mercredi 17 juillet 2019

Fièvre aphteuse : Inquiétude et précautions avant Aïd Al-Adha

A un mois de l’Aïd El-Kébir, le virus de la fièvre aphteuse frappe une nouvelle fois. Ce lundi 1er juillet, les autorités de la sécurité sanitaire ont entamé une opération de vaccination au niveau des douars de Maskar, Sidi Soufi et Ouled Jarrar, dans la province d’Ouazzane où des foyers de fièvre aphteuse ont été détectés sur des ovins, selon des sources fiables. Un indicateur que cette maladie commence à se répandre après la déclaration, début de cette année, de la découverte de deux foyers à Fquih Ben Salah et Khouribga.

Selon les mêmes sources, une prolifération du virus chez les ovins a été constatée dans cette région du nord, depuis plus d’un mois. Des éleveurs ont déclaré au Reporter que de nouveaux foyers de fièvre aphteuse dans plusieurs douars viennent, disent-ils, s’ajouter à d’autres foyers déjà déclarés dans cette région.

En effet, depuis quelques semaines, plusieurs cas de bêtes mortes ont été constatés par les éleveurs des douars de Maskar, Sidi Soufi et Ouled Jarrar, ainsi que d’autres villages. Bilan: plusieurs cas de bêtes mortes en un mois, selon des éleveurs dans la commune rurale de Sidi Bousbir. Ces mêmes éleveurs nous ont affirmé qu’ils sont toujours confrontés à ce virus qui tue leurs bêtes.

La découverte de  nouveaux foyers a mis en état d’alerte les services régionaux de la sécurité sanitaire qui se sont déplacés sur les lieux, ce lundi 1er juillet, pour entamer une opération de vaccination au niveau des douars Maskar, Sidi Soufi et Ouled Jarrar. Selon nos sources, ils ont aussi prélevé des échantillons sur des bêtes malades pour les analyser dans un laboratoire. Les résultats ne sont pas encore annoncés, indique-t-on.

Selon des sources locales, il est prévu de poursuivre cette opération de vaccination du cheptel, notamment dans les autres douars également touchés par le virus. Cette campagne de vaccination s’inscrit dans le cadre des mesures préventives effectuées par les services de la sécurité sanitaire, pour stopper la prolifération de l’épidémie.

Cependant, en dépit de ces efforts déployés, de  nouveaux cas ont été déclarés, ce lundi 1er juillet, d’après des éleveurs contactés par Le Reporter, mardi 2 juillet.

Comment se manifeste la maladie? «En général, le virus se manifeste chez les bêtes par une température élevée, une production excessive de salive écumeuse et des cloques sur les pieds qui les font boiter. Pratiquement, tous les éleveurs ont des cas similaires dans leur élevage», explique l’éleveur Mohamed Koufi qui assure que, depuis la découverte du premier foyer, il y a un mois, l’inquiétude grandit chez les éleveurs de son douar Maskar, comme dans d’autres villages où la découverte du virus a poussé certains éleveurs à faire appel à des vétérinaires privés mandatés par l’ONSSA.

«Les médicaments qui sont donnés par ces vétérinaires semblent, dans certains cas, donner des résultats. Car, certaines bêtes guérissent finalement de la fièvre aphteuse. Mais, dans d’autres cas, la maladie peut provoquer la mort de nos animaux. Il serait donc utile de savoir s’il y a un rapport épidémiologique entre tous les foyers qui ont été détectés dans la province d’Ouazzane», explique Mohamed Koufi. Et ce petit éleveur à Maskar de poursuivre: «Ici, la majorité des agriculteurs sont des petits éleveurs. La situation est difficile. Chaque bête morte constitue pour nous un manque à gagner».

Tout en regrettant les pertes économiques et animales, notre interlocuteur poursuit: «Avec ce virus qui commence à se propager dans la région, les éleveurs commencent à s’inquiéter. Ils craignent surtout pour les bêtes destinées à l’abattage le jour de Aïd Al-Adha». D’autant que, dit cet éleveur, la vaccination des bêtes malades, effectuée un mois avant l’Aïd, pourrait avoir des impacts négatifs sur la carcasse de l’animal. Un point de vue que partage un autre éleveur de la région, lequel précise: «J’ai eu des cas de fièvre aphteuse dans mon élevage. J’ai fait appel à un vétérinaire privé qui m’a confié que toutes les bêtes qui sont malades et qui viennent d’être vaccinées ne doivent pas être destinées à l’abattage le jour de l’Aïd El-Kébir».

Les citoyens doivent-ils s’inquiéter? Contacté par Le Reporter, un responsable autorisé à l’ONSSA se veut plutôt rassurant: «Il n’y a pas de délai d’attente pour le vaccin. Car, il ne reste aucun résidu de ce vaccin. Et donc, même si la bête est vaccinée aujourd’hui, elle peut être consommée le même jour. Il n’y aura donc pas de problème pour les consommateurs. Par contre, concernant les antibiotiques, il y a problème. Il y a des précautions à prendre, car il y a un délai d’attente pour les antibiotiques. Il faut attendre jusqu’à ce que ce délai soit passé, avant d’abattre la bête et de consommer sa viande», détaille ce même responsable à l’ONSSA.

Dans  la région d’Ouazzane, la maladie de la fièvre aphteuse continue, en tout cas, de semer l’angoisse chez les éleveurs, pour qui des interrogations restent sans réponses de la part des autorités locales. Les autres animaux sont-ils hors d’atteinte? Quelle est l’origine de ce virus? Des ovins étrangers sont-ils vendus dans les souks hebdomadaires de la province d’Ouazzane? Serait-ce la même épidémie qui touche actuellement le cheptel dans certains pays? Ce sont là quelques questions qui nécessitent des réponses de manière urgente, souligne Abderrahmane El Hanouichi, président de l’Association «Khoutoua li arriyada oua tanmiya» à Ouazzane.

Cet associatif ne mâche pas ses mots. «La province d’Ouazzane compte 17 souks hebdomadaires, dont notamment Souk Satta, Souk Toulataa, Aïn Dourj et Souk Al-Had Betrouane. Tous les animaux qui y sont vendus ne sont pas identifiés et on ignore d’où ils viennent. Le danger vient du fait qu’aucun contrôle n’est assuré dans ces souks. Nous avons interpellé le Conseil provincial sur le problème de la fièvre aphteuse qui frappe actuellement la région. Mais jusqu’à présent, nous n’avons eu aucune réponse sur les mesures préventives qui sont prévues dans ce cadre, pour lutter contre la prolifération de ce virus qui semble continuer sa propagation», a souligné Abderrahmane El Hanouichi.

Naîma Cherii

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