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Coronavirus et pouvoir : Ces leçons d’humilité pour les «Tout-Puissants»…

Tout le monde en conviendra, le grand danger qui menace aujourd’hui la vie humaine –c’est-à-dire votre vie, la nôtre, celle de tout un chacun à travers la planète- c’est bien cette épidémie du nouveau Coronavirus qui s’est déclarée en Chine, dans la ville de Wuhan ; et qui s’est propagée avec la vitesse que l’on sait, dépassant en quelque 4 semaines, dans la seule Chine continentale (hors Hong Kong et Macao), les 1.100 morts, sans compter les plus de 44.650 personnes contaminées (dernier bilan à l’heure où ces lignes sont écrites).

Un grand danger, parce que malgré une vigilance extrême et le rapide contrôle sanitaire, mis en place aux frontières par les Etats, le risque zéro de contamination n’est pas garanti. Sournoise, la maladie peut s’installer dans le corps humain pour deux semaines d’incubation, avant d’être détectée. Entre temps, la contamination court, à l’insu des donneurs comme des receveurs. C’est ce qui s’est passé avec cet homme d’affaires britannique qui a contracté le virus, sans le savoir et l’a transmis à plus d’une dizaine de personnes. La presse de son pays l’a surnommé «Super-spreader» (Super-propagateur). Juste une poignée d’autres comme lui et le spectre de la propagation à l’international deviendra une réalité. Ce qui engendrera, non plus une épidémie, mais une pandémie !

Bien sûr, tous ceux qui peuvent faire quelque chose le font pour éviter cela.

Le monde est désormais mobilisé contre ce nouveau Coronavirus qui vient de se voir attribuer le nom officiel de «Covid-19».

De partout, les signaux d’alarme sont tirés.

Mais, de voir un simple virus ébranler la planète entière et retourner autant de situations en si peu de temps, donne à réfléchir…

Certes, certes, ce n’est pas la 1ère fois qu’une épidémie bouleverse la donne. Depuis la peste et ses ravages au Moyen âge, jusqu’au Sras (syndrome respiratoire aigu sévère) des dernières années, l’humanité en a connu des dégâts causés par les épidémies et/ou pandémies.

Cependant, jamais le monde n’a aussi clairement incarné l’image d’un colosse aux pieds d’argile ! Jamais les destins de pays vivant aux antipodes les uns des autres n’ont paru aussi liés, aussi dépendants !

Sans cynisme, ce sont les (autres) effets de la mondialisation…

Et, oui, les «Messieurs qu’on nomme grands» ont toute latitude pour en tirer les leçons, s’ils veulent bien faire preuve d’assez humilité pour cela.

Regardons la Chine. Pays à l’apogée de sa réussite économique, de son rayonnement à l’international. Une croissance du PIB à 2 chiffres sur plusieurs années, au moment où l’Occident, poussif, atteint difficilement les 3 à 4 %. Un «éveil» qui a effectivement fait trembler la terre (quand la Chine s’éveillera, la terre tremblera, nous avait-on prédit…). Une route de la soie revisitée. Des projets toujours plus grands, visant toujours plus haut. Et… patatras. Un virus et tout vacille ! Cela tient à si peu et nul n’est à l’abri… «Rien n’est jamais acquis à l’homme, ni sa force, ni sa faiblesse…», a dit le poète (Brassens). Il ne faut donc ni abuser de sa force, ni désespérer de sa faiblesse. «Messieurs les Tout-Puissants», pensez-y.

Mais ceux qui lorgnaient vers la Chine en scrutant ce qui pourrait freiner ou réduire sa suprématie, ne peuvent se réjouir de ce coup du sort. Pour la simple raison qu’il a –ou aura- des répercussions sur eux aussi, sur le monde entier !

C’est cela, la mondialisation.

Il suffit d’inondations en Australie (2011)… Et les cours mondiaux du blé flambent, frappant de plein fouet nos pauvres économies, via nos importations de blé. Des installations pétrolières saoudiennes sont attaquées (2019)… Et les cours du pétrole s’envolent, pénalisant tous les importateurs d’hydrocarbures. Aujourd’hui, un virus attaque en Chine et tous les pays sont sous la menace. Ni tourisme (les annulations de réservations s’enchainent partout), ni activités industrielles en Chine (les opérateurs du secteur automobile ont fermé momentanément leurs usines), ni autre préoccupation que de mettre au point un vaccin, qui ne sera pas prêt avant 18 mois, selon l’OMS (Organisation mondiale de la santé), pour tenter d’en finir avec ce virus assassin… Les ministres de la Santé de l’Union européenne ont décidé de se réunir en urgence jeudi 13 février à Bruxelles pour voir comment faire face à cette situation de guerre contre un si singulier ennemi commun… Le Directeur Général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, l’a dit: le nouveau Coronavirus est «l’ennemi public numéro un», une «très grave menace pour le reste du monde». Sa menace est pire que celle du terrorisme ! En effet, à quoi servent les pouvoirs des puissants, s’ils ne peuvent plus aller ou que ce soit sur la planète, sans craindre pour leur vie, juste en respirant l’air que se partagent riches et pauvres, personnes saines et personnes malades ? «Messieurs qu’on nomme grands», pensez-y.

Pensez également à une chose qui nous tient tant à cœur, nous autres femmes et hommes des médias. Pensez à l’utilité de la communication, que vous dédaignez, voire piétinez, de plus en plus méprisemment, en confondant information et propagande. Si le vaillant médecin lanceur d’alerte, le docteur Li Wenliang, avait été écouté au lieu d’être sanctionné pour avoir voulu informer sur la menace du virus, si on avait permis aux médias de relayer ses mises en garde auprès de la population, on n’en serait pas là. Voilà une faute qui aura coûté cher à ses auteurs, mais pas seulement. Le monde entier en paie le prix. La dernière leçon qu’il y aurait donc à retenir, c’est que dans le village planétaire qui est devenu le nôtre, il faut garder, très présent à l’esprit, que toute décision prise, même la plus insignifiante en apparence, pourrait avoir un impact mondial.

Bahia Amrani

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