mardi 12 novembre 2019
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Inadmissible !

La coupe est pleine ! Et les familles marocaines ne savent plus à quel Saint se vouer.

Les parents ne veulent plus rien savoir de ce qui est demandé, de ce qui est accordé et de ce qui ne l’est pas. Ils ne voient qu’une seule chose: le préjudice que subissent leurs enfants, dont l’année scolaire a été quasiment blanche…

Voilà en effet presque une année que des écoles ne fonctionnent plus normalement, que des élèves n’apprennent plus rien, que des pseudo-enseignants alternent les absences et les grèves juste pour obtenir –c’est une véritable honte- les avantages de leur recrutement !

Il s’agit, bien sûr, de ceux qu’on appelait les enseignants-contractuels. Il ne faut plus les appeler comme ça, a dit le ministre de l’éducation nationale, Saïd Amzazi, puisque son département est allé de concession en concession, jusqu’à supprimer le mot «contrat» de l’engagement qui lie un enseignant à une AREF (Académie régionale de l’Education et de la Formation), l’enseignant devenant un cadre de cette AREF.

L’histoire a été cent fois rabâchée, mais rappelons-là, en quelques mots. Le gouvernement ne pouvant créer plus de 25.000 emplois par Loi de Finances (donc, par an), a trouvé un moyen pour en créer 60.000 qui répondraient aux besoins de l’éducation nationale, en termes d’enseignants. L’idée était de ne pas les intégrer à la Fonction publique, mais de charger chaque AREF de recruter des enseignants, sur la base d’un contrat. D’où leur 1ère appellation: les enseignants contractuels. Une méthode utilisée dans de nombreux pays, dont le plus proche de nous: la France.

Il était ainsi prévu que ces enseignants signent un contrat à durée déterminée (CDD), chacun avec son académie régionale, avec l’avantage de bénéficier d’une formation, dans le cadre de ce «deal».

Mais voilà que les enseignants n’ont plus accepté les termes du contrat. Revirement des enseignants, ou cafouillage du ministère ? Peu importent les raisons, les deux parties se rejettent les torts. Les parents, eux, ne voient qu’un résultat: le long cycle de manifestations et de grèves qui a alors été entamé et qui dure à ce jour ! Le ministère dit avoir tout concédé aux enseignants… Tous les avantages de leurs collègues de la Fonction publique, sauf la possibilité d’être mutés de région en région, étant entendu que cette stratégie entre dans le cadre de la régionalisation avancée. Les enseignants, de leur côté, encadrés par 5 syndicats (d’où une certaine politisation du dossier), réclament ce droit de mutation dans tout le territoire national, ainsi que l’intégration au système de retraite de leurs collègues de la Fonction publique. Certains continuent de réclamer leur intégration pure et simple à la Fonction publique.

Alors, quoi ? Alors, après le récent accord entre les deux parties, où les enseignants devaient reprendre les cours le 15 avril et le ministère devait annuler toutes les sanctions et débloquer les salaires… Nous revoilà à la case grève et rupture de dialogue ! Une partie des enseignants n’a pas repris le travail à la rentrée des vacances scolaires et le ministère a annulé la réunion qui était prévue pour le 23 avril, déplorant «l’absence des conditions minimales permettant la mise en place d’une négociation sérieuse et responsable». 

Les parents s’arrachent les cheveux ! Et l’on ne peut que les comprendre. Ceux qui vont payer le prix cher de ce bras de fer engagé par les enseignants, ce sont les enfants ! Le système éducatif national compte déjà de nombreux problèmes et l’absence de confiance des Marocains dans leurs écoles a atteint, depuis longtemps, les niveaux d’alerte les plus inquiétants. L’enseignement dispensé est faible, non formateur et non attractif. L’école ne remplit plus aucune des fonctions qu’on lui connaissait. Ni réel savoir, ni véritable civisme, ni possible ascenseur social… Les enseignants sont souvent d’un niveau affligeant. Nombre d’entre eux sont, en plus, cupides, poussant les élèves à des «cours de rattrapage» payants. Pour leur part, les élèves, non encadrés, basculent dans le rejet et l’indiscipline, voire  la violence… Il ne manquait plus que ces absences qu’ont subi les élèves, cette année, du fait du problème des enseignants des AREF. Des enseignants qui auraient pu, protester et revendiquer autant qu’ils le souhaitaient, mais en allant aux classes où les attendaient les écoliers, en se contentant d’un port de brassard. Ce chantage fait au ministère, sur le compte et au détriment d’innocents élèves est proprement scandaleux ! Le poursuivre est inadmissible. Il faut mettre un terme à tout cela.

Bahia Amrani

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