mardi 25 juillet 2017

Les Marocains chrétiens sortent de la clandestinité

Ils se plaignent auprès du CNDH et veulent une vie religieuse comme tout le monde en évoquant la Constitution de 2011.

«Nous étions obligés de nous cacher pour faire notre prière et exercer nos préceptes religieux. Aujourd’hui, nous avons décidé de ne plus vivre dans la clandestinité». C’est ce qu’a dit un chrétien marocain au Reporter, tout en précisant: «Nous avons décidé de manifester, hausser le ton et dire à tous que nous sommes de confession chrétienne et que, par conséquent, nous n’avons plus à garder enfouie en nous notre chrétienté».

Forts de la Constitution de 2011…

C’est en se sentant forts du contenu de la Constitution de 2011, reconnaissent les chrétiens marocains, qu’ils crient haut et fort qu’ils revendiquent, désormais, le droit d’exercer leur culte religieux, au vu et au su de tout le monde. Ils rappellent dans ce sens le préambule de la loi suprême du Royaume: «La prééminence accordée à la religion musulmane dans ce référentiel national va de pair avec l’attachement du peuple marocain aux valeurs d’ouverture, de modération, de tolérance et de dialogue, pour la compréhension mutuelle entre toutes les cultures et les civilisations du monde».

Leurs revendications

Ceux qui se disent chrétiens marocains veulent, aujourd’hui, en aviser les responsables de leur pays, avant de faire part de leurs revendications aux organismes internationaux pour défendre leur cause. Ils estiment qu’ils sont en droit d’avoir le libre accès aux églises, comme les musulmans aux mosquées, pour y pratiquer leurs rites religieux. Ils refusent que leurs enfants, chrétiens comme eux, soient obligés de fréquenter les écoles de l’enseignement public. Ils expriment aussi leur crainte d’être obligés de s’abreuver des préceptes de l’islam et d’apprendre malgré eux le Coran.

Parmi les autres revendications soutenues par les chrétiens marocains, ils demandent de leur permettre, ainsi qu’aux membres de leurs familles, d’inscrire à l’état civil des noms chrétiens, comme Jean ou Pierre, au lieu d’Ahmed ou Mohamed. Ce que les municipalités de tout le Royaume refusent aujourd’hui. Les chrétiens marocains reviennent sur leurs multiples doléances. Ils réclament, entre autres, le droit d’enterrer désormais leurs morts dans les cimentières où l’on enterre généralement des personnes de confession chrétienne.

Ouvrir un dialogue

Les Marocains chrétiens ont ouvert un dialogue pour, disent-ils, faire valoir leurs droits. Ils auraient, dans ce sens, pris contact avec Mohamed Sebbar, Secrétaire général du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) et attendent d’entamer le même dialogue avec le Président, Driss El Yazami, pour lui faire part de leurs revendications.

Contacté par nos soins, un théologien marocain s’est contenté de dire: «Mane yabtaghi ghaïr Al Islam dinane, falane youqbala minh» (Celui qui aspire à une religion autre que l’Islam, cela lui sera rejeté). Ce à quoi un chrétien marocain a réagi en précisant que dans le préambule de la Constitution marocaine de 2011, le Maroc s’engage à «bannir toute discrimination à l’encontre de quiconque en raison du sexe, de la couleur, des croyances, de la culture».   

Enfin, les Marocains chrétiens craignent, dans une de leurs doléances, de possibles menaces qui attenteraient à leur intégrité physique, émanant d’éventuels membres de courants extrémistes musulmans.

Mohammed Nafaa

Le niet d’El Yazami

Sollicité par «Le Reporter» pour s’exprimer sur ce qu’on appelle aujourd’hui «les Marocains chrétiens», Driss El Yazami, Président du Conseil national des droits de l’Homme, n’a pas souhaité nous faire part des détails de l’entretien qu’ils ont eu, lui et Mohamed Sebbar, Secrétaire général du CNDH, avec une délégation représentant ces chrétiens. «Nous ne donnons pas de déclarations, nous a répondu poliment El Yazami. Nous faisons des rapports, adressez-vous aux intéressés». Il nous faut la version des deux parties pour nous faire une idée claire et objective, avons-nous dit au président du CNDH, lequel a été catégorique: «Je suis désolé, mais, comme vous le savez bien, nous ne donnons pas de déclarations, nous faisons des rapports».

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