu bénéficier d’un voyage à Smara où vit son père (qu’il voulait voir). Il arrive dans cette ville et découvre tout ce que les maîtres de Tindouf cachent à ceux qui vivent dans les camps. Il prend notamment connaissance de la proposition marocaine d’autonomie élargie et trouve qu’elle vaut la peine de servir de base à une négociation entre le Maroc et le Polisario. Il tient alors uns conférence de presse (à Smara) et le dit. Mais, au contraire des autres responsables du Polisario qui ont regagné le Maroc, il ne décide pas de rester à Smara. Il annonce qu’il compte bien revenir auprès des siens dans les camps de Tindouf et y expliquer son point de vue.

C’est là que commence son chemin de croix. Il se rend à Zouérate, en Mauritanie pour prendre la route des camps. Mais il y reçoit les menaces du Polisario. S’il revient à Tindouf, lui dit-on, il sera arrêté. Il est révolté. L’empêcher de revenir auprès de sa femme et de ses enfants parce qu’il a dit ce qu’il pensait ? Il refuse de se soumettre. Bien que sachant ce qui l’attend, il poursuit son chemin vers «chez lui»… Jusqu’à ce qu’il soit arrêté.

On imagine le traitement que le Polisario a dû lui réserver et ce qu’il endure en ce moment même.

Son courage force le respect.

Mais les habituels défenseurs des droits des Sahraouis, en Espagne, dans les îles Canaries et aux alentours, restent murés dans un silence qui étonne. N’est ce pas un Sahraoui ? N’est-il pas victime d’une violation du droit à la liberté d’expression ? Pourquoi Ould Salma n’est-il pas soutenu dans ces milieux comme l’avait été Aminatou Haïdar ? Deux poids, deux mesures ?

En plus de la geôle et de très probables tortures, il faudrait encore qu’il endure l’indifférence ? Nombreux sont ceux qui ont décidé qu’il n’en serait pas ainsi !

Le «soldat» Ould Salma devra être sauvé. Appels à l’ONU, protestations, sit in, manifestations… Et même, s’il le faut, une marche sur Tindouf, ou un gigantesque rassemblement aux portes de l’Algérie… Les idées ne manquent pas. Mais il faudra sauver le «soldat» Ould Salma !

Un Comité d’action pour sa libération a été créé mercredi à Smara par des membres de sa famille et des proches.

Et plusieurs appels fusent exigeant la libération immédiate et sans conditions de cet homme dont le seul crime est de vouloir lancer un débat dans son camp.

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