mercredi 22 mars 2017

Halieutis : Le bilan du Plan à Agadir

Au bout de sept ans d’existence, le plan Halieutis, dont le miroir est incontestablement le Salon du même nom, qu’abrite Agadir depuis 4 éditions déjà, a gagné tous ses paris. Chiffres à l’appui, les exportations ont atteint 19,4 MMDH en 2015 et représentent presque la moitié (48%) des exportations des produits agro-alimentaires.

Continuant sur cette lancée, le Salon, qui a ouvert ses portes mercredi 14 février, donne en effet à voir sur cette avancée du secteur mu par un plan national d’une grande portée.

Lancée il y a près de 7 ans, la stratégie de développement Halieutis -saluée comme un modèle du genre- a rempli une grande partie de ses objectifs d’optimisation, de durabilité et de valorisation du secteur. Ainsi, près de 94% des espèces débarquées sont gérées durablement et la plupart des indicateurs socio-économiques affichent des taux de réalisation supérieurs à 65% par rapport aux cibles fixées à horizon 2020.

L’innovation n’est pas en reste. Les investissements considérables de l’Etat dans la Recherche et Développement, ainsi que la valorisation des produits de la mer ont également ouvert de nouveaux marchés aux entreprises marocaines. En misant sur des produits innovants, le secteur halieutique marocain est parvenu à diversifier son offre et, par là même, a entamé sa montée en gamme.

La dynamique créée par le Plan Halieutis 2020, combinée à l’important potentiel halieutique marocain, ont tiré le secteur vers le haut. Ce qui laisse entrevoir un avenir des plus prospères pour l’industrie nationale.

Aujourd’hui, tous les indicateurs du secteur sont dans le vert et, depuis le lancement de la Stratégie Halieutis, le secteur de la pêche est en expansion continue, avec une croissance sensible de la production, des exportations et des investissements, grâce notamment à la modernisation des infrastructures et aux investissements industriels. Plusieurs exemples sont à relever dans ce cadre, mais l’on s’en tiendra, dans ce cas précis, au programme «Ibhar», dans le cadre duquel il a été procédé à la modernisation et la mise à niveau de la flotte nationale côtière et artisanale. Une poussée qui a d’ailleurs libéré les énergies et a permis à la production nationale de faire un pas de géant pour passer, en très peu de temps, de 950.000 tonnes en 2011 à 1,46 million de tonnes en 2016. Quant aux exportations, elles ont atteint 19,4 MMDH en 2015. Des chiffres qui placent le Royaume au 1er rang des producteurs africains et au 25ème rang à l’échelle mondiale.

L’état de santé de la filière  

Les professionnels et les acteurs de la filière halieutique nationale, contactés au Salon, ont quasiment tous attesté au «Reporter» que si le secteur est aujourd’hui porteur, c’est  grâce au Plan Halieutis.

Bénéficiant de côtes d’une longueur de 3.500 km, le Maroc a acquis ces dernières années une solide compétence dans l’exploitation durable de cette ressource et peut espérer devenir l’un des chefs de file mondiaux dans ce domaine. Les industries nationales de la pêche, de l’aquaculture et de la transformation du poisson bénéficient d’un contexte particulièrement favorable, pour réussir ce challenge.

Ainsi, le Plan Halieutis a permis d’améliorer tous les indicateurs de performance, en l’occurrence le PIB, la Production, les Exportations et les emplois. La production halieutique enregistre une hausse en volume, avec 1.465.000 tonnes débarquées en 2016 (en hausse de 7% par rapport à 2015), soit une croissance annuelle moyenne de 4% sur la période 2010-2016. En 2016, la production représente 88% de l’objectif fixé par Halieutis en 2020 (1.660.000 tonnes). Et une hausse en valeur, avec 11,5 MMDH en 2016 (en hausse de 8% par rapport à 2015). Ceci correspond à une croissance annuelle moyenne de 10% sur la période 2010-2016.

A l’export, les chiffres sont également en nette progression. En volume, on compte 642.000 tonnes en 2015, en hausse de 10% par rapport à 2014, ce qui correspond à une croissance annuelle moyenne de 5% sur la période 2010-2015.

En valeur, on enregistre 19,4 MMDH en 2015, en hausse de 14% par rapport à 2014, correspondant à une croissance annuelle moyenne de 8% sur la période 2010-2015.

Il y a lieu de noter aussi qu’en 2015, les exportations en valeur représentent 65% de l’objectif fixé par Halieutis en 2020 (3,1 Mds$).

Parallèlement, l’emploi se porte bien aussi bien en mer, avec 129.000 emplois en 2015, qu’à terre où l’on compte  89.000 emplois, en 2016, soit 85% de l’objectif fixé par Halieutis pour 2020 (105.000).

Du coup, le PIB du secteur (pêche, aquaculture et industrie) enregistre une  croissance positive avec 15 MMDH en 2015 et une  croissance annuelle moyenne de 8% sur la période 2007-2015. Ce qui correspond à 82% de l’objectif fixé par Halieutis pour 2020 (18,3 MMDH). Un état des lieux qui a drainé des investissements dans les unités de valorisation à terre de plus en plus conséquents, soit 389 MDH en 2015 et  une croissance annuelle moyenne de 9% sur la période 2010-2015.

Commentées par Aziz Akhannouch, ministre de de l’Agriculture et de la Pêche maritime, ces données montrent à quel point le secteur connaît un développement sans précédent, grâce notamment au Plan Halieutis qui a «fortement encouragé l’investissement». Ce dernier ayant évolué de +8% pour près de 2,1MMDH et la naissance de 6 nouvelles unités de production pour 4.000 emplois.

«Le secteur se porte mieux», a encore attesté Akhannouch, prenant pour preuve «la disposition des banques à financer les projets dans ce secteur», chose, a-t-il relevé, qui n’existait pas auparavant, compte tenu de la désorganisation de ce dernier. Et d’insister: «Aujourd’hui, grâce à ce plan et à un travail sérieux et assidu, aussi bien pour la pêche hauturière que traditionnelle, tout se fait dans la légalité et dans un cadre bien défini. En juge l’inscription à la CNSS de près de 70% des employés du secteur, alors qu’au lancement d’Halieutis, c’était 0%. Ceci étant, il y a encore des efforts à faire pour arriver, à terme, aux objectifs tracés au départ». (Voir entretien du ministre dans la rubrique Entretiens).

DNES à Agadir, Hamid Dades

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